SCÈNE XII
ZOÉ, LE MARQUIS
ZOÉ, allant ouvrir la porte du cabinet.
Si monsieur le marquis veut bien entrer... Je demande pardon à monsieur le marquis de l'avoir fait passer par tous ces corridors.
LE MARQUIS
Votre maîtresse n'est donc pas avertie de ma visite ?
ZOÉ
Non... C'est moi qui ai eu l'idée d'écrire à monsieur le marquis.
LE MARQUIS
Ecoutez mes conditions, alors... Depuis longtemps, j'attends l'heure d'arracher le comte de cette maison. Puisque la rupture devient possible aujourd'hui, je donnerai cinquante mille francs à votre maîtresse, si elle consent à quitter immédiatement la France.
ZOÉ
Ça se trouve, bien, Madame a justement des idées de voyage.
LE MARQUIS
Allez donc la chercher.
ZOÉ
Pas maintenant... [Allant ouvrir la porte de la chambre.) Que
monsieur le marquis veuille bien traverser la chambre de Madame. Au bout de cette chambre, il trouvera un petit escalier qui conduit au jardin. Et. dès qu'il pourra remonter, je ferai signe à monsieur le marquis par cette fenêtre.
LE M A ROUIS
Par cette fenêtre, c'est entendu... J'attendrai.
Il sort.)
SCÈXE XIII ZOÉ. PHILIPPE, puis NANA
ZOÉ
Madame vous a déjà demandé plusieurs fois, monsieur Philippe.
PHILIPPE, d'une voix brève.
Prévenez-la.
ZOÉ
Tout de suite... (Revenant.) Monsieur Philippe, je me suis promis de vous parler d'une chose... J'ai vu ce matin Zizi. votre frère, rôder autour de la maison. Il est venu à moi, il s'est mis à pleurer toutes les larmes de son corps... Depuis que Madame lui refuse sa porte, je crains toujours un malheur.
PHILIPPE, impatiente.
Eh ! qu'y puis-je?
NANA. 305
NANA, dehors.
Au revoir, La Faloise !... (Entrant, apercevant Philippe.) Gomment? tu es là!... Et cette sotte qui ne m'avertit pas!
ZOÉ
Madame...
Allez-vous-en !
NANA, violemment.
ZOÉ, entre ses dents.
Elle a ses nerfs, Madame... Faudrait pas qu'elle prenne ces habitudes avec moi !
(Elle sort.)