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CHAPITRE XIX

rots-Pistoles sous M. Léon Roy, de 1855 à 1866 —Le recensement de 1860.— Monseigneur Baillargeon aux Trois-Pistoles, en 1860 et 1865.— Le pont sur la rivière —Barrière de péages.— Bâtisse du gardien jetée à l'eau.— Paroisse de St Eloi.— Un couvent aux Trois-

Pistoles. | de

n pi Mr. Roy n'avait qu'à continuer à agir D m

avec tout ie tact et le discernement que nous sa

venons de lui connaître, pour mener à bonnes ce

fins les entreprises destinées à faire des Trois. ni

Pistoles une paroisse en vue, un des centres ce

lés plus importants du grand comté de Té- te miscouata. Il veilla avec un soin jaloux à ce Æ de que la paix, si chèrement acquise par plu: Æ nc sieurs années de lutte, demeurât constamment entre les paroissiens, sachant bien que

à 1866 eigneur 1860 et rière de l’eau.—

Trois-

à agir le nous bonnes s Trois.

centres de Téux à ce ar plupnstamen que

les mesures d'intérêt public sanctionnées aux heures de calme et d'apaisement, ont toujours un effet merveilleux pour l'avancement des populations. C’est le grand mérite du curé Roy d’avoir agi avec prudence :—-tout pour la paix, rien que la paix.

Aussi la paroisse prit un essor de progrès remarquable. La population se trouvant augmentée au chiffre de 3451 âmes, de 2847 qu’elle était en 1861, le zèle du curé eut un large champ d'action et il dût se donner tout entier au travail ardu de l'administration d’une vaste et populeuse paroisse comme l'était celle des Trois-Pistoles. Auteur de ce changement prodigieux, qui semblait devoir créer un schisme désolant, directeur des travaux d'église, de sacristie, de presbytère, il fut à tout sans que cela parut, et les évêques de Québec, en tournée pastorale, ne mañquèrent pas de lui décerner tous les éloges que méritait sa conduüite active et désintéressée de prêtre soucieux de voir à ce que tout fut bien dans le domai-

| ne de sa juridiction.

Le 13 juillet 1860, Monseigneur de Tloû

visitait les Trois-Pistoles. (C'était sa première visite, après avoir marqué l’église sur la côte, là où plus d’une voix autorisée—voxz clamanlis —avait prédit qu'elle ne serait jamais bâtie. C'était un spectacle bien beau de voir tout ce peuple, uni dans une commune pensée pour recevoir le premier pasteur des âmes, ce peuple auparavant désuni, divisé, en luttes stériles et mesquines. Les figures étaient radieuses, le contentement sélisait partout. On semblait décidé à rivaliser de zèle pour le service de Dieu, afin d'oublier à jamais les malheureuses divisions passées qui avaient été une cause de scandale et de ruine pour plusieurs.

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Mgr. lui-même ne put échapper à la joie de voir que tout allait bien, et voulant leur mon- ! trer que désormais leur but devait être la Æ ( grande loi de la charité chétienne, celle qui donne et celle qui respecte les autres, il donna ordre aux marguillers de prendre quarante louis dans le trésor de la, Fabrique et de les à

distribuer parmi vingt cinq familles éprou- Æ d vées durant l'incendie désastreux, qui désola À : €

alors les concessions de l'Isle Verte et des Trois-Pistoles, incendie qui faillit compro-

mière , côte, lamanbâtie.

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mettre sérieusement le progrès et le développement de cette partie importante des deux paroisses que nous venons de mentionner.

En 1865, Monseigneur de Tloà revient de nouveau aux Trois-Pistoles. Corame en 1860, il lui fut impossible de taire son admiration pour la bonne administration des affaires de la paroisse, et sur la fin de sa visite pastorale il écrivit de sa main sur le régistre des délihérations : “ Nous sommes heureux de pouvoir constater ici de nouveau l'état prospère de toutes les affaires de la fabrique et de voir ses fonds s’augmenter par la bonne administration de Monsieur le curé et de MM. les marguillers ”.—Les marguilleys de cette année étaient MM. Maximin Hudon-Beaulieu, George Rioux et Maximin Côté.

Si le bon ordre règnait dans les finances de la fabrique, si les travaux d’églises allaient bien, grâce à la bonne administration du curé et des syndics, au conseil de paroisse,

les choses n’allaient pas comme sur des rou-

lettes, tant s’en faut. Les luttes avaient changé de théâtre et sur une scène moins vaste,on

avait transporté un peu de l’acrimonie des différends passés. Le chemin sur les côtes avait nécessité un pont sur la rivière des Trois- Pistoles, un pont de peu d'importance, qui avait servi longtemps de prétexte aux opposants du chemin neuf comme devant coûter des sommes fabuleuses, et qu’on avait réussi à faire construire pour soixante piastres la première fois qu'il fallut le jeter sur la rivière des Trois-l’isteles.

Le 25 avril 1858, le conseil local, sous l'influence de nous ne savons quel avis plus ou moins sage, se décida à demander des soumissions, non pour coustruire le pont mais pour qu’il fut désormais à la charge de celui qui voulait en prendre la responsabilité, avec pouvoir d’y construire une barrière de péages pour s’indemriser de ses déboursés et de ses dépenses.

Personne ne s'étant présenté: peur soumissionner, le conseil prit le pont à sa charge et résolut de faire ce qu’une entreprise particulière aurait accompli ; ii plaça une barrière sur le pont, avec ure guérite poar le

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gardien chargé de percevoir la taxe imposée par le conseil. Ce fut une innovation radicale, qui jeta la stupeur parmi les h#bitants rfsiuant du côté sud-ouest de la rivière. Ayant affaire journellement à l’église, soit pour aller chez le marchand, soit pour se rendre au moulin ou au port de mer, les pauvres habitants de ce côté là se voyaient obligés de payer plus que n'importe qui dans la paroisse. Aussi la première requête ne tarda pas à venir de ce côté là ; mais le conseil resta sourd à leur demande. Cétait au 7 mai 1858 ; le 7 septembre on prit un moyen détourné. Requête fut adressée au conseil de Comté demandant qu’ordre soit donné de reconstruire le pont au frais de la paroisse, afin d'éviter le sort de cette taxe directe qui pesait lourdement sur les habitants. D'autant plus que le pont s’en allait en ruines et qu’il y avait urgence à ce que l’on vint à le rebatir.

Pendant que l’on délibérait sur l’opportunité de la requête en appel, on s’avisa de jouer un mauvais tour au conseil. Ur bon matin de septembre 1858, des gens décidés, comme l’étaient tous les braves habitants des

Trois-Pistoles, s’armèrent de haches et de pics et se rendirent au pas plus ou moins gymnastique auprès de la bâtisse du gardien sur le pont de la rivière. On fit des sommalions respectueuses au gardien d’avoir à livrer les clefs des cadenas mis sur la barrière puis l’on se mît en devoir d’ôter toutes ces entraves au passage public. En un tour de main, barrière et bâtisse furent démolies, détruites et jetées en épave à la rivière, qui les charroya jusqu'au fleuve. ‘

Ce dernier vestige de féodalitée disparaissait comme par enchantement devant la volonté ferme de gens décidés et hardis, et plus jamais on n’entendit parler de guérite et de barrière sur le pont des Trois-Pistoles, qui fut reconstruit en neuf d’après l’unanime volonté non seulement des habitants des Trois- Pistoles, mais même de ceux de St Eloi, qui

commencçaient à voir leur nouvelle paroisse ] prendre de l'essor.

St Eloi est une paroisse formée des secon- I de, troisième et quatrième concessions de t

Trois-Pistoles et de l'Isle Verte, Lors des

grands troubles au sujet du chemin sur les côtes en 1843, le parti d'en bas prévoyant un vote hostile de la part de tous les habitants des concessions, donna tous ses soins au projet de former une paroisse nouvelle en démembrant l'Isle Verte et Trois-Pistoles. Ce démembrement devait diminuer d’autant le nombre des cpposants au chemin le long du fleuve, au moins dans l'esprit de ceux qui remuèrent ciel et terre pour que St Eloi devienne paroisse indépendante. Mais cela ne changea rien au cours ordinaire des choses ; le chemin d'en haut, reconnu d'utilité publique, fut tracé et ouvert au public et St Eloi, devenu paroisse indépendante, fut érigée civilement le 13 juin 1848.

Depuis elle n’a fait que prospérer et s’enrichir, et aujourd’hui c’est une des belles et importantes paroisses du diocèse de Rimouski.

Disons encore à la louange de Monsieur Roy qu'il sut doter sa paroisse d'une véritable monument de l'éducation : un couvent pour les jeunes filles, L’Isle-Verte n'avait pas

voulu suivre les idées généreuses de l'abbé Pro vancher, qui voulait avoir un couvent dans la paroisse, Trois-Pistoles en profita. Mons. Roy avait fait bâtir le couvent à ses frais et il ne tarda pas à y faire venir les religieuses de la Congrégation Notre-Dame, qui s’y installèrent en 1858.

Vers 1853, Mgr de Québec avait fait venir au pays les religieuses de Jésus-Marie appelées ‘“ Sœurs Françaises. ” Comme il ne se trouvait pas d’endroit convenable, qui permit à ces sœurs d’avoir un poste central aux places d’eau pour y recevoir les personnes de la communauté dont la maladie ou la fatigue exigeait un repos à la campagne, Mgr. Baillargeon demanda à la Congrégation Notre- Dame de vouloir bien céder leur couvent des Trois-Pistoles aux sœurs de Jésus-Mario, ce qu’elles agréèrent volontiers. Voilà comment il se fait que depuis 1863, ce sont les religieu-

ses de Jésus-Marie qui resident aux Trois- Pistoles.

La premiere superieure fut une demoiselle Beaubien, en religion Sœur St Alexis :

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Alexis ;

elle avait pour aides sa cousine, Sœur St Narcisse et une demoiselle Vadeboncœur en religion Sœur Ste Marie du Calvaire.

Pendant les cinq années qu’elles se dévouèrent à l’enseignement des jeunes personnes aux Trois-Pistoles, les sœurs de la Congrégation s’acquirent les sympathies de tous. On venait des paroisses éloignées confier les enfants aux soins maternels de ces bonnes sœurs, et nous en connaissons plus d’une qui gardent dans leur cœur le souvenir impérissable de ces Dames de la Congrégation, qui ont laissé leur trace aux Trois-Pistoles. Admirons en passant ces nobles vierges du sanctuaires, ces martyres de l’enseignement qui passent en faisant le bien.

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