CHAPITRE XIX
La guerre d'Italie (suite). — Les chambres saxonnes. — Note en réponse au prince Gortschakoff. — Visite à Vienne. — La conférence de Wurzbourg. — La fête de Schiller.
Aussitôt après mon retour, les chambres saxonnes se réunirent en session extraordinaire. On ne se fait aucune idée de l'opinion sympathique à l'Autriche, qui régnait à ce moment dans la presse et dans les corps constitués. Elle ne se manifestait pas seulement au sein de la première chambre, — ce qui se comprenait facilement, — mais au milieu de la seconde, et je n'oublie pas en quels termes son président stigmatisa la « mission civilisatrice » de Napoléon. Mon attitude parut presque trop timide. Je ne me suis jamais bien expliqué pourquoi, alors qu'on parlait à Vienne de concentrer des troupes, — et des troupes autrichiennes, — sur le Rhin, l'Autriche ne réclama pas l'assistance fédérale dès que la France se fut résolue à la guerre. Sans doute on tenait compte de la Prusse ;
on eût dû le faire autrement et plus tôt. Je ne sais si l'on était exactement informé à Vienne, mais on devait y savoir à coup sûr que l'on ne pouvait pas compter sur une initiative favorable de la part de la Prusse. Si l'Autriche avait demandé à la diète d'intervenir, la majorité se serait prononcée affirmativement et personne ne se serait opposé à ce que le vote reçût pleine et entière exécution. Et pourtant c'était l'époque des « misères du Bundestag « du parlicularis?ne grotesque » que les journaux de Vienne aiment tant à tourner en ridicule. Dans un discours prononcé à la première chambre je disais ceci:
« On a fait remarquer à différentes reprises que les Etats moyens de l'Allemagne étaient devenus terriblement agressifs pendant ces derniers temps; pendant la guerre d'Orient, dit-on, la Confédération a gardé une attitude plus modérée. Elle a écarté d'une façon presque craintive toutes les propositions qui auraient pu l'engager dans la guerre; elle s'est complue dans un rôle passif et tout expectant. Eh bien! cette inconséquence que l'on reproche aux États moyens est purerement imaginaire. Au contraire pendant la guerre d'Orient la Confédération est allée plus loin qu'elle n'a le désir d'aller aujourd'hui.
De quoi s'agissait-il donc alors ? De l'attitude de l'Allemagne en présence d'une guerre entre la Russie et la Turquie, c'est-àdire deux puissances étrangères à la Confédération, l'intégrité de la monarchie autrichienne n'était pas menacée par la Russie ni par des paroles, ni par des actes, ni par des manifestes ou des projets. Et malgré cela, la Diète fédérale a voté une réso-
lution garantissant à l'Autriche ses possessions non allemandes et déclarant que toute attaque dirigée contre ces possessions serait considérée comme une atteinte à la Confédération.
Et maintenant qu'il s'agit de ravir à l'Autriche une de ses provinces on trouve que nous sommes agressifs parce que nous déclarons qu'il est temps d'intervenir en faveur de l'Autriche. L'attitude des États moyens est toujours restée logique et conforme aux précédents. La confédération germanique a été créée dans un caractère défensif, mais pendant la guerre d'Orient ce caractère défensif a été interprété dans le sens le plus large. Xous désirons faire prévaloir cette même interprétation aujourdhui.
La question (envoi d'un corps d'observation fédéral sur le Rhin) est soumise aux délibérations du comité. Elle sera certainement résolue d'un commun accord. Les Etats moyens et les autres également, car à très peu d'exceptions tous les gouvernements allemands sont du même avis, ne s'entêteront pas à réclamer le corps d'observation comme étant le seul et unique moyen d'intervenir au nom de la Diète, si on leur soumet un mode de procéder différent mais tendant au même but, ils l'examineront sans parti-pris. Mais aucune considération, rien de ce qui ressemblerait à un veto n'empêchera les gouvernements et le gouvernement de la Saxe en particulier, de voter à la Diète selon leur conscience et leur conviction. La Chambre m'approuvera, j'en suis certain. »
A la fin de mon discours, où j'affirmai que notre action n'avait porté préjudice ni à l'unité allemande ni à la cause
germanique, je m'élevai contre les insinuations de certains journaux relativement à mon dernier voyage à l'Etranger. Je n'ai nullement eu l'intention déparier et d'agir à l'insu de certains gouvernements allemands et surtout du gouvernement prussien. J'ai rendu compte de toutes mes démarches au cabinet de Berlin et je l'ai fait à dessein. C'est m'accuser injustement que de prétendre que j'ai voulu représenter les Etats moyens seuls en face de l'Etranger.
Dans ce même discours je relevai un reproche qui m'avait été adressé : d'avoir longtemps été du parti de la France contre l'Autriche et d'avoir tout à coup changé d'avis.
« Je sais, dis-je, que ce sont des articles du Journal de Dresde, organe du gouvernement qui ont fait naître ces accusations. La chose est trop importante pour que je ne consacre pas quelques mots à justifier le gouvernement. Il y a quelques articles du Journal de Dresde qui ont donné lieu à des malentendus regrettables. Ces articles ont été inspirés par un sentiment qui aurait peut-ôtre empêché le conflit actuel d'éclater. La Presse allemande a eu le grand tort d'attribuer dès le début au gouvernement français des intentions qui ne se sont manifestées que plus tard; elle a eu le tor t d'attaquer avec véhémence le gouvernement français alors qu'aucun acte, aucune parole ne justifiait tant d'hostilité. Cette attitude a pu, il est vrai, soulever l'opinion publique d'Allemagne contre la France ; mais en revanche on a pu persuader le public français que ce mouvement de l'opinion n'était pas sincère et qu'il avait été commandé par une puissance, l'Autriche, qui avait intérêt à exciter les passions
allemandes contre la France. En procédant ainsi, la Presse a enlevé au mouvement national allemand une bonne partie de son prestige et l'a empêché de produire à l'étranger tout l'effet qu'on devait en espérer. Le Journal de Dresde s'est tenu d'abord sur la réserve, c'est maintenant seulement en présence des faits qu'il combat avec vigueur la conduite du gouvernement français. Si tous les journaux avaient adopté la ligne de conduite du Journal de Dresde, l'impression causée sur la France par le mouvement national en Allemagne eut été plus forte et beaucoup plus efficace. »
Je n'ai point à raconter ici quel cours prit la guerre et ce que fut la paix. En revanche je dois rappeler ici une dépêche que j'adressai au prince Gortschakoff en réponse à des remontrances impérieuses qu'il avait fait parvenir aux gouvernements allemands, et relatives à la nature de l'alliance qui les unissait.
« Le prince Volkonsky, » écrivai-je, « m'a donné lecture d'une dépêche que lui a adressée M. le prince Gortchakow, à l'effet de constater l'attitude du gouvernement impérial en présence des complications survenues en Italie et de la guerre qui en est résultée, ainsi que la manière dont le cabinet de Saint-Pétersbourg croit devoir juger la position des gouvernements d'Allemagne au milieu de ces mêmes événements.
» Le gouvernement du roi, mettant une confiance entière dans les sentiments nobles et élevés de S. M. l'empereur de toutes les Russies, n'a aucun doute sur le caractère bienveillant et équitable des dispositions dont le gouvernement de
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S. M. Impériale est animée envers l'Allemagne et les différents gouvernements de la Confédération germanique ; ce n'est donc qu!avec reconnaissance que nous avons pu accueillir cette importante communication, et je vous prie, monsieur, de vous en faire l'interprète auprès de M. le prince Gortchakow.
» Xous croyons donner au gouvernement impérial la meilleure preuve de la sincérité de ces mêmes sentiments en répondant avec une égale franchise aux différentes observations qui viennent de nous être faites.
» La dépèche de M. le prince Gortchakow se divise en deux parties distinctes. La première, qui est rétrospective, passe en revue les négociations qui ont précédé le commencement des hostilités, et rappelle le congrès proposé par la Russie pour les empêcher; la seconde, qui s'occupe du présent et de l'avenir, s'applique de préférence à faire ressortir les vues du gouvernement impérial sur la tâche réservée aujourd'hui à la Confédération germanique.
» Quant à la première, M. le prince Gortchakow saura apprécier les considérations qui nous engagent à mettre une certaine réserve à en aborder le sujet. Il n'en trouvera pas moins excusable qu'un Gouvernement allemand se permette de ne pas partager le jugement sévère infligé à la conduite du Gouvernement autrichien, lequel, suivant les développements de la dépêche de M. le prince Gortchakow, serait seul responsable des calamités de la guerre. Le Gouvernement du Roi a rendu dans le temps pleine justice aux efforts tentés par le Cabinet de Saint-Pétersbourg pour la prévenir par un congrès
européen. Mais à moins de manquer à tout devoir d'impartialité envers un gouvernement confédéré, il nous serait impossible de nous arrêter à l'épisode du congrès représentant une phase, et non l'ensemble des faits qui ont précédé et amené la guerre, au lieu de nous reporter à l'origine des complications qui ont fini par la faire éclater; et alors nous ne saurions oublier que le Gouvernement autrichien n'ayant rien fait qui put donner ombrage, ni à ses voisins, ni à une puissance quelconque en Europe, fût inquiété d'abord, et menacé ensuite dans le paisible exercice de ses droits de souveraineté. Il nous est difficile encore de ne pas nous convaincre que, si de pareilles entreprises, au lieu de rencontrer des sympathies avaient encouru le blâme non équivoque de l'Europe, le fléau de la guerre eût été très probablement épargné à l'humanité avant môme que la question de congrès ne fût posée.
» Nous serons plus explicites sur les questions qui se ratta chent à la position et à l'attitude des gouvernements allemands. Ici nous avons une mission à remplir, et nous devons de sincères remerciements à M. le Prince Gortchakow de nous avoir fourni l'occasion d'entrer dans quelques explications propres à éclairer les Gouvernements étrangers sur ce qui se passe aujourd'hui en Allemagne.
» La dépêche de M. le Ministre des affaires étrangères de Russie témoigne des regrets au sujet de l'excitation se manifestant dans quelques parties de l'Allemagne; elle exprime la crainte que cette agitation n'ait sa source dans un malentendu, et ce malentendu elle le trouve dans la tendance de quelques
Etats de la Confédération Germanique à se préoccuper d'un danger imaginaire, et à en faire naître de très réels, non seulement en ne résistant pas à des passions dont le développement pourrait mettre en péril la sécurité et la force intérieure des Gouvernements, mais encore en fournissant des griefs sérieux à un Etat voisin et puissant, au moment même où ils en reçoivent des déclarations rassurantes.
» Il y a ici évidemment un malentendu, mais ce n'est pas du côté des Gouvernements allemands qu'il faudrait le chercher.
» Monsieur le Prince Gortchakow veut bien nous rappeler plus loin que la Confédération est une combinaison purement et exclusivement défensive, et que, si aujourd'hui elle se portait à des actes hostiles envers la France, elle aurait faussé le but de son institution et méconnu l'esprit des traités qui ont consacré son existence.
» A ce sujet nous devons commencer par faire une légère réserve. Sans vouloir examiner jusqu'à quel point le mot de combinaison peut s'appliquer à une union d'Etats indépendants reconnue indissoluble, et comptant parmi ses membres deux grandes puissances européennes, nous nous permettrons de relever que la Confédération germanique, par son organisation, a en effet un caractère principalement et essentiellement défensif, mais qu'on ne saurait prétendre qu'elle est une combinaison exclusivement défensive. Les traités sur la base desquels elle est entrée dans le droit public européen — je me sers des propres paroles de M. le Prince Gortchakow — et auxquels la Russie a apposé sa signature lui reconnaissent le droit de paix
et de guerre. Les Etats allemands se sont toujours montrés très jaloux de se conformer aux lois fondamentales qui régissent la Confédération, et de ne pas s'en écarter, mais par cela même ils peuvent prétendre à les conserver intactes.
» Nous prions cependant monsieur le Prince Gortchakow de ne pas perdre de vue que dans notre pensée il ne s'agit en aucune façon de méconnaître ce caractère défensif par excellence, ni de sortir du cercle des dispositionsdéfensivesquisetrouvent dans les lois fondamentales.
» L'article 47 de l'acte final de Vienne, et dont il a été question trop souvent dans ces derniers temps, pour qu'il soit nécessaire d'en citerle texte, a prévu l'éventualité qui se présente aujourd'hui comme faitaccompli, et pour queles Gouvernements allemands songent à remplir les devoirs qu'il leur impose, ils n'ont besoin ni de céder à des passions qui compromettent leur sécurité, ni de se préoccuper d'un danger à venir. Nous pourrions rappeler d'ailleurs que jusqu'ici la Confédération n'a pas encore arrêté les décisions qui sont l'objet de la sollicitude de monsieur le Prince Gortchakow,et lui inspirent des craintes pour la solidité de notre « assiette intérieure », mais loin de soulever une question d'opportunité, nous préférons lui donner une preuve de notre confiance dans les dispositions amicales du Gouvernement Impérial, en acceptant ainsi une discussion anticipée.
» Ce n'est pas pour la première fois que la Diète de Francfort
est appelée à discuter la mesure des obligations fédérales de
l'Allemagne envers les deux grandes puissances faisant partie de
la Confédération. Il n'est pas inutile de rappeler des précédents
d'assez fraîche date; ils prouveront de quelle manière on a entendu jusqu'ici son caractère défensif sans donner lieu à aucune objection de la part des grandes puissances, qui ont signé les traités, sur la base desquels l'Allemagne est entrée dans le droit public européen.
» 11 y a quelques années la Russie, à la suite d'un différend avec l'Empire Ottoman, fit occuper par ses troupes lesPrincipautés danubiennes. L'intervention des grandes puissances, ayant pour but d'amener une entente, resta infructueuse par suite du refus de la Porte ottomane d'accepter purement et simplement l'arbitrage de la conférence devienne, et ce fut alors la Turquie qui déclara la guerre àlaRussie. Elle eut pour alliés l'Angleterre et la France. A cette époque la Confédération germanique, à la proposition de l'Autriche et de la Prusse, prit une résolution portant que tout acte d'agression contre les possessions non allemandes de l'Autriche et delà Prusse, serait considéré comme équivalant à une attaque contre le territoire fédéral, et quelques mois plus tard, les troupes autrichiennes occupant les Principautés danubiennes, la Confédération amplifia la dite résolution dans ce sens qu'une attaque contre cette force armée, se trouvant donc en dehors non seulement du territoire fédéral, mais même du territoire autrichien, serait encore considérée comme agression dirigée contre la Confédération.
» Je ne sache pas que ces décisions aient provoqué des protestations ou seulement des remontrances nia Paris, nia Londres, ni même à Saint-Pétersbourg — et cependant le Gouvernement Impérial de Russie aurait certainement trouvé matière à s'y
opposer, si l'attitude delà Confédération avait été contraire aux traités.
» Mais si la Confédération est restée alors dans les limites de ses droits et de ses devoirs, pourquoi donc s'exposerait-elle aujourd'hui à fausser le but de son institution, et à méconnaître l'esprit des traités en prenant des résolutions analogues ?
» Ou bien n'existerait-il pas d'analogie entre les circonstances actuelles et celles d'alors ?
» Il y a en effet une différence à noter. Eu 1854 la confédération avait en vue l'éventualité d'une agression venant de l'est comme elle tourne aujourd'hui ses regards du côté de l'ouest. Mais à cette époque l'intervention de la diète n'avait été précédée d'aucun acte, ni d'aucune démonstration tendant à menacer le territoire autrichien ou prussien; aujourd'hui au contraire cette intervention n'a pas encore eu lieu, mais en revanche le territoire autrichien est envahi.
» Voudrait-on enfin nous objecter à Saint-Pétersbourg qu'à cette époque l'Allemagne avait plus à redouter de la Russie qu'elle n'a à craindre aujourd'hui de la France?
» La dépêche de M. le Pririce Gortchakow nous rappelle que le Gouvernement français a solennellement proclamé qu'il n'a aucune intention hostile à l'égard de l'Allemagne. Elle nous apprend en même temps que cette déclaration a été accueillie avec un assentiment empressé parla majorité des grandes Puissances.
» Nous nous souvenons également d'un manifeste proclamant l'intention de délivrer l'Italie des Alpes jusqu'à l'Adriatique.
Cette déclaration aurait-elle aussi obtenu l'assentiment empressé des grandes Puissances.
» La dépèche de M. le prince Gortchakow constate une fois de plus l'intention du Gouvernement Impérial de veillerau maintien de l'équilibre européen. Nous sommes profondément pénétrés de ce que cette manifestation a de rassurant pour l'avenir de l'Europe. Nous savons apprécier au même degré l'importance de l'intérêt que le Gouvernement Impérial déclare attacher à l'intégrité de l'Allemagne. Nous aimons de plus à nous persuader que, si la Russie en faveur de l'Allemagne a supporté des sacrifices, elle ne les regrette pas, car, ainsi que nous le dit la dépêche de M. le Prince Gortchakow, la Russie ne s'inspire que de ses intérêts, et il s'est présenté telles circonstances, où la Russie à son tour a eu à se louer de l'Allemagne guidée également par les inspirations de ses propres intérêts. L'Allemagne'aujourd'hui ne demande pas des sacrifices, elle ne réclame que son indépendance dans l'accomplissement de ses devoirs fédéraux.
» En parlant ainsi nous n'avons pas la prétention de prendre la parole au nom de l'Allemagne. Mais lorsqu'il s'agit des affaires fédérales et du maintien des droits aussi bien que des obligations de la Confédération, nous croyons chacun des Gouvernements allemands appelé à élever sa voix, et nous ne craignons pas, pour notre part, d'être démentis par nos Confédérés.
» Veuillez donnerlecturedela présente dépêche à M. le prince Gortchakow. »
Je reçus de plusieurs côtés des lettres de félicitations et de remerciments, — mais rien de Vienne.
Je ne pris point la chose trop à cœur, puisque en septembre je me trouvais dans cette capitale. Je n'oublierai jamais quel douloureux sentiment s'empara de moi, quand j'entendis de mon hôtel la musique d'un régiment qui passait jouer la marche de Radetzki qui en des temps plus heureux me causait tant de plaisir l.
J'eus avec le comte Rechberg, qui était maintenant à la tète du ministère, des entretiens fréquents au cours desquels je m'efforçai de lui prouver que l'entente étroite entre l'Autriche et les Etats moyens allemands du centre pourrait avoir d'utiles résultats. Par malheur, on n'en a jamais été bien convaincu à Vienne.
Cependant la conférence des Etats moyens venait de se réunir à Wùrzbourg. Elle^discuta certaines questions relatives à la Confédération. Elle n'eut d'ailleurs qu'à se louer des dispositions de l'Autriche à son égard.
D'autre part, l'Allemagne entière s'unissait pour célébrer le centenaire de Schiller. Cettre fête eut lieu à Dresde avec éclat, et sans que la politique s'en mêlât autant qu'ailleurs. Le discours que je prononçai, à cette occasion, au banquet donné
1 . Après les défaites en Italie, le cabinet clérical Buol-Bach-Thim s'était effondré à Vienne. Le ministre des finances baron de Bruck s'était coupé la gorge. En attendant l'avènement d'un ministre parlementaire l'expédition des affaires avait été confiée à des diplomates et hauts fonctionnaires. Le comte Rechberg, ancien président de la Diète, ministre des affaires étrangères, était le plus important et le plus connu de ces personnages (F. K.-A.)
dans les salons de la société d'harmonie, fit une excellente impression. Il m'attira de la part de la Gazette de la Croix, des éloges auxquels je ne m'attendais guère. Et je vois que, somme toute, après vingt-cinq ans écoulés, je puis maintenir ce que je disais alors.