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CHAPITRE V

Les premiers colons aux Trois-Pistoles de 1713 à 1750. MNacolas LeBlond et Alexandre Da:

mour de plaine.—Un ordre de Mr. St. Ours Deschaillons, au seigneur Rioux en 1744.

“Tout premier colon est un héros en son genre ” a dit Benjamin Sulte,.traçant ainsi d’une ligne toute la vie de ces premiers empareurs Au sol dans nos belles paroisses canadiennes. Ils apparaissent dans l’histoire qui va développant ses annales héroïques, comme les premiers bienfaiteurs de xotre race, les plus ardents pionniers de la civilisation après les missionnaires, qui les ont toujours devancés dans les endroits où ils int

s'établir. 11 convient donc qu'ils soient les

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premiers à l'honneur puisque, les premiers, ils ont été à la peine.

Oui! ce sont là les braves, les courageux, les héroïques, ceux qui s’avancèrent ainsi à la conquête des terres nouvelles pour fonder des centres importants et nouveaux, et y jeter cette semence d’héroïsme, d’abnégation et de gentilhommerie dont la race canadienne française recueille aujourd’hui les fruits les plus abondants.

Ils sont les ancêtres dignes et vénérés des principales familles de nos paroisses échelonnées sur le bord du fleuve, et c'est à leur énergie, leur courage et—pourquoi ne le dirions-nous pas ? à leur foi généreuse et robuste que l'on doit de voir tous ces centres importants qui bordent les rives de notre grande rivière St Laurent, et où se multiplient aujourd’hui les enfants d’unexace encore virile qui a gardé des aïeux ce qu'ils avaient de meilleur dans les veines

À eux seuls, avec leurs pénibles commencements, leurs souffrances, leur vie utile et bien remplie, ils constituent presque toute l'histoire de nos paroisses canadiennes.

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Voyons maintenant quels ont été les premiers colons, les premiers défricheurs des Trois-Pistoles.

Jean Rioux—1697—venait de Ste Famille, Ile d'Orléans.

‘Il était marié à Catherine Leblond, la.

quelle devait être la fille de Nicolas Leblond originaire de Honfleur, en Normandie et qui vinten 1666 sur l’Ile d'Orléans.

La femme de ce Nicolas Leblond était Marguerite Leclart. Jean Rioux est le premier seigneur-colon des Trois-Pistoles. Il eut trois fils : Nicolas, Pierre et Vincent, et une fille, nommé Marie Magdeleine Rioux.(1) Cette dernière entra à . Hôtel-Dieu à l’âge de 19 ans, le 17 sept.1718. Elle fit profession le 18 mars 1720, et mourut le 18 Octobre 1744, à l’âge de 45 ans et demi.

Elle portait en religion le nom de Sœur Ste Véronique. | re

Nous n'avons pu trouver son extrait de baptême, pour la bonne raison que les régis-

ges

(1)Voir Histoire de l’Hôtel-Dieu par l'abbé Casgrain.

tres de paroisse ne commencent qu’en 1713, et vint au monde aux Trois-Pistoles vers le mois de mai 1699, puisqu'elle est morte en 1744, à l’âge de 45 ans et demi.

Nicolas Rioux devint seigneur à la place de son père Jean. Il se maria à Louise.Asselin de Ste Famille, ile d'Orléans. Les Asseline (Asselin) étaient originaires de Dieppe en Normandie, et s'étaient établis à l’ile d’Orléans en même temps que les Côté de l'Isle- Verte, et les Rioux de Trois-Pistoles, vers 1665 et 1667.

Nous ignorons si cette femme Asselin descendait de Jacques, le premier de ce nom établi sur l'ile d'Orléans en 1665, ou de François David, colon au même endroit, vers 1667.

Nicolas Rioux était né en 1684 Ilmourut aux Trois-Pistoles, le 8 janvier 1756, et fût enterré dans le vieux cimetière en même temps que son fils Nicolas, né le 26 Mai 1729, baptisé par M: Auclair, curé de Kamouraska, et marié à Catherine Gerbert, de Ste-Famille, ile d'Orléans, en 1747. Les Grerbert dit La-

+ fontaine étaient originaires de la Bretagne. | Le premier Gerbert qui s'établit à l'ile d'Or- |

1713, vers rte en

x place 2, À SS- Asse- Dieppe > d'Orl'Isle-

sselin e nom Fran-

— 178 — | léans vers 1660, s'appelait Mathurin Gerbert.

C’est de ce nom que l’on a formé Jalbert, car en 1766, le père Ambroise Rou‘llard, faisant le mariage de. Jean-Baptiste Oôté de l’Isle-Verte et de Véronique Rioux des Trois- Pistoles, entre ce qui suit dans le régistres de 1766 : ‘“ Véronique Rioux, fille de feu Nicolas Riouxet de Catherine Jalbert ” ; —or cette Véronique Rioux avait été baptisée par le père Rouillard lui-même, le 24 avril 1749, et ce dernier l'avait désignée comme étant née du légitime mariage de Nicolas Rioux et de Catherine Gerbert.

Il n’y a plus à douter en face d’un fait aussi évident. Le père Ambroiïse a été l'auteur, bien involontaire sans doute, d’une erreur qui a dû avoir des suites assez graves au point de vue de l’état civil des personnes. Il est vrai que dans ce temps là, cn ne regardait pas beaucoup à changer ainsi de nom :

témoin les Ar:ivé, les Asselin les Leduc, les Trépagny, changés en Larrivée, Asselin, Duc Trépanier vu Trépagnier.

Et de combien d’autres familles n’en est-il pas ainsi ? C’est un malheur, au point

de vue du nom des familles seulement, que les premiers missionnaires n’aient pas eu plus d’intruction qu'ils n’en avaient ! Regardez le premier régistre ancien et jauni qui vous

tombe sous la main. Quand l'écriture n'est |

pas désespérante, l'ortographe est impossible. On semble écrire les mots comme leur prononciation sonne à l'oreille : de là des efforts inimaginables, des recherches réitérées cent fois, pour en arriver à une conclusion pius ou moins satisfaisante.

Comment s'expliquer quo le père Rouillard, vivant presque au milieu des rares habitants des Trois-Pistoles, ne se soit pas rappelé que le nom de la femme de Jean Nicolas Rioux était Catherine Gerbert ? Pourquoi, à quelques années d'intervalle seulement, changer l’ortographe d’un nom de famille ?

La conclusion à tirer de tout cela, c’est

que le père Ambroise Rouillard a peut-être

donné naissance à une lignée nouvelle. La

famille Grerberta dû exister encore dans la suite, il n’y a pas de doute, mais l'erreur du régistre a peut-être aussi donné lieu à la for: mation des familles J albert. ue |

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