CHAPITRE XIV
À travers cahiers et régistres.
II nous a paru intéressant de parcourir les vieilles archives conservées au presbytère des Trois-Pistoles, et d’en donner une idée à nos lecteurs, en relatant ici les faits les plus : dignes d’être mis en évidence, Toutes ces choses du passé ont le mérite de plaire à beaucoup de personnes, car on aime toujours à.
évoquer les temps révolus, et l'esprit se répos. se agréablement sur tous ces évènements d'un @
autre âge, qui n'ont d'intérêt que parcequ'ils Mi
sont du domaine des choses envolées. On ne saurait se défendre d’un sentiment étrange, en & face de ces livrets jaunis où sont relatés les ll
moindres détails de la vie des paroisses. On &
sent monter en soi comme nne mer de pensées qui nous envahit et nous obsède, et l’on voit défiler devant nos yeux tous les morts, tous les vivants, tous les évènements d'un âge qui garde, dans sa simplicité, le charme des Bobcces qui ont vieilli et survécu.
I1 y a tout un monde là-dedans. En feuilletant ces cahiers où le temps a mis son empreinte, on croit réveiller tout ce qui eût la vie et le mouvement, et l’on touche avec respect ces pages où des saints, comme les pèjres Rouillard et de LaBrosse, ont laissé quel-
sarcourit que chose d'eux-mêmes. On assiste à une resbytère Æprocession des êtres qui nous ont dévancés ne idée à Mans la vie et dans la mort; on sourit au bap-
les plus Biime d’un enfant de colon ou du nouveau né utes ces Sun pauvre micmac et d’un maléchite ; on e à beau- Be réjouit du mariage de deux êtres que le pèjours à Mr missionnaire marie avec toutes les formase répo- Ælités voulues par notre mère la Sainte Eglise, nis d'un ft l'on pleure avec l’humble cloche de la pecequ'ils Mite chapelle, lorsqu'une fosse a été creuséeau s. On ne Bbord des flots, sur la Pointe, et que le missionange, en Ehaire en'a dressé l’acte authentique. Une atés les Epage nous dit la naissance d’un enfant, et l’auses. On EE ee
tre plus loin, nous laisse entrevoir que le cer: 4 cueil est venu réclamer une proie nouvelle, creuser un vide parmi les rares colons qui dis: % putent leur vie au sol, et faire répandre bien 4 des larmes.
C’est toujours l'éternelle histoire d'ici-bas, 1 cette histoire étrange à laquelle on ne s’ac-{ coutume pas, et que l'on trouve toujours nou- ! velle, bien qu’elle soit ancienne comme le { commencement du monde ; mais on aime ày4 reverir. Le passé tient du précipice: les deux parfois nous fascinent, nous attirent, ! donnent le vertige.
Parcourons donc ensemble les vieilles 4 annales de la paroïsse, et arrêtons-nous sur ce ! qui semblera avoir un intérêt quelconque.
Le premier régistre date de 1718. Il a la!
couleur du cuir, et l’on dirait qu'il a suivi le | missionnaire dans ses périgrinations de pa-!
roisses en paroisses, tant il est maculé. On1 croirait que la pluie ne l’a pas épargné. Une. chose nous frappe: c’est que les treize pre-! miers actes de l’état civil ne sont pas signés ! par M. Auclair, alors curé de Kamouraska, et:
le cer-
uvelle, /
qui dis- « re bien
ici-bas, !
1e s'ac- 4 rs noune le:
ime ày4
ce: les
tirent, 4
nque.
Ilalh:
suivi le 4 de pa!
lé. On:
é. Une i ze pre-!
signés
Le
raska, et;
missionnaire de Cacouna, l’Isle-Verte, Trois-
Pistoles, ni par le père Ambroise Rouillard,
ni par le père Luc, tous deux Récollets.
Cela semble avoir été copié par une main très exercée, car l'écrit: est très lisible et bien moulée.
On s'explique cette manière d'agir. En cs temps-là les missionnaires, faisant les fonctions dans une paroisse, se contentaient de dresser actes soit de baptêmes, mariages ou sépultures, sur des feuilles volantes. Lors- . que M. Auclair arriva aux Trois-Pistoles, il
.…. Srcucillit ces actes laissés à domicile, et vieilles E
s sur Ce
ls copia dans un régistre, celui que nous avons sous la main.
Les actes de baptêmes commencent ainsi:
‘Je, soussigné, Auclaire prêtre et curé de Kamouraska, desservant les paroisses de Notre
{Dame des Anges des Trois-Pistoles, de Saint
Germain de K: 1ouski et de St Jean-Baptiste de l’Isle-Verte.”
En 1726, M. Auclair est parrain d’un enfant auquel il donne le nom d’Etienne, sans
dire le nom de ses parents. Il n’y a pas de : doute que cet enfant appartenait à Nicolas
Ric 1x et Louise Asselin, car les huit premiers di actes du régistres, de 1713 à 1731, ne mention- sl nent que les baptêmes des hit enfants du Æ deuxième Seigneur des Trois-Pistoles : Nico- ! la las Rioux. Bt En à
Le premier mariage dont il est fait men- }
tion,est celui de Paul Lepage dit LaMolais, fils : de Réné Lepage, seigneur de Rimouski, avec Æ fr Catherine Rioux, fille de Nicolas Rioux et ter Louise Asselin, Elle avait vingt üeux ans. à 17 L'acte de baptème de Catherine Rioux est le Æ mn: premier mentionné au régistre des Trois-Pis- be toles, DE © Cet acte de célébration de mariage est de ! % la même écriture que celle au commencement à
du régistre, et cependant il est signé de la si- ! gnature authentique du père Rouillard. |
Nous serions porté à croire qu'il y avait alors, au villagedes Trois-Pistoles, de ces ins: tituteurs ambulants qui enseignaient l’écri: & la ture aux colons, et se rendaient utiles au père Æ lar missionnaire, en lui faisant, de leur plus belle Æ écriture, les actes de l’état civil.
pas de à
\icolas emiers entionnts du : Nico-
t men-
ais, fils |
1, avec
oux et 1
1X ans,
x est le : |
y aval:
ces ins* ( l’écri- !
au père 8 belle !
e est de 1 cement !
le la si- ?
En 1748, les actes commencent à prendre la forme authentique. ïls sont écrits et signés de la main même du père Ambroise, qui passa quarante ans dans les missions de la côte sud du Saint Laurent, résidant la plus grande partie du temps chez le seigneur Rioux.
Une chose qui nous trappe et nous confirme dans la pensée qu’il y avait un instituteur aux Trois-Pistoles en 1726, c’est qu'en 1748, les actes sont signés par les parrains et marraines et leurs signatures se rapprochent beaucoup du modèle que nous avons dans la copie des premiers actes du régistre de 1718. Ce qui ‘ait plaisir, en parcourant les archives, c'est de voir comme les membres de la famille Rioux, loin des centres importants, apprenaient à signer leur nom avec une élégance qui rend des points à maints écrivains de nos jours. Nous rencontrons, en 1750, le nom de “Marie Magdeleine Rioux femme du Page de la Fosses” signé fermement et d’une écriture large et facile. On y voit plus qne la simple étude ou application à écrire seulement son nom; on sent que l'instruction a passé par là
alors ; on tenait plus qu'aujourd'hui, à l’hon4 neur d’être instruit et capable. |
En 1749, on rencontre le premier baptél | me d’un enfant sauvage : Etienne, —‘fils de
Pierre Pominville et de Thereize, sauvages se” dit le père Rouillard. Il y avait alors sur
les rives de la rivière des Trois-Pistoles desk cabanes sauvages. Leurs habitants étaient
un mélange de micmacs et de maléchites.
Voici le premier acte de sépulture entré!
au Régistre par le père Rouillard ; nous li
copions textuellement.
L'an mil sept (le mot “cent” est passé)
cinquante trois. Le premier jour du mois dé
décembre est décédée Catherine Leblond fem« me de feu Jean Riou propriétäire et seigneus
resse des trois-pistoles, paroisse de notre dam:
me-des-anges âgée de quatre-vingt-sept-ans
après avoir été confessée, reçue Le St-viati
que et Lextrêmeonction. Son corps a été in humé avec Les cérémonies ordinaires et acconk tumées dans Léglise des trois-pistoles le Lans demain du jour de son décès en la meme at
et qu'elle a fait son œuvre. On savait écrire
Li ee Em mé ,,
rait écrire , à l’hon.
er bapté- —“fils de#
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otre dam t-sept-ans » St-viatis js à été ins s et accou
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meme al
née Mil Sept cens cinquante trois en foy de quoy j'ay signé le jour et an que dessus, frère ambroise, Récollet, prêtre faisant Les fonctions curiales dans la paroisse des trois-pistoles.”
La preuve que le missionnaire trainait le régistre avec lui, c’est qu’à la suite de l’entrée de l'acte de sépulture que nous venons de lire, le père Rouïllard mentionne le décès de Françoise Charest, femme de feu Jean Coté, seigneur de l’Isle-Verte et signé : ‘“ Ambroise, faisant les fonctions curiales à l’Isle- Verte.”
Celui qui parcourt les régistres premiers des Trois-Pistoles constate un fait important: un point d'honneur, dans les familles des seigneurs, de ne se marier qu'entr'’elles. (C’est ainsi qu’à Rimouski, la famille du seigneur Lepage s’allie:a aux Rioux des Trois-Pistoles, et reciproquement ; ou bien les Côté de l’Isle- Verte, les premiers seigneurs de l'endroit, s’uniront pas des liens étroits, soit avec les Lepage, soit avec les Rioux. On semble vouloir mettre ce parti pris en opération jusque
dans le choix des parrains et des marraînes, Nous voyons lici, un véritable tableau ancien : un fils de famille franchissant plusieurs lieues, pour aller se chercher une épouse qui soit digne üe lui et du foyer auquelii doit la! convier. Cela rappelle un peu l’histoire de To- 1 bie moins le voyageur du départ, l'ami de!
toute la route, et le sauveur à temps appor-! tun. (C'était le bon temps, alors, et nous ne! savons plus nous marier comme on se mariait en 1750, il y a plus d’un siècle.
Voici une page lugubre qui nous arrête et !
nous porte à réfléchir. Le 3 janvier 1756, le: second seigneur des Trois-Pistoles, Nicolas:
Rioux, s'éteignait dans son manoir, sur h!
Pointe, à l’âge de soixante et douze ans et!
était enterré le même jour que son fils Nico-! las, né en Octobre 1718, le troisième de la fa-: mille, et âgé de trente huit ans seulement.
Deux jours après, on menait en terre François Nicolas, fils de Nicolas, et petit fils du deuxiè- 4 me seigneur dont nous venons de parler.
Quelle fatalité entraina, dans un désastre! commun, ces trois êtres si étroitement unis ?
narraines, bleau an-!
plusieurs !
pouse qui | lil doit la!
ire de To-!
l'ami de!
ps appor-
t nous ne
se mariait !
s arrête et !
1756, le!
, Nicolas !
r, eur la e ans et!
fils Nico-.
e de la fa:
eulement. | > François!
Lu deuxiè- 4
arler.
n désastre !
ent unis ?!
Quelle épidémie vint s’abattre sur le village naissant des Trois-Pistoles, et jeter ce triple deuil dans les âmes ?
Si nous consultons les archives de Rimouski, nous voyons que cette même année 1756 vit le décès du troisième seigneur de Rimouski, Germain Lepage, qui avait été atteint d'une maladie qu'on appelait la peste. Rien, dans les annales du pays, ne nous porte à croire que la peste sévit alors. Au milieu des. alarmes de l’heure pénible qui menaçait de sonner pour le pays, heure fatale devenue le glas funèbre de 1759, cette maladie passa, sans
. doute, inaperçue. Un seul acte nous rappelle
cette date funèbre pour nos aïeux de 1759, c'est le baptême de Nicolas, fils de Nicolas LeBlond par M Charles Chenost qui signe “aumônier des vaisséaux de sa majesté et desservant Trois-Pistoles’—M. Chenost était aumonier à bord du vaisseau de guerre “L’aigle” qui fit naufrage en 1752 au Mécatina, sur les côtes du Labrador.
En 1767, nous rencontrons trois actes de l'état civil non signés. L'écriture eemble cel-
les d’une femme. Ce sont les baptêmes de!
Marie Magdeleine, fille de Nicolas LeBlond et de Angelique Valentin, de Reine, fils de Jean Rioux et de Pierre Boucher, et Vincent, fils de Vincent Rioux et Julienne Drouin.
À mesure qu’on avance vers la date fata. | le de 1769, époque où le Père Rouillard se!
noya au cap de l’orignal, près de Rimouski, on s'aperçoit que l'écriture du père change notablement. On sent que l’âge est arrivé et! qu’il pèse lourdement ; l’âge d’un mission-!
naire est le double de ce qu'il est réellement, à cause des privations et des misères qui lui font vivre plusieurs années en une seule.
Cette même année 1769, ilécrit d'avance | deux blancs d’acte de baptêmes. Au premier . M. Trutaut, qui remplace le père Ambroise, | met en note:—“Ce dit bapt. a été faitte à la 1 Ste-Famille”—et au bas de l’autre : ‘celui: ! là n’a point été faitte par le père ambroise il! lavait ecrit davance.” — |
Le dernier acte du père Ambroise est le!
baptême de Marie Reine Rioux, fille d’Etienne Rioux et de Véronique Lepage.
êmes de Blond et :
de Jean Lt, fils de
late fata- |
lard ge imouski,
change!
arrivé et Æ mi1ss1on-
lement,
qui lui!
ule.
d'avance !
premier mbroise, !
itte à la “celui:
broise 1l
se est le d’'Etien-
En 1770, apparait le père de LaBrosse.
Il baptise Germain Soucy, fils de Germain, Augustin Baucher, fils d'Augustin et Louise Véronique Damours, fille d'Ambroise.
Le père de LaBrosse écrivait très lisiblement, d’une écriture fine et soignée. Dans trois lignes il dressait un acte, quand il en fallait dix au père Ambroise. Le nom du père de LaBrosse n'apparait plus qu'en 1781 sur deux feuilles volantes, blancs imprimés pour acte de baptême. Il baptisait Stanislas, fils d'Etienne Rioux et de Madeleine Pelourde ; et Julien.-fils de J. Bt. Rioux et de Madeleine- Côté.
En 1780, on commença à tenir un cahier de délibération, de recettes et de dépenses pour les Trois-Pistoles. C’est le père de La- Brosse, nort en 1782, qui en fit l'entête dont voici le texte : “Extrait du livre des comptes de Jean Baptiste de la Brosse, Missionnaire des Postes du Domaine du Roi, desservant la paroisse de Notre-Dame des trois Pistoles.” Vincent Rioux était le marguiller de 1780.
En 1782, M. Leclaire vint résider aux
Trois-Pistoles. Voici l'inventaire qu'il fait des effets appartenant à la chapelle des Trois. . Pistoles, et trouvés dans la dite chapelle le { Septembre 1783 ; nous conservons l’orthogra.
phe.
Un calice et sa pataine d’ar.rent, deux ciboirs un grand et petit ; un vieux missel,! deux napes dautele Deux aubes quatre amits,!
Deux surplis, trois ornements complets, un!
rouge, un noir et un vieu verd; quatre petits chandeliers de cuivre argentés un cru-! cifix dautel, une lantérne deux grandes ima:| ges. Deux vieux parments dautel, un purificateur et une palle, une petite cloche pour! le sanctuaire et un éteignoir. De plus huit!
cents soixante et seize livres quatorze sols à ;, d'argent monayé entre les mains de vincent®æ }, rioux marguiller de cette année 1783 qui 44 :9 signé avec nous. |
VINCEN RIoux. | on À. LECLAIRE, ptre, EM
Comme où le voit, ce n'était pas une richesse excessive, fabuleuse, et qu'il y a loin $ de ces humbles vêtements et mobiliers de cha:
qu’il faits
es Troiselle le
rthogra: &
at, deux missel,:
re amits, { lets, un!
quatre un cru-!
les ima-!
n puri-
he pour!
us huit.
rze sols.
vincent
5 qui a!
pelle, au luxe de nos églises d'aujourd'hui ; cest 1à l’œuvre des commencements, le co- Jon n'étant pas riche, sa chapelle ne létait pas d'avantage.
Mr Leclaire était un homme minutieux et plein de soin pour les cahiers et les régistres de la paroisse. Tout est bien tenu, l'écriture est lisible et pas un seul défaut. On remarque une chose : personne ne signe au révistre, autre que Vincent Rioux et le curé Leclaire. On dirait que Finstruction s'en va
| diminuant ; c’est que le système des écoles
n’était pas encore en opération. Il ne devait
pas tarder cependant,
Voici ce que nous trouvons au dixième et dern'cr feuillet du deuxième registre de 1787 des Trois-Pistoles : trois baptêmes, en date de 1805 signés “ Le Courtois, ptre”. Au bas lès notes qui suivent : — ‘Ces trois actes doivent être portés sur les registres de 1805 et ce par Mi Le Courtois Ptre.”
Et plus bas : “ce régistre de 1805, Mr Le Courtois ne l’a jamais vu, comment aurait-il
pu y insérer les trois actes ci-dessus, il salue très humblement Mr Dorval.”
17 juillet 1806
Cette dernière note est de la même écriture que celle des trois actes dont nous venons de parler. M. Le Courtois a été curé de Rimouski de 1797 à 1822 ; il se peut qu'en 1803, il ait fait les actes ci-dessus. Reste le mystère de la note qui semble réprouver la paternité de Mr LeCourtois pour les trois actes de baptêmes, mais cette note n’est pas signée. Nous restons donc dans le doute non seule-
ment au sujet de M. Le Courtois, maïs au su- à jet même de l’authenticité de ces trois bapté- 4 mes: François Turcot, Salomée Lévesque et id Thècle Côté.
Le 16 juillet 1790, Mgr. Hubert faisait la 4 première visite épiscopale aux Trois-Pistoles. 7 Voici ce que nous trouvons à la fin du pre- Æ mier cahier des délibérations commencé par de le père de LaBrosse. tr
Il faut ayoir un grand livre pour les
| salue
Le écrius ve- ‘uré de
qu’en este le iver la is actes signée.
seule- | AU SUbaptéque et
sait la stoles.
Lu precé par
r les
comptes, l'élection des marguillers, etc., etc. etc. | aux 8 pistoles le 16 juillet 1790, + Jean franç, Evêque de Québec.
La population totale des Trois-Pistoles, d'après le récensement de cette année là, de 1790 était de 196 âmes. Comme on le voit, la colonisation n'avait pas encore pris beaucoup d'extension. Cent-quatre-vingt seize âmes pour près d’un siècle, de 1696 à 1790, c’est une augmentation de population de deux âmes par année, à peu près.
En 1798, on se décide à parler du salaire d'un bedeau. Joseph St Laurent, un des premiers colons, reçoit neuf livres de vingt sols pour son travail à l’église .
Le 9 Août 1798, Mgr. Pierre Denaut fait la visite pastorale, reçoit les comptes des marguillers, et donne la confirmation.
En 1803 on augmente le salaire du bedeau de neuf à douze livres. C’est sous’ le ministère de M. Bezean, curé, que l’on fit des réparations pour rius de douze mille livres à l'é-
glise des Trois-Pistoles. Le déficit qu'occasionne ces dépenses extraordinaires fut vite comblé par la générosité des habitants.
{: Le 21 juillet 1806, Mgr J. O. Plessis fait la visite pastorale de la paroisse pendant laquel- ! le il confirme soixante et une personnes, par: Æ tes mi lesquelles on remarque Henri Simon, Ma- ?
xime Damour, Nicolas Larrivée, Ignace Frs. !
Couillard, Etienne Rioux, Jos. B'Anglade, Frs Boché, Benjamin Rioux et Sophie Yokel.
Mgr llessis ordonne que le métal de la vieil- ! le cloche sera vendu au profit dle la fabrique, Æ visi et que l'argent, qui en proviendra, sera ajou- @ Yoi té à la somme nécessaire pour en acheter une ! sign nouvelle, qui n’excèdera pas le poids de cent % tion livres.
Le 29 juillet 1810, Mgr Panet, est aux # :
Trois-Pistoles. Il trouve les comptes des mar. . 0 guillers en retard, ordonne qu'ils soient ren- ‘4 dus de suite, et déclare qu’à l'avenir, il sera ! “8 dressé des actes en forme pour l’adjudication ! “4
des bancs.
1'OCCae it vite
fait la !
laquel-
8, par-
n, Mà- !
e Frs.
iglade, :
Yokel.
à vieil- ; brique, 4 a ajou- |
er une
e cent :
st aux
S mar: :
it ren- :
il sera | cation !
Cette année vit la mort des deux mattreschantres de la paroisse : Benjamin et Paul Côté. Les marguiilers décident qu’un service sera chanté, aux frais de l’église, pour le maître-chantre qui aura chanté à l’église toute sa vie, et que trois messes basses seront dites pour les chantres subalternes.
La cloche achetée à Québec coûta £81.10, et le tabernacle, ordonné en 1812 et fait sur le plan du maître autel de la Cathédrale de Québec par M. Baïllargé, valait £80.00.
En 1814, Mgr Plessis fait de nouveau la visite de la paroisse pendant plusieurs jours, Voici quelques unes des ordonnances consignées de sa main au Régistre des délibérations. ;
Casse le règlement des marguillers au su-
jet des services et messes en faveur des mai-
tres-chantres, et laisse à la fabrique le soin de les bien traiter. En 1786, il y. avait eu donation du terrain de l’église, par le seigneur Etienne Rioux, à charge d'une messe et d’un banc dans l’église. Cette clause n’ayant pas eu d'effet depuis longtemps, Mgr. ordonne que la messe soit chanté et désigne le deux-
ième banc, dans la rangée du milieu, pour être , laissé, gratuitement, au seigneur et à ses des.
cendants par droits d’ainesse.
Le missionnaire des Trois-Pistoles déser. !
vait Rimouski deux fois par année ; Mgr. de- &
crète que ces voyages se feront aux dépens de la fabrique des Trois-l'istoles.
Ceci parait exhorbitant à première vue ; {
cependant, comme l'explique si bien le Révd M. Vézina, il y a là une question de charité,
Mgr. ne pouvait raisonnablement obliger les:
colons de Rimouski à venir, de si loin,chercher
le prêtr?. Trois-Pistoles ayant les bienfaits |
d'un curé résident, devait se montrer géné. reuse envers lies autres, et payer royalement de sa personne. C’est à tort que l’on voudrait
voir, là dedans, une note déplorable, une espè- # ce de pénitence visible imposée aux colons!
des Trois-Pistoles.
Une chose digne de remarque c’est que
jusqu’en cette année de 1814, Trois-Pistoles s'appelait : Notre Dame des Anges des Trois: #
Pistoles. Mgr. décide que dorénavant, son
nom sera : Notre-Dame des Neiges des Trois!
Pistoles. Il n’y a pas, croyons-nous, de solen:!
NO et bef - 1
pour être | à ses des. !
les déser-
Mgr. de-
dépens de 1
ière vue ; 4 n le Rérd. le charité, bliger les !
a,chercher bienfaits !
trer géné!
pyalement | à voudrait.
une espè- | ux colons!
c'est que
voyage à
is-Pistoles des Trois:
avant, S0n des Trois:
, de solen:!
nité de Notre-Dame des Anges. Mgr. Plessis tenait sans doute à ce que le nom de chaque paroisse eut sa fête solennelle et il choisit, pour Trois-Pistoles, la fête de N.-D. des Neiges, qui tombe le 5 août, “ et dont la solenni-
té n’aura lieu que le dimanche d’après la
Toussaint, suivant notre mandement du 22 Déc. 1810 ”—dit Mgr. Plessis dans ses ordon-
nances.
En 1814, on vend le vieux tabernac'e à la Rivière-du-Loup, en haut, pour le même prix qu’il a coûté, Bonne spéculation n’estce pas? M. Prosper Gagnon était alors curé. :
Le 11 juillet 1822, nouvelle visite de ;
vêque, qui confirme 148 personnes. Il se
ne que l’on n’occupera pas Amable Côté pour une somme de $14 00 perdue par lui, dans un Québec, sans qu'il y eut de sa faute.
En 1826, Mgr Panet, qui venait de remplacer Mgr Plessis, mort en 1825, confirme 226 personnes aux Trois-Pistoles.
En 1826, la paroisse comptait déjà 1638
âmes. La population avait augmenté de près!
de mille âmes en trente cinq ans. Ils étaient 196, en 1790.
En 1830, M. le curé Faucher, voulant!
mettre à effet l'acte passé pour encourager l'éducation, donne un morceau de terre pot.
y bâtir une école. Ce morceau avait 50 pieds! sur 60, ‘* borné au nord par la haute mer, au! sud à 50 pas du petit rocher, qui est sur la à grève vis-à-vis l’étable, à l’ouest à la terre de! la fabrique” —
En 1833, Mgr Signay confirme 489 per.!
sonnes, dont 261 garçons et 228 filles et fem-! mes, et en 1838, 96 garçons et 103 filles, total:! 199 personnes. -
Nous arrêtons, ici, nos notes prises au ha:
sard des archives pendant les cents premières! années de l'établissement des Trois-Pistoles | Cela peut paraître de peu de valeur aux yeux d'un certain nombre ,et cependant, ces faits! revêtent un cachet tout particulier, qu'il con: vient de ne pas laisser dans l'ombre. L'his toire d’une paroisse, il aous semble, est incomplète sans ces mille et un détails, qui di!
LA
é de près!
sent la manière de voir, de penser et d’agir ls étaient Æ jan âge qui n’est pas le nôtre, d’un temps
Due nous ne cherchons plus à imiter, du 4 moins dans ce qu’il y avait de beau, de noble
voulant F8” N tu
1courager et de bien inspiré.
IT6 POUR De 1810 à venir jusqu'à nos jours, l’his- ; 50 pieds Mioic des Trois-listoles est un fait connu du > MT, AE us grand nombre. Il serait oiseux de relast sur h D, ici tous les détails mentionnés aux archi-
à terre de res. Il y a d’autres grandes lignes qu'il faut
« démarquer, sans s'occuper de choses moin- 189 per. Mires, qui sont à leur place dans l'ombre.
s et fem-|!
les, total:!
ses au ha:
remières!
-Pistoles !
aux yeut!
| ces faits!
qu'il con:
.. L'his:! ’ , est in!
s, qui di