SCENE V
MUFFAT, puis ZOÉ MUFFAT.
Ah ! lâche, qui accepte tout!
ZOÉ, entrant doucement.
Madame vient encore de bousculer monsieur le comte.
MUFFAT
C'est toi, Zoé... Écoute, tu m'es dévouée?
Monsieur le comte a toujours été si bon, si généreux.
MUFFAT
Réponds-moi... Ta maîtresse aime quelqu'un?
ZOE, vivement.
Ce n'est pas vrai !
MUFFAT
Un jeune homme?
ZOÉ
Non, Monsieur.
MUFFAT
Elle me l'a dit.
ZOÉ, à part.
Est-elle bête!
MUFFAT
Ce jeune homme, c'est Philippe Hugon?
XANA. 297
ZOÉ
Monsieur Philippe! Elle pense bien à monsieur Philippe!... Si c'est Madame qui vous a dit ça, ne voyez-vous pas qu'elle s'amuse à vous faire enrager.
MUFFAT
Alors, c'est donc un autre... Zoé, je t'ai entendue. Oui, j'en suis maintenant à écouter aux portes... Je t'ai entendue parler à ta maîtresse de son premier amant.
ZOÉ, devenue grave.
Ah! monsieur le comte a entendu.
MUFFAT
Tu parlais des cinquante mille francs que cherche ta maîtresse, et tu disais que celui-là les donnerait à coup sûr... Quel est donc cet homme?
ZOÉ, embarrassée.
Que monsieur m'excuse, je ne puis le lui nommer.
MUFFAT
Et cet homme doit apporter les cinquante mille francs aujourd'hui sans doute, puisqu'elle me chasse... Tiens! donne-moi mon chapeau... (Zoé va chercher le chapeau.. Que de honte, mon Dieu!... (AZoé.) Tu diras à ta maîtresse que je suis parti, parti tout à fait!... Adieu, Zoé! (il sort.)