COMTE DE BEUST
CHxVPITRE PREMIER
Débuts dans la vie et dans ma carrière. — La bataille de Leipzig. — L'époque française en Saxe. — Le roi Frédéric-Auguste. — L'Université de Gœttiague. — Mon intention de devenir professeur, et mon entrée dans le service diplomatique. — Le fils ingrat de la Révolution.
Par quelle partie de mon existence et de mes actions le récit de mes souvenirs doit-il commencer ? Je me suis posé cette question plus d'une fois avant d'y répondre d'une manière décisive. La période la plus importante de ma vie est, à tous égards, l'espace de cinq années pendant lesquelles j'ai eu l'honneur d'être chancelier de l'empire d'Autriche. J'y consacrai donc avant tout, dès que j'en eus le loisir, et mon attention et ma plume. Dans le cours de ce travail, je constatai cependant qu'auparavant ma longue carrière ministérielle en Saxe n'of-
frait pas, malgré les limites étroites dans lesquelles les événements l'avaient placée, un champ moins riche en expériences instructives et en intéressants événements, en ce sens notamment que ces expériences et ces événements n'étaient pas restés sans influence sur les faits qui précédèrent en Autriche mon entrée au pouvoir. Je me suis donc décidé à élargir le cadre de cet ouvrage et à raconter ma vie aussi complètement que possible et dès ses débuts.
Avant de parler du moment où je vis le jour, et où il nr arriva quelque chose de particulier, qu'il me soit permis de consacrer quelques mots à la famille à laquelle j'appartiens. Je n'ai jamais fait mon étude favorite ni de généalogie ni d'histoire de famille ; mais, quand la destinée veut qu'on soit souvent nommé, le? biographes ne manquent pas, et ceux-ci m'ont rendu attentif à quelques dates dignes d'être mentionnées ou demandant à être rectifiées. Je constaterai à ce propos que la très ancienne race des Beust est originaire des Marches du Brandebourg, où la maison patrimoniale de mes ancêtres, Buste, doit s'être trouvée non loin de Schônhausen. Une autre version de l'histoire de ma famille indique, à ce sujet, le Nord hohcnzollernois de l'Allemagne. Lorsque à ma sortie de l'Université, je sollicitai une charge de chambellan royal, il me fallut produire un arbre généalogique avec seize quartiers de noblesse. Le mien en présentait soixante-quatre, et en cette circonstance, je remarquai à l'une des branches un écu sans descendance, mais avec une mitre d'évêque. Un de mes arrière-grandsoncles avait été évèque de Havelberg, au quinzième siècle.
Mon arrière-grand-père fut, comme ministre danois, élevé au rang de baron, tandis que son frère cadet, chambellan à la Cour électorale du Palatinat, acquit à Vienne la dignité de comte de l'Empire, avec cette remarque au diplôme que plusieurs &d ses aïeux avaient bien mérité de l'auguste maison d'Autriche, quatre Beust étaient tombés du côté autrichien à la bataille de Muhldorf, en 1322; un Beust avait servi avec distinction sous Montecuculli, et un autre avait coopéré à la délivrance de Vienne en 1G83. C'est ainsi que mes rapports avec la Prusse et le service autrichien, se trouvent reliés à des temps déjà bien reculés. L'arrière-petit-fils du nouveaubaron fut ingrat envers la couronne danoise, car, comme l'on sait, c'est moi qui, appelé à la Conférence de Londres de 1864, m'élevai le plus énergiquement contre le Danemark.
J'ai dit plus haut qu'il m'est arrivé quelque chose de particulier le jour de ma naissance. On fit de moi un ivrogne, voici comment : de tout temps j'ai eu la mauvaise habitude de me l'aire attendre; ce jour-là ce fut la première fois ; j'étais en retard; enfin, quand l'événement fut accompli, mon père, dans sa joie, fit présent à la nourriced'unedouzainedebouteilles du plus vieux vin du Rhin, du vin de 1683. La nourrice slave, ne parlait pas l'allemand et comprit mal l'emploi du cadeau, si mal qu'elle versa les dix bouteilles dans une petite baignoire et m'y baigna.
Les Slaves en Autriche m'ont attribué un mot que je n'ai jamais prononcé : « il faut les écraser contre le mur ] » ; je
1. Voici l'origine de ce mot : l'ancien ministre, plus tard gouverneur de la Galicie, le comte Goluchowski, avait l'habitude de s'entretenir avec moi en
n'eusse cependant fait qu'user de représailles pour le dommage que l'élément slave a failli me causer le jour de ma naissance. Peut-être ai- je dû, comme on me l'a souvent affirmé, moninaltérablebonne humeur à cette immersion dans le vieux vin du Rhin, mais tout d'abord l'action physique l'ut extrêmement préjudiciable. D'abord un sommeil continu de vingt-quatre heures fit craindre pour la vie de l'enfant, plus tard mon état de surexcitation fut tel que, dans les premières années, je refusai toute nourriture substantielle. Cet état, dont je ne devins maitre qu'avec le temps, me fit, parait-il, la réputation d'un enfant insupportable. Je me rappelle encore aujourd'hui la frayeur de mes parents le jour où mon frère et moi, déjà âgé de quelques années, fûmes pesés et que je n'atteignis que dix-huit livres. Je ne suis jamais devenu bien gros et j'ai longtemps eu l'air maladif *. Or, tandis que tous mes camarades d'école et d'université, sauf deux ou trois, reposent depuis de longues années dans la tombe, j'ai atteint 77 ans sans avoir rien perdu de mon élasticité physique et intellectuelle bien que n'ayant pas mené une vie calme et contemplative. Je dois ces avantages à la juste mesure que j'ai su observer dans la vie politique comme dans mon existence privée.
langue française. 11 est dû. à ses efforts qu'après mon entrée à la présidence du ministère, en 1867, la diète provinciale de Galicie vota sans restriction pour le parlement. A celte époque j'avais dit au comte Goluchowski : « Si cela se fait, les SLves sont mis au pied du mur », expression bien différente de celle qui m'a été prêtée.
1. Encore en 1845, une compagnie d'assurances sur la vie, à laquelle j'ai depuis payé quarante fois la prime annuelle, fit des difficultés pour m'admettre.
Peut-être que les suites de mon baptême à la Bacchus eussent été plus funestes si, peu de temps après ma naissance, mes parents n'avaient quitté Dresde pour aller habiter la campagne hiver et été, dans une propriété près de Leipzig qui appartenait à mon père, et où ma mère, fille du ministre M. de Carlowitz. femme éminemment distinguée et d'un rare savoir, dirigea l'éducation des enfants, assistée par notre précepteur, un excellent homme, le stagiaire en théologie Sturz. Sa sœur avait épousé e général de Langenau, qui, en 1813, avait passé de la Saxe en Autriche. Je dois encore aujourd'hui à ce changement de résidence le souvenir vivace d'un grand événement historique, de la bataille de Leipzig. J'étais alors dans ma cinquième année.
Comme l'on sait, la bataille dura du 16 au 18 octobre. Ces journées sont restées gravées dans mon esprit. Le samedi, 10, le prince de Sclrwarzemberg ouvrit une canonnade tout près de notre maison, canonnade qui fit éclater toutes les vitres. En attendant, je me familiarisai vite avec la bataille, parce qu'on nous avait annoncé que nous n'aurions pas déclasse. Le lendemain, dimanche, je jouais dans la cour lorsque tout à coup deux officiers à cheval parurent. Mes parents, qui étaient à l'église avec mes frères, furent appelés en toute hâte. C'étaient des officiers russes qui venaient, non pas pour prendre logement, pis que cela, pour réquisitionner tout ce qui se trouvait dans les écuries ; les meilleurs chevaux, les vaches et les moutons furent emmenés de force. Je vois encore les servantes en larmes au moment où elles durent faire sortir les vaches de l'étable. La cour était remplie de gens armés; on
nous avait conduits dans une mansarde, d'où nous vîmes Jes Baskirs lancer leurs flèches contre les fenêtres. Il m'est encore resté un souvenir du troisième jour, jour décisif : un officier prussien entra, embrassa mon père et lui dit: « Le roi a passé de notre côté. » Les troupes saxonnes seules avaient passé à l'ennemi, trop tard pour le roi, trop tôt pour elles-mêmes. Ceci réveille quelques souvenirs historiques, dont j'ai saisi plus tard seulement l'importauce. Cette défection pendant la bataille a été justement condamnée au point de vue militaire. 11 m'est permis de dire qu'elle s'est produite « trop tôt » parce que la destinée réservée à la Saxe restait la même, soit que l'armée fût licenciée après la bataille, soit qu'elle passât à l'ennemi. Ceux qui ont cru sauver le roi en conduisant ses troupes aux alliés se sont trompés. — Déjà avant la perte de la bataille les sentiments anti-français s'étaient énergiquement manifestés dans la population si peu démonstrative alors. La reine dit à Xapoléon lors de son arrivée à Leipzig : « Vous nous avez fait perdre ce que nous avions de plus précieux, l'amour de nos sujets ». On a souvent prétendu, que l'on a été très français en Saxe sous le régime napoléonien. 11 y a eu, comme cela arrive toujours à une pareille époque, un parti français ; mais dans le peuple et dans la bourgeoisie, comme parmi l'aristocratie, on était en général antipathique à Tordre des choses. Les manières cavalières de l'empereur des Français y avaient beaucoup contribué. Ma grand'mère madame de Carlowitz, qui avait passé la moitié de sa vie à la cour, pouvait en conter long sur ce suJ3t, je l'ai entendue rapporter par exemple, que lors de son
passage à Dresde, en 1807, Napoléon, qui n'aimait pas perdre son temps à table, dit au premier chambellan après le troisième service : « Faites servir les glaces ». Et il était assis à côté de la reine qui donnait le diner! Quand les dames lui étaient présentées, il leur adressait cette invariable question : « Avcz-vous des enfants ? des garçons ? faites-en des soldats! des filles ? donnez-les à des braves militaires ». Ma grand'mère pouvait encore parler d'une autre époque. Napoléon n'était plus maître de la France et il y avait un roi qui s'appelait Louis XVIII. Obligée de jouer à l'hombre avec Fouché, ma grand'mère crut voir du sang aux doigts de son partenaire. Aujourd'hui que l'on critique, tantôt avec raison, tantôt à tort les bévues républicaines, il n'est pas sans intérêt de rappeler que Louis XYIII envoya à la cour de Dresde un ambassadeur, qui avait voté peur la mort de Louis XVJ, dont la mère était princesse de Saxe. Ce n'était pas d'une exquise délicatesse.
Quant à l'armée, pour laquelle les maréchaux de France avaient de meilleurs procédés que leur seigneur et maître, il se peut que pendant un certain temps ses sentiments fussent acquis à la France. Dans les guerres de 1809 et de 1812, les troupes saxonnes avaient eu l'avantage de combattre avec distinction aux côtés d'une armée triomphante, ce qui ne leur était pas arrivé à Iéna. — Malgré tout, l'armée ne resta pas inaccessible au courant allemand, comme l'avait déjà prouvé la retraite de Thielman et de Langenau; avec l'année 1813, ce courant ne fit que gagner en force, le séjour prolongé du roi à Prague et sa jonction espérée avec l'Autriche fai-
saient prévoir que les choses prendraient une tournure différente.
Nous avions comme voisin de campagne M. le comte de Senfft-Pilsach, autrefois, ambassadeur de Saxe à Paris, pendant les premières années de l'empire, plus tard ministre saxon. Quand vint l'année 1813, il fut tout à fait partisan de l'alliance avec l'Autriche, et se rendit en compagnie du roi à Prague lorsque Napoléon vainquit à Lutzen. Le roi rentra à Dresde, mais Senfft donna sa démission, entra au service autrichien et fut ambassadeur de cette puissance à Turin, puis à la Haye et finalement à Munich. C'est là que nous nous vîmes après 1840 , lorsque j'y fus en qualité de chargé d'affaires de Saxe. Ma mère avait été l'amie intime de feu sa femme, et il est bien compréhensible que nous parlions souvent des temps passés. Lorsqu'une fois j'émis avec vivacité l'opinion que le roi avait eu tort d'écouter les conseils de ceux qui l'engagèrent à retourner à Dresde, Senfft me répondit: « Ne jugez pas le roi trop sévèrement. ; si la bataille de Kulm avait été perdue pour les alliés, — ce qui aurait pu facilement arriver sans la faute bien connue commise par Vandamme, et sans les crampes de la vessie, moins connues, qui atteignirent Napoléon après la bataille de Dresde et le rendirent pendant des heures incapable de prononcer une parole, — il aurait pu se faire que le lendemain on eût traité de la paix ».
La signification de ces mois de Senfft est confirmée par un passage des Mémoires du général de Gersdorf relatif aux événements de 1813, Mémoires sur lesquels je reviendrai plus
MEMOIRES DU COMTE DE BEUSÏ il
tard. Napoléon, après la bataille de Dresde, avait donné ordre de diriger une forte colonne sur Nollendorf à la suite de Vandamme, puis tout à coup il donne contre-ordre en faisant diriger cette colonne dans la direction de Grossenhain. Bien plus tard, dans des temps récents seulement, j'appris que Sentît avait laissé des Mémoires. Ils parurent en i8G3, à Leipzig, chezVeik et Cie. En les lisant on se rend compte que le jugement porté sur le malheureux roi Frédéric-Auguste fut par trop sévère. 11 ressort des relations de Senfft — et Senfît était certainement un très bon Autrichien — qu'à Vienne on avait dissuadé le roi de rompre trop brusquement avec Napoléon, qu'on eût plutôt désiré de sa part une politique dilatoire, et que les ouvertures faites à la Russie et à la Prusse ne furent même pas prises en considération. Le roi de Saxe, placé dans une position difficile, dut reconnaître que les destins de son pays étaient fixés et qu'il avait beaucoup plus à attendre de la victoire de son allié l'empereur des Français que du triomphe de la Coalition. Ce ne fut pas là cependant le motif qui détermina la conduite du roi, dont le cœur était plein d'affection pour ses sujets, il l'a montré pendant son règne.
Dans le troisième volume récemment paru de son histoire d'Allemagne, Henri de Treitschke fait la remarque suivante : « Le roi, dit-il, était retourné à Dresde sans y avoir été appelé, son retour pouvait être considéré comme un acte de déférence envers Napoléon. »
L'historien allemand invoque, à titre de témoignage, un mémoire du général de Gersdorff qui précéda le roi à Dresde
et qui fut adressé aux ministres faisant partie du congrès de Vienne. Je connais ce mémoire et le passage cité par M. de Treitschke s'y trouve. Seulement pour donner à cette citation son sens véritable, il ne faut pas l'isoler, mais au contraire la rattacher au reste du rapport. Cette pièce si on la lit attentivement concorde d'une façon remarquable avec les mémoires de M. de Senfft. Le roi craignait de voir son pays traité en terre ennemie par une armée qui l'occupait déjà, et d'autre part quelle garantie avait-il que les alliés victorieux lui rendraient sa couronne? Dans ces circonstances, il crut devoir aller là où l'appelait la volonté de la providence au milieu de ses sujets. L'espoir qui paraitra peut-être exagéré que nourrissait le roi de servir non seulement sa propre cause, mais d'obtenir aussi de meilleures conditions en faveur des souverains allemands à la conclusion de la paix; cet espoir avait cependant sa raison d'être. Ayant pris son parti, il était de l'intérêt et delà dignité du roi de paraître retourner à Dresde de son plein gré. Aussi il se hâta d'y envoyer le général Gersdorff en lui prescrivant de déclarer que le roi n'obéissait à aucune pression et de protester contre toute supposition semblable. C'est là ce qui résulte du mémoire de M. de Gersdorff.
Notre propriété de Zôpen fut vendue en 1819 et nous retournâmes à Dresde, où un grand malheur nous frappa : mon frère aîné, élève de l'académie militaire qui se préparait à passer l'examen d'officier d'artillerie, mourut ^subitement. En 1822, j'entrai à l'école delà Croix et la quittai en 1826 comme élève de la classe supérieure. Mon frère qui avait fréquenté
l'école des Mines à Freiberg, dut aller à l'Université de Goettingue, où à cette époque se trouvaient des professeurs hors ligne à l'endroit de sa spécialité; et c'est pour cela que très jeune encore, attendu que je n'avais que dix-sept ans, je commençai mes travaux universitaires. La célèbre université (Georgia-Augusta) était alors dans sa plus haute floraison • quinze cents étudiants dont huit cents étrangers, c'est-à-dire non hanovriens, y étaient inscrits. Je fréquentai les cours de Hugo pour le droit romain, ceux d'Eichhorn pour le droit allemand, ceux de Heeren pour la politique et ceuxdeBlumenback pour l'histoire naturelle. Je puis le dire, je fus un étudiant zélé pendant mon année d'études à Gœttingue; chaque jour j'y fréquentais les cours, et, en sortant, je répétais les leçons et revoyais les notes que j'avais prises assidûment. Cette année de Gœttingue eut une influence décisive sur mon tempérament politique, j'y ai acquis les opinions libérales auxquelles je suis très fidèle. Au bout d'un an, je quittai Gœttingue pour rentrer à l'université de Leipzig. Ma première année ne ressembla pas à celle de Gœttingue. Je fréquentai la salle d'armes et la taverne plus régulièrement que les cours, ce qui un jour fit dire à l'un de mes collègues de l'association à laquelle j'appartenais : « Beust devient véritablement un bon garçon », ce qui signifie tout simplement que j'étais devenu un fort mauvais sujet. En attendant, la troisième année me fit regagner le temps perdu. De concert avec mon frère nous avions organisé notre journée de telle façon que le répétiteur arrivait à six heures du matin, et qu'à partir de cette heure, nous consacrions à l'étude tout
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notre temps jusqu'à dix heures du soir, à l'exception de deux heures que nous donnions aux repas et à la promenade. Après cette année, nous passâmes tous deux notre examen à la faculté de droit; nous fûmes admis avec d'excellentes notes.
Mon année universitaire à Goettingue avait fait naître en moi — grâce surtout aux spirituelles dissertations deSartorius à propos de politique — l'idée de me vouer à la carrière diplomatique, et c'est dans l'intention de la mettre à exécution que je me rendis à Dresde. Mais là je rencontrai de grandes difficultés. Le minisire tout-puissant d'alors, le comte Einsiedel, ne m'était pas favorable, et, découragé dans mes plans, je voulus aborder une carrière tout opposée. La société de Leipzig me plaisait, celle de Dresde ne me convenait guère; et c'est ainsi que je pris la résolution, de retourner à Leipzig et d'y rechercher, à l'Université, un emploi de professeur — carrière dans laquelle mon excellente mémoire m'eut rendu de grands services. Mais tout à coup la révolution de Juillet «'data, elle fut suivie en Saxe par un mouvement qui entraîna la chute du ministre tout-puissant. Peu après, il me fut permis de faire mon surnumérariat dans le nouveau ministère.
De même que je dois à la révolution de Juillet mon entrée dans l'administration, de même la révolution de Février me fraya la route du pouvoir. Lorsque vinrent les temps de la " réaction, — j'en parlerai plus tard, — quelqu'un fit la remarque qu'on pouvait dire de moi comme de Napoléon Ier, que j'étais un « fils ingrat de la Révolution. »