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seille d'acheter de moi des habits blancs pour vous habiller et pour cacher votre nudité honteuse. »(Ap., III, 18.) En quoi consiste » d'après le prédicateur, la nudité des Laodicéens ? « Par cette nudité, il faut entendre l'énormité de nos péchés et la condamnation qu'ils méritaient du jugement éternel; de même par ces habits nous devons entendre Jésus-Christ et sa justice, qui est un habit saint que nous devons revêtir par la foi. Dans cette vue, cette expression d'acheter de Jésus- Christ des habits blancs ne signifie autre chose que d'acquérir le royaume de Dieu et sa justice et de recourir au mérite de notre Sauveur comme la seule cause méritoire de notre salut. Il n'y a que lui-même qui soit capable de nous purifier et de nous rendre agréables à son Père. C'est donc de lui que nous devons nous revêtir, c'est-à-dire que nous devons recourir à la justice très parfaite de notre Seigneur, nous l'appliquer avec une vive foi. C'est ce qui faisait dire à saint Paul : a Puisque nous sommes donc justifiés par la foi, ayons la paix apec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, » et à l'apôtre saint Jean : « Celui qui croit en Jésus-Christ ne viendra point en condamnation. » Teissier insiste avec raison sur cette vérité centrale de l'Evangile, a C'est par le mérite de Jésus-Christ que nous avons été délivrés de l'empire de la mort... Tous ceux qui n'y participent point par la foi demeurent dans le péché et ne peuvent attendre que d'être accablés sous le poids éternel de la justice divine... Les péchés des Laodicéens étaient énormes. Cependant Jésus-Christ veut leur faire comprendre que le sacrifice, qu'il a offert une seule fois à Dieu son Père, intercède pour eux et qu'ils peuvent y recourir pour remédier à leur état. Peuples, éclatez de joie en admirant la bonté divine qui ne se
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borne jamais envers le pécheur, lorsqu'il renonce à sa conduite criminelle pour s'attacher à la pratique des bonnes œuvres. Mais sentez, d*un autre côté, la nécessité indispensable où vous êtes de recourir aux mérites de Jésus-Christ et à sa justice pour cacher votre nudité honteuse, c'est-à-dire l'infinité de péchés que vous avez commis... Que l'intérêt de vos âmes vous touche. J'ose vous le dire : il y a encore du baume en Galaad, pour guérir vos plaies. »
Dans la seconde partie, le pasteur se demande pourquoi la justice de Christ est comparée à des habits, et il en trouve trois raisons. De même que les habits servent à couvrir nos corps, la justice de Christ couvre la nudité de nos âmes. « S'il a passé par un torrent d'amertume, s'il a été abreuvé de misère, s'il a été lopprobre des hommes, ce n'est que pour remédier à notre nudité, en nous faisant obtenir des habits précieux, afin de nous rendre irrépréhensibles devant Dieu son Père. »
Les habits servent, en second lieu, à nous garantir des injures de l'air, du serein meurtrier de la nuit , de Tardeur du soleil et de la rigueur de Ihiver. Et Jésus - Christ nous préserve contre les tentations du démon, contre les faiblesses de la chair, contre le remords de nos consciences.
Les habits enfin sont l'ornement du corps et rendent rhomme plus accompli dans sa stature. On distingue par là ceux qui sont élevés en dignité et ceux qui ne le sont point. De plus, ils désignent quelquefois l'humilité des uns et la vanité des autres. Jésus-Christ, qui nous est un habit spirituel, perfectionne nos âmes en les retirant des honteuses ténèbres du péché pour les rendre dignes d'être reçues dans les tabernacles célestes.
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Mais comment revêtir Jésus-Christ? A cela le prédicateur répond qu'on le revêt quand on croit en lui, qu'on renonce au mensonge et à l'injustice pour s'attacher à la vérité et à la justice , et quand nous reconnaissons que nous n'avons aucun mérite devant Dieu et que nous devons tout à Jésus-Christ.
« Mais Jésus-Christ ne doit pas être revêtu seulement à l'égard de sa justice, mais aussi à l'égard de sa sainteté... Quand nous avons reçu nos habits, prenons garde de ne pas les ternir en nous abandonnant derechef à nos passions pour que, les conservant dans toute leur pureté, nous soyons introduits dans la vie éternelle et bienheureuse où nous vivrons à jamais. »
A l'application, qu'il appelle « usage, » Teissier insiste de nouveau sur la conversion : « Nous devons apprendre que l'homme est, par sa nature, vide de biens spirituels, mais au contraire qu'il est dans la corruption et dans l'iniquité, et qu'il a un pressant besoin que Dieu le rende participant de sa vertu et de sa grâce, pour qu'il puisse plaire à Dieu et subsister devant le trône de sa majesté souveraine. Cette vérité combat les sentiments des pélagiens, qui soutiennent qu'après le péché il y a quelque bien dans l'homme. Mais Jésus-Christ nous apprend bien le contraire, quand il dit : « Je vous conseille d'acheter de moi des habits blancs. »
Après avoir exhorté ceux qui portent encore la livrée des ennemis du Seigneur à se repentir et à croire, il ajoute, comme s'il avait le pressentiment de sa fin prochaine : a II est court ce temps-là; ce jour est approché. Si nous avons encore à souffrir, souvenons-nous que c'est pour peu de temps, et que le jour viendra où le moment si court et si léger de nos afflictions nous
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procurera une abondance éternelle de gloire qui surpassera tout ce qu'on en peut dire. »
Le sermon que nous venons d'analyser ne révèle pas chez Teissier les dons de l'orateur. Son style manque de précision. Sa phrase, trop chargée d'incidentes, se traîne péniblement. Il ignore l'art difficile de résumer sa pensée en quelques mots qui portent , et des péroraisons successives devaient lasser l'attention ; mais il expose avec conviction et clarté le plan du salut. S'il n'a pas la concision élégante de Pomaret, l'onction pénétrante de Rabaut ou la période oratoire de Molines, il mérite une place éminente, dans la galerie des pasteurs du Désert, par la ferveur de sa piété et la fidélité de son témoignage. D'ailleurs, il sait, quand il le faut, trouver des paroles d'une virile éloquence pour presser les âmes de se convertir. Tel ce morceau , tiré d'un de ses meilleurs sermons, sur ce texte : « Cherchei V Eternel pendant qu'il se troupe, » (Esaïe, LV, 6.)
a Dans tous les temps et dans toutes les circonstances de la vie, on peut trouver Dieu quand on le cherche sincèrement, parce que, dans tous les temps, la repentance est possible. Ce Dieu que nous cherchons n'est pas loin de chacun de nous, surtout quand on vient .à lui avec un vif et amer sentiment de ses fautes. Il se tient près, dit l'Evangile, des cœurs désolés. Que dis-je? il nous cherche lui-même et il heurte à la porte de nos cœurs. Mais il y a des temps où il est plus facile de le trouver. C'est à chacun à sentir par soi-même ces moments-là. En général, on peut dire que le temps de la jeunesse est le véritable temps de penser au Créateur et de s'attacher à lui , avant que le cœur soit entièrement séduit, pendant que la conscience est encore tendre et délicate. Ah ! voilà,, jeunes gens, le