‹ Trois quarts de siècle (volume 2)Chapitre 15 sur 71 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR XXV

» que j 'étais capable d'obéir à des sentiments de ran- » cune mesquine; je regrette aussi le jugement tout au » moins un peu prématuré que vous portez sur un homme » qui, on le sait en Autriche, a servi avec une égale dis- » tinction dans la diplomatie et dans l'armée !. J'ose espé- » rer que cette discordance vous décidera à laisser mes » Mémoires et ma personne en dehors du cadre de votre » activité de publiciste. En tout cas je vous prie d'accor- » der toute votre attention à ce fait que ceux qui atten- » dent de moi un « livre à sensation » dans le sens mo- » derne du mot, éprouveront un jour une complète » déception. Mais ce jour est encore éloigné, car il s'agit » d'un travail considérable et consciencieux.

» Agréez mes sentiments très distingués de haute » estime.

» Votre tout dévoué,

» Beust. »

Je ne fus pas ému outre mesure par cette lettre, malgré la dureté apparente de certaines phrases. Je répondis aussitôt à mon très éminent correspondant, que, si j'avais commis des erreurs de fait, je le priais de les excuser, mais que je tenais mes renseignements de personnes méritant toute confiance. Je déclarai, ce qui d'ailleurs était littéralement vrai, qu'ayant agi en vertu de mes inspirations propres, j'étais seul et entièrement responsable des appréciations de l'article de l'Evénement,

Page 1