‹ Trois quarts de siècle (volume 2)Chapitre 10 sur 71 · XX PREFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XX PREFACE DU TRADUCTEUR

{Traduction de l'allemand.)

« 9, rue Las Cases, 2 novembre, 7 s.

« Honoré Monsieur,

» J'ai été avisé de Vienne que j'aurai le plaisir de re- » cevoir une lettre de vos mains. Je serais très satisfait si » vous voulez avoir l'amabilité de venir chez moi après- » demain vendredi à midi.

» Croyez à ma haute estime.

» Signé : Beust. »

Je fus exact au rendez- vous donné avec tant de bonne grâce et de courtoisie etpendant quatre ans, je suis retourné mainte et mainte fois vers l'heure de midi rue Las Cases. Je n'ai jamais eu l'honneur ou l'indignité d'être un journaliste «inspiré» et d'ailleurs ce n'est pas par le canal des ambassades que le cabinet de Vienne exerce son action sur certains journaux étrangers. D'autre part, il faut n'avoir jamais mis le pied dans une légation pour ignorer que les journalistes peuvent y apporter des nouvelles fraîches, mais qu'ils n'y apprennent rien en fait de primeurs. Ce n'était donc -pas l'intérêt professionnel qui m'attirait rue Las Cases, c'était l'attrait unique d'écouter pendant une heure, quelquefois pendant deux, l'un des plus spirituels causeurs de notre temps dont la causerie était nourrie des souvenirs historiques de trois quarts de siècle, souvenirs racontés par un de ceux qui ont non seulement vécu l'histoire, mais qui ont

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