‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 113 sur 239 · LES MÊMES, SIMONNE. BOSC. PRULL1ÈRES. CLARISSI · texte numérisé non relu

LES MÊMES, SIMONNE. BOSC. PRULL1ÈRES. CLARISSI

STEINER

Eh bien ! et Nana?

PRULLIÈRHS.

Comment! elle n'est pas avec vous/

CLARISSE

Nous ne l'avons pas vue.

SIMONNE

Elle sera restée en arrière avec Georges.

STEINER, vexé.

Avec Georges !

ROSC.

Le fait est qu'il est toujours pendu à ses jupes, ce gamin-là .

^CINER.

Et je trouve ça peu convenable. Quand on a des invités, on ne les lâche pas en plein»- campagne... Je veux absolument savoir...

ROSC, le retenant.

Restez donc tranquille! Elle va arriver, bien sur... Contez-nous plutôt où vous en êtes avec elle.

nana. m

TOCS.

Oui, oui.

CLARISSE, riant.

Oui... C'est intéressant, ça.

STEINER, avec ferveur.

Ah! mes bons amis, une femme divine! Non, vous n'imaginez pas cette grâce, cette aménité, cette noblesse ! Elle était née pour avoir des châteaux... Hier, quand je suis débarqué, elle ramassait des pommes de terre; oui, avec ses bagues, les bras enfoncés dans les trous, jusque-là. J'ai aussi ramassé des pommes de terre. Oh! nous avons ri!... Puis, quelle soirée délicieuse !

BOSC

Et après, homme adoré?

LA FALOISE.

Enfin, mon oncle, vous êtes heureux?

STEINER, embarrassé.

Heureux... C'est selon comment vous l'entendez.

SIMONNE

Dites donc, ce matin, à notre arrivée, je vous ai trouvé couché sur le billard.

TOCS, riant.

Ha ! ha ! ha ! sur le billard !

STEINER

Quand vous crierez tous : sur le billard! Qu'est-ce que ça prouve? Avant de faire les malins, il faut savoir comment ça s'est passé... Nana m'avait donné une chambre d'ami. Il y faisait très chaud. Alors, vers minuit, j'ai voulu descendre causer avec elle pour me rafraîchir. Mais je me suis perdu... J'ai rencontré par bonheur un billard, et je me suis couché. Voilà!

TOUS, riant.

Ah! elle est bonne!... Bravo, Steiner

LA FALOISE, liant.

Ce pauvre oncle !

BOSC, au fond

Qui donc vient là?

STEINER

Nana, sans doute... C'est heureux!

LA FALOISE, qui s'est avancé.

Eh lion! C'est encore le COmte. (Le comte Muffat redescend

seul au fond et semble chercher du regard.)

PRULLIÈRES.

Qui cberche-t-il donc?

BOSC

T'es bète! il nous a vus, il cherche Nana... Ah! il est

joliment pincé, à ce qu'il paraît.

CLARISSE

Oui, moi qui vous parle, je l'ai surpris dans la loge de Nana, au théâtre, en train de lui baiser l'épaule... Elle le rend fou.

SIMONNE

Encore une qui aura de la chance ! Elle finira par avoir une fortune de reine, comme cette Irma d'Anglars, à

qui appartient Ce Château. (Elle indique le château dans la coulisse.] LA FALOISE.

Une ancienne danseuse, m'a-t-on dit.

SIMONNE

Ah! ouiche, une danseuse qui n'a jamais fait danser que les hommes!... L'année dernière, je suis venue passer huit jours par ici, chez le petit vicomte, quand il a été nommé sous-préfet. Et il m'a conté que cette

Irma d'Anglars, une ancienne du temps de Charles X. était jadis une mâtine, enfin une noceuse comme il n'y en a plus... Maintenant, elle a un château de deux millions, et elle donne dans les curés.

BOSC, à Clarisse.

Hein! ça te fait rêver?

PRULL1ÈRES.

Irma d'Anglars... Mais, attendez donc! j'ai connu ça, quand j'étais petit. Elle doit aller dans les quatre-vingts ans.

CLARISSE

Quatre-vingts ans!... Non, c'est trop beau!

STEINER

Voyons, montons-nous ou ne montons-nous pas aux ruines?... Nana doit être là-haut.

TOUS

Nous montons! nous montons!... Tonton, ton taine et

tonton! (Ils montent. Steiner et La Faloise passent les derniers. 3TEIXER, à La Faloise, en s'en allant.

Pourquoi ne fais-tu pas la cour à Simonne? Elle est très gentille... Rappelle-toi mes leçons.

LA FALOISE.

J'en ai assez de vos leçons. Cent dix mille francs pour coucher sur un billard !

STEINER

Encore le billard!... Eh bien! tu vas voir! Si je rencontre Nana seule dans un bosquet... Ah! mon gaillard, tu me défies! Eh bien, tu vas voir! (ils disparaissent.

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