‹ Trois-pistoles [microforme]Chapitre 43 sur 56 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Trois-Pistoles en 1870.—Le chemin de fer Intercolonial,—Le pont en fer sur la rivière des Trois-Pistoles— Mort de Mr. le curé Gagnon, le 28 Sept. 1876.—Le Rev. M. Vézina le remplace. — Exhumation des corps du vieux cimetière de la Pointe.

Malgré les luttes actives de part et d’autres dans la paroisse, Trois-Pistoles florissait de plus en plus. Les ‘hantiers de la rivière déclinaient à peine, que le chemin de fer Intercolonial, bâti à grands frais par le gouvernement, venait donner à ce coin de terre un regain de vie et d'activité. Dès 1869, le tracé était marqué là où le chemin passe aujour-

d’hui, longeant presque sans cesse le grand

chemin royal sur les côtes, passant à travers le village pour gâgner St Simon. La grande difficulté était le ravin de la rivière, haut de de plus de quatre-vingts pieds. Des explorations coûteuses furent faites sur les lieux, et l’on constata que le lit de la rivière n’était pas propre à recevoir des pilliers en pierres, et qu'il allait falloir bâtir sur pilotis. On n'y regarda point de près et l'ouvrage commença sans retard. Tout une armée de travaillants station-

därere na à la rivière pendant plus d’un an ; aussi we des M le recensement de 1870 pour Trois-Pistoles 6 Ga- M donne une augmentation considérable sur Wéina celui de 1860 : 8967 habitants. C'était beau-

vieux coup pour une paroisse et elle l’emportait sur

l'Isle-Verte, sa voisine, qui était pourtant le

à chef-lieu du Comté de Témiscouata.

’au-

sait de L'Intercolonial, nous l'avons dit dans L'histoire de lIsle-Verte, ouvrait de nouveaux horizons aux paroisses échelonnées le long du fleuve en bas de la Rivière-du-Loup, terminus du Grand Tronc. (C'était ouvrir à deux battants les larges portes de la prospérité matérielle, qui devait profiter au plus humble colon comme au plus riche mar-

chand de nos endroits. C'était ouvrir une immense artère pour raviver une portion importante du pays ; c'était mettre à la portée de tous, les avantages qu'offrait le progrès moderne.

Longtemps, on crut que le pont à jeter sur la rivière des. Trois-Pistoles serait un obstacle destiné à retarder l'ouverture du chemin. Il n’en fut pas ainsi. Après des eflorts inouis, après avoir dépensé près d’un million de piastres, le pont relia enfin les deux rives, et la première locomotive, pomponnée, enrubannée, jetant aux échos duravin ses sifflets stridents, traversa le pont

aux acclamations de la foule et entra en gare, . dans le village des Trois-Pistoles, sans avoir au éprouvé aucun accident. j La vie et l’activité allaient changer de < place. La fortune est parfois nomadeet ne sat D tache pas désespérément aux mêmes lieux. Le 8 grand commerce et l’industrie du bois étaient b attachés à la rivière ; désormais ces avantages L allaient se fixer au village, près de l’église, au ie centre même de la paroisse où tout se don- ;

nait la main pour prendre de l'essor et se de-

rer de s R'atx. Le ‘aient itages se, au done de-

velopper. L'église attire le commerce : c'est uti fait indéniable. Avec l’église, les marchands de la gare, le restaurant ou buffet pour les voyageurs, Trois-Pistoles formaient déjà un centre des plus remarquables, ayant devant lui beaucoup d'avenir avec des citoyens remplir d'idées saines de progrès et d’avancements.

Le chemin de fer se construisait ; la gare s'élevait au centre du village ; le buffet des voyageurs voyait à sa tête un homme d'’entreprise et d'initiative ; Messieurs Thomas Pelletier, Eloi Rioux, Cyprien Renouf étendaient leur commerce au loin et Trois-Pistoles prospérait encore et toujours, lorsqu'un deuil général vint fondre sur la paroisse. Il est toujours pénible de voir une tombe s'ouvrir, une . existence chère se clore ici bas ; ce n’est pas sans regrets pleins d’amertume qu'on assiste aux funérailles d’un parent, d’un ami, d’un brave concitoyen ; mais lorsque le cercueil vient réclamer le curé de la paroisse, le directeur des âmes, le confident de toutes les douleurs, l'associé de toutes les joies, alors le deuil et les regrets prennent des proportions plus vastes et s'étendent sur toute la paroisse

C'était au mois de septembre 1876 ; M.

le Curé Gagnon tombait malade dans son presbytère, sans croire que sa maladie aurait, trop tôt hélas ! nn dénouement fatal. Malgré tous les soins les plus empressés, il expira dans la paix du Seigneur le 28 septembre, regretté de tous, pour son zèle, son dévouement et ses encouragements au bien. Ancien missionnaire à Chicoutimi, Mr. Gagnon connaissait son peuple pour l'avoir étudié. Généreux, sympathique, l’air avenant, d’un abord facile, peu orateur, mais d’une solide et ferme piété, voyant à ses propres affaires sans s’immiscer dans colles des voisins, voilà le portrait du Curé Gagnon, décédé aux Trois-Pistoles dans :

la cinquante cinquième année de son âge. d F4 L LA # ST C'était le premier prêtre de la paroisse à qui y décédait ; aussi ses funérailles eurent :

un cachet particulier. .Monseigneur Lan- ba gevin s’empressa de venir aux Trois-Pistoles, |

ÿ à entouré d’une foule de prêtres, rendre les der- te niers services à celui qui avait été un prêtre pe

digne, faisant le bien sans ostentation et travaillant à la vigne du Seigneur pour la plus grande gloire de Dieu et des hommes. Mon-

seigneur Langevin, ému, sut trouver dans son

M. cœur dévoué, des paroles dignes de celui qui nn allait, le premier parmi les prêtres et mission- FAI, naires de la paroisse, reposer au milieu des 1gré siens dans un caveau en pierre sous l’autel de ans l’église. Il repose encore parmi la population pre qu'il a aimée, et ses cendres y seront toujours ises en grande véuération.

naisait | Son successeur était tout trouvé. Moneux, seigneur n’en connaissait pas de plus méricile, À tant pour remplacer Mr. Gagnon dans Ja paiêté, | roisse la plus importante du comté au pointäle scer | vue de la richesse et dela population, que le

du M Rev. D. Vézina, Chanoine de Rimouskiet ardans Æ chi-prêtre du diocèse. Il arriva dans la paroisse des Trois-Pistoles le 15 Octobre 1876, et l’année

suivante, il recevait Monseigneur Langevin ci en visite pâstorale. Son premier soin fut de pnt voir à ce que les corps des défunts, laissés

:13f dans le même cimetière de la Pointe, vinssent Les, à être exhumés et enterrés de nouveau dans

4 le cimetière, sur la côte, du côté est de l’égiise,

ch en face presque du couvent de Jésus-Marie.

lus | Deux fois déjà Monseigneur avait parlé

on-

LA

de l'obligation d'enlever ces corps, sans que sa parole eut d’échos ; mais Mons. Vézina ne resta pas en arrière. Il s’adressa à l'autorité compétente et au mois d'octobre 1878, on chantait un service solennel pour le repos de l’âme des trépassés, et les ossements des anciens colons des Trois-Pistoles prenaient le chemin qui monte sur la côte. Ceux qui, de leur vivant, n’auraient jamais consenti à se rendre à l’église d'en haut, en prenaient le chemin après leur mort. Ainsi vont les choses de la vie. Avouons en passant qu'aux Trois- Pistoles les morts et les vivants s'agitaient également. On y passait d’une église à l’autre, comme d’un cimetière à un autre, sans trop de brusquerie, maïs non sans peine et agitation, et s’il y eut de lourdes fautes, c’est plus par excès de zèle que par mauvaise volonté.

Le

|, de à se cheoses rois dent l’ausans e et c’est > Vo-

Page 1