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grand privilège de votre âge! Il ne tient qu'à vous de trouver Dieu. Mais nous ajoutons que, dans tout le cours de la vie, il y a certains événements si marqués qu*on ne peut y m.éconnaître l'intention que Dieu a de nous appeler à lui... Les remords, qui viennent assaillir le pécheur, au milieu même des prétendues délices dont il s'enivre, sont comme autant d'aiguillons pour le réveiller de sa sécurité , ou comme autant de coups de poignard pour le pui>ir s'il persévère. La mort d'un père, celle d'un enfant chéri nous détachent naturellement du monde et nous font aspirer à l'amitié d'un Dieu qui ne peut nous manquer. Une exhortation pressante, soit publique soit particulière, une censure, un conseil, une solennité, un sacrement, un jeûne, certains éclairs de lumière qui brillent tout à coup dans le fond de l'âme , certaines componctions de cœur, certains mouvements vifs et perçants de la conscience et mille et mille autres circonstances : voilà les temps où Dieu se trouve; voilà les moments où il nous appelle. Si on les saisit, ces moments-là, et qu'on en profite pour la conversion, on peut être assuré de sa grâce.
>} Mais il y a des temps où Dieu ne se trouve plus. A Dieu ne plaise que nous prétendions dire qu'il y ait aucun temps dans la vie où la conversion soit impossible, ou la damnation décidée. Ce n'est qu'à la mort que notre état se décide irrévocablement. Après la mort suit le jugement. Mais il y a des temps où Dieu ne se trouve pas avec cette abondance de grâces qui fléchit les cœurs, avec ces moyens extraordinaires qui ébranlent la conscience. Et ce temps fatal, c'est celui de l'endurcissement. Lorsque, par une longue persévérance dans le péché, nous endormons notre conscience, lorsque nous avons longtemps méprisé les tonnerres
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effrayants ou les pluies bienfaisantes de la Providence, en foulant aux pieds toutes les avances, toutes les offres, tous les attraits de la miséricorde, oh! c*est alors qu*il n'est presque plus possible de trouver Dieu , parce qu'on n'est plus en goût et en état de le chercher. »
Le prédicateur ne pouvait manquer d*aborder le sujet brûlant de la persécution. Il était toujours actuel. . C'étaient les galères ou la prison qu*affrontaient ses auditeurs du Désert. Dans un sermon sur Jean, XVI, 2: a Uheure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu, » après avoir rappelé que Jésus avait pris soin d'avertir ses disciples des persécutions qui les attendaient, afin que l'épreuve ne leur . fût point en scandale , et qu'ils fussent affermis dans la profession de la vérité, il ajoute : c Profitons, mes très chers frères, de la leçon que Jésus-Christ notre Sauveur nous donne. C'est à nous qu'il parle, aussi bien qu'à ses apôtres et aux premiers chrétiens. Rien ne leur est arrivé qui ne puisse nous arriver aussi. Notre condition n'est pas différente de la leur. Il ■ nous dit, comme à eux : « On vous chassera des s/na- .gogues, et quiconque vous fera mourir croira faire service à Dieu, » Nous en faisons tous les jours la triste expérience , nous qui sommes membres de ces églises persécutées; et la fin du siècle dernier en a fourni à la postérité de tristes monuments. Ne vit-on pas alors les ennemis de la vérité, transportés d'un zèle aveugle, abattre comme des furieux les temples du Seigneur?... La poussière des sanctuaires de Dieu vole encore dans les airs, et le sang de ses saints et de ses martyrs coule encore sur la terre. » Mais quel mobile a poussé les ;pèrséçuteurs ?, La charité du pasteur n'accuse pas leur
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haine, mais leur ignorance : « Ils nous ont fait ces choses parce qu'ils n'ont point connu le Père, ni Jésus-Christ. Pour moi, je crois que c'est l'ignorance ei les préjugés qui ont produit tous ces indignes traitements qui nous ont été faits. Ils savent qu'il y a un Dieu^ qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. [Is savent qu'il y a un Jésus qui est le Sauveur des hommes ; mais ces connaissances sont fort légères qui ne leur ont pas découvert le fond de la religion chrétienne, et qui les ont portés à nous regarder comme des cfmemis de Jésus-Christ, quoique nous suivions sa pure doctrine et que nous ayons tout sujet de nous dire ses disciples et ses enfants. Je ne dis point que cette ignorance les excuse. Dieu sait si elle n'est poîni volontaire, affectée et malicieuse. Mais je dis que , quelle qu'elle soit, nous devons adorer la sage Providence de Dieu , qui se sert de l'ignorance , des passions et de la malice des hommes pour éprouver les siens, et nous souvenir, dans toutes nos disgrâces, que rien ne nous arrive que notre divin Maître ne nous l'ait prédit. Ne nous alarmons donc point, mes très chers frères , de ce que nous avons encore à souffrir, car TEglise sera tourmentée jusqu^à la fin du monde. Mais sois fidèle jusqu'à la mort, nous dit Jésus, et je te donnerai la couronne de vie... L'Eglise se glorifie beaucoup plus des croix que son époux lui a laissées en partage que des couronnes que le monde présente à SCS enfants. Elle sait que Jésus-Christ l'appelle à la suivre sur le Calvaire plutôt que sur le Thabor, et que l'affliction et les souffrances sont sa livrée, comme l^amour est celle de son divin Chef. Préparons- nous à être haïs du monde , notre ennemi irréconciliable , et à tenir ferme au milieu des maux dont il pourrait nous
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faire souffrir. » Paroles touchantes où la beauté de l'expression relève l'intensité du sentiment. L'heure approche où l'humble et fidèle pasteur devra s'inspirer le premier de ces austères leçons.