SCENE VI
OCTAVE. TRUBLOT, BACHELARD. JOSSERAND, CAMPARDON
TRUBLOT, venant s'asseoir sur le canapé avec Octave.
Alors, mon cher, les femmes sont charmantes à Marseille?
OCTAVE
Des créatures délicieuses!
TRUBLOT.
Grasses?
OCTAVE, riant.
Oui. il y en a de grasses.
TRUBLOT.
Moi, j'aime ça.
OCTAVE, riant.
Chez les bonnes surtout... Tout cà l'heure, je vous ai vu, là, avec Adèle.
TRUBLOT, s'indignant.
Moi. avec ce souillon! Pour qui me prenez-vous, mon cher?
3à4 TROIS PIECES.
OCTAVE
Je VOUS dis que je VOUS ai VU. (Il le regarde dans les yeux, en riant, et Trublot brusquement avoue.)
TRUBLOT.
Eh bien! oui... Je vous assure, c'est très chic!
octave .
Fi! un jeune homme de votre monde!
TRUBLOT.
Si vous ne savez pas ce que c'est, n'en parlez pas... Et surtout, n'allez pas me jeter à la tête vos femmes distinguées. Des manières et pas de plaisir!
O CT A V E . s'en tl a m ma nt .
Oh! la soie, les dentelles, les jolies petites mains parfumées, tout ce qui brille et tout ce qui sent bon! c'esj cela qui me rend fou, moi!... Je veux les avoir toutes, les plus belles, les plus chères, les plus honnêtes !
TRUBLOT.
Chacun son idéal. Ainsi, mon bon... (Bachelard, accoudé al
canapé, se penche entre eux.) Ah! ce farceur d'oncle ! il a flairé que nous parlions femmes.
BACHELARD.
Non! vrai, je suis désillusionné! La vertu est encore ce qu'il y a de meilleur... Mon petit, j'en est trouvé une... (Baissant la voix.) Une jeune fille, mais une vraie, parole d'honneur!
TRUBLOT.
Allons donc, on n'en fait plus!
BACHELARD.
Voulez-vous la voir?
TRUBLOT.
T 'lt de même. (Il so lève a:nsi qu'Octave.)
BACHELARD, après avoir refléchi.
Ma foi, non! je ne la montre à personne... (a. Mouret.) Ah! monsieur, croyez-en mon expérience, il n'y a encore
([Ue la Vertu. (Madame Josserarui entre par la salle à manger. Berthe et IIorten.se la suivent. Bachelard va s'endormir dans le fauteuil, près de la cheminée, où il reste jusqu'à la fin de lacté.)