‹ Trois-pistoles [microforme]Chapitre 32 sur 56 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Le chemin sur les côtes. — Luites désespérées.—-L'e. | glise neuve marquée en bas par M. Dérôme, 4 en 1841.— Visite de Mgr Signay.—L'élection |

des marg'uillers, en 1843.— L'église commence

à se bâtir sur la côie, en 1844.—Les poëles

dans nos églises.

Malgré les évènements les plus tragiques, !

les esprits n’en continuèrent pas moins à s'é-

chauffer outre mesure. Il y avait dans l'air: un souffle de révolte, qui s’imposait et don ! nait à penser à ceux qui étaient chargés de:

la paix et de l’union dans les paroisses. On était à la veille de grandes misères, dont les

premiers symptômes s'étaient manifestés dès!

le jour où l’on fit de l'opposition au cimetière |

neuf, en 1835. Cette année-là, les gens d’en

haut s'étaient fait un plan d'opération, afin de | mieux réussir dans leur dessein d’avoir l’égli-!

se sur la côte.

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De tout temps, le chemin royal avait cotoyé le fleuve. Depuis la rivière des Trois-

Pistoles jusqu'à St Simon, ce n'était que

sinuosités, côtes et précipices, où l’on tuait les chevaux de fatigue, et brisait les voitures et les attelages. Le parti sur la côte se demanda pourquoi ce chemin ne serait pas en ligne droite, partant de la rivière et gâgnant, nord-est, sur les hauteurs jusqu’à St Simon, passant sur le travers des terres ? Si ce point-là était gagné, nul doute que l’église serait fixée sur la côte, près du chemin royal nouveau. C'était une idée très diplomatique, la meilleur qui fut : aussi elle devait receveir une opposition formidable de la part des gens intéressés au s{alu quo, et qui comptaient parmi eux, les seigneurs Rioux de la Pointe et de l’anse aux coques, Félix Têtu, les Notaires Ouellet et Fournier, le Dr Dubé et autres.

Il fallait s'adresser au conseil à Rimous-

ki; c’est ce que l’on fit immédiatement. Une

requête fut envoyée, en 1836, au grand conseil, qui chargea son grand-voyer, M. W. R. Antrobus, de se rendre sur les lieux, d'examiner les endroits désignés et de faire rapport. Le 14

Mai 1836, M. Antrobus se dé:larait, pat son procès-verbal opposé aux conclus;ons de la re-

quête des gens d’en haut. C’étai; un premier !

échec, mais les habitants des Trois-Pistoles ne se laissaient pas abattre pour si peu.

Ils en appelèrent de ce jugement à la !

cour des sessions de quartier de Québec, qui le 80 avril 1841, rejetait l'appel et laissait au conseil de décider où devait être le chemin c’est-à-dire que le conseil, s'étant prononcé sur le rapport de M. Antrobus, ne pouvait revenir sur ses pas. Alors le chemin devait continuer de longer le fleuve. Pendant qu'on plaiaait ainsi au conseil à Rimouski, et à la cour de Québec, des requêtes étaient envoyées à Mgr Signay demandant la permission de rebätir une église. Le parti d’en bas la demandait à la Pointe, près du chemin du fleuve, l'autre parti la voulait sur lu côte là, ou devait, disait-ils, passer le nouveau che-nin.

En 1841, M. George Derome, curé de St- Pascal, fut chargé par Monseigneur de Quebec de venir aux Trois-Pistoles marquer la place où devait être érigée la nouvelle église. À la nouvelle que M. Derome allait venir dé-

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grand dans la paroisse. D’après les rumeurs,

qui vont vite dans des circonstances pareilles, M. Derome aurait marqué ses préférences pour le haut, vu que le plus grand nombre des paroissiens la demandait sur la côte : d’un autre

côté, il fallait songer aux conséquences d’une pareille décision. Le curé Pouliot tenait fer. me pour la Pointe avec tous les seigneurs et autres habitants établis le long du fleuve, là où leurs ancêtres s'étaient primitivement bâtis et logés ; de plus, il y aurait eu les démé-

E nagements du curé et des habitants, transport

d'habitation sur la côte, et une foule d’autres considérations secondaires, mais qui avaient de l'importance dans les circonstances diffci-

| les où se trouvait la paroisse.

Enfin le grand jour arriva et M. Derome marqua l’église à la Pointe, à quelques perches de distance seulement de l’église existante, le portail, cette fois, devant être vers le nord-est, c’est-à-dire que les deux églises allaient se faire face. On conçoit la jubilation du parti d’en bas, jubilation qui devenait un

L sujet d’aigreur pour leparti en défaiteet dont

s’'autorisérent ‘in grand nombre pour cesse de prendre part aux offices religieux de la pa. roisse. Le curé tonna du haut de la chaire!

de vérité, rappelant au devoir les égarés d'en | haut, leur demandant soumission cormn'ète sinon qu'il se verrait obligé de-sévir contre ? eux. |

Hélas ! le temps des misères profondes était arrivé, et pendant plus de dix ans Trois: 4 Pistoles allait donner au monde le douloureux ! spectacle d'une paroisse divisée, en révolte, à l’état de trouble perpétuel Nous allons ra conter aussi brièvement que possible ce qui!

se passa alors. =

Le parti d'en haut, en défaite un moment, !

se rejeta de nouveau sur la grande question!

du chemin. Il y eut requêtes et pétitions au! conseil de Rimouski, à tel point qu’on se dé-! cida de faire faire une exploration dont le rap! port fut déclaré favorable au parti sur la côte. Pendant qu'à la Pointe on bâtissait l'église: nexveavec beaucoup de célérité, d’un autre côté les choses allaient vite et sûrement. En! fin, le conseil dans sa sagesse décida que le! vieux chemin serait fermé le jour ou le nou:

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veau tracé sur les côtes permettrait aux gens d'y passer convenablement. L'église avait été commencée en 1841, et deux ans après elle était terminée à l'extérieur. Cette même année de 1843, les gens d’en haut gâgnaient leur ciemin qui fut vite ouvert depuis la rivière des Trois-Pistoles jusque vis-à-vis l’église de la Pointe.

Ici nous ouvrons une parenthèse pour demander comment il se fait que l’on ait tant retardé à rendre justice, et à agir dans l’intérêt du plus grand nombre en fixant le chemin sur la côte. On ne se figure pas la misère des voyageurs obligés de suivre toutes les sinuiosités du fleuve, par un chemin rempli de fondrière, où l'on ne comptait pas moins de quatorze côtes, toutes baptisées d'un nom qu’il serait trop long de donner ici. Le consil, siégeant alors à Rimouski, était trop loin pour pouvoir se renseigner à bonnes sources.

Mais lorsque L. N. Gauvreau, de l’Isle-Verte, conseiller à Rimouski pour cette d' rnière paroisse, mit les pieds dans le conseil, les choses changèrent et nous lui devons cette mention qu'il vota pour le chemin sur les côtes,

malgré qu'il fut en désacords avec ses amis . intimes M. F. Têtu et le Dr Dubé, tous deux déjà disparus.

Le chemin décidé et tracé sur les côtes, c'était un grand pas de fait, une belle victoire qui allait avoir des suites que nous allons donner toute à l'heure.

En 1843, Mgr. Signay visitait les Trois- Pistoles où il demeura quatre jours, confirmant 24) enfants, visitant les malades, rap.

pelant au devoir ceux que la passion des lut. tes accrimonieuses éloignait des offices et des sacrements. On écouta la grande voix autorisée du grand coadjuteur de Mgr. Panet, mais on n’en continua pas moins à rester hors de tous devoirs religieux. Cette année de 1843, fut mémorable par le fait des élections de marguillers. Le parti d’en haut et le par-

ti d’en bas nommèrent chacun les leurs, et’

et l’on vit alors le plus drôle des spectacles. Les marguillers du parti d'en bas, Etienne Rioux et Godfroy Rioux s’installèrent de nuit dans le banc d'œuvre, afin d'y être les premiers le dimanche, lorsque la messe commencerait, empêchant ainsi les marguillers d’en

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