‹ Trois pièces tirées des romans et précédées chacune d'une préface de Emile ZolaChapitre 231 sur 239 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES MÊMES, moins ADÈLE

MADAME JOSSERAND

insolente!... (Redescendant). Jusqu'à cette bonne qui nous insulte! Voilà où nous en sommes. La dernière des filles a le droit de nous humilier, après un pareil scandale.

BERTUE, à demi-voix.

Oh! maman! maman!

MADAME JOSSERAND

Silence! je ne vous parle pas... Quand l'heure sera venue de régler mon compte avec vous, je le réglerai. Jusque-là, restez dans la chambre de votre sœur, où vous auriez vécu de pain et d'eau, s'il n'avait pas fallu tromper votre père, que la vérité tuerait certainement.

HORTENSE

Pardonne-lui... Si tu savais comme elle pleure depuis huit jours !

MADAME JOSSERAND, à elle-même.

Avoir, pendant quatre hivers, battu les salons pour marier sa fille! avoir tout accepté, les fatigues, les vexations, jusqu'au pis-aller d'un gendre ridicule! avoir même risqué son honnêteté en promettant une dot qu'on ne possédait pas! et, un beau jour, voir cette fille vous retomber sur les bras, comme s'il n*y avait rien de fait!

HORTENSE

Calme-toi.

BERTUE.

Maman, épargne-moi, je t'en supplie!

MADAME JOSSERAND

Taisez-vous!... Puisque vous refusez de vous ôter de ma présence, c'est moi qui vous cède la place... Oh ! maintenant, tout est bien fini, cette canaille de Narcisse nous achève. J'ai marié ma fille, et je l'ai encore ! (Elle sort.

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