‹ Trois quarts de siècle (volume 2)Chapitre 6 sur 71 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

sérieux que je revendique pour mon livre en l'égayant par quelques anecdotes.

Selon Frédéric Schlegel, l'historien est le prophète du passé. Si on prenait cette assertion à la lettre, elle serait parfaitement absurde , car il est impossible de comparer celui qui prédit l'avenir à celui qui raconte le passé. Cependant le mot a une profonde signification. La parole de l'historien peut être un réveil et un avertissement, de même que celle du prophète , et en admettant qu'on l'écoute.

Gomme conclusion de ma préface, je voudrais m'expliquer parce que cela me paraît nécessaire au sujet de deux questions qui ne sont pas sans importance et qui a propos de Mémoires, ont été souvent discutées : j'entends la discrétion à observer et l'époque de la publication, et je commence par la première de ces deux questions.

Dans le « bon » vieux temps, un homme d'Etat, placé autrefois à la tête du gouvernement, pouvait vivre tranquille dans sa retraite, parce que la censure le protégeait. Aujourd'hui la presse est plus ou moins libre. Maintenant on devrait croire qu'après s'être vu enlever cette protection, l'homme d'Etat aurait le droit de se défendre, notamment dans le cas où ses actes officiels sont incontestablement dénaturés , non par ses successeurs , mais par leurs séides. Mais le secret professionnel ! Il faut se taire ! C'est

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