‹ Trois quarts de siècle (volume 2)Chapitre 62 sur 71 · Voici le texte français du télégramme · texte numérisé non relu

Voici le texte français du télégramme

Urgent télégraphier chiffres à Rouen. Roi regarde démission collective non avenue veut qu'elle reste secrète acceptera la démission de Reust déjà offerte antérieurement à moins que sa mission annoncée déjà à Rerlin ne soit agréée.

être un obstacle à l'entente avec la Prusse, il désirait se retirer. Sa Majesté n'a pas tenu compte de cette objection et elle a déclaré qu'elle voulait être assistée des conseils du soussigné dans la direction des pourparlers engagés. Sa Majesté a permis •aussi que par les raisons exposées dans une lettre au ministre de Falkenstein, le soussigné fût annoncé à Berlin oemme devant prendre personnellement part aux négociations.

» En vertu de la démarche de MM. les ministres, le soussigné s'est empressé d'offrir immédiatement sa démission. S. M. a décidé avant de l'accepter d'attendre la réponse qui doit arriver à chaque instant de Berlin. Si comme on le présume cette réponse est négative, la démission sera immédiatement offerte et acceptée.

» S. M. conserve l'intérim tel qu'il est pour les départements des affaires étrangères et de l'intérieur, se réservant de prendre une décision lorsque M. le baron de Friesen sera arrivé ici.

» Baron de Beust, ministre d'Etat. »

« Vienne iO août 1 866.

J'ajoutai le post-scriptum suivant : « Je remercie messieurs mes ■collègues de la franchise de leur communication. Mais j'espère qu'ils m'estiment assez pour croire qu'il était inutile de me rappeler ce que l'honneur et le respect de moi-même exigent au milieu des circonstances actuelles. Je répondrai avec la même franchise que j'aurais vu avec plaisir mes collègues se borner à définir la situation, cela leur aurait suffi pour atteindre le hut. Je vois dans la solidarité que l'on m'offre une preuve

d'attachement amical, mais je ne saurais l'accepter; mes devoirs envers le roi me le défendent. J'ai appris avec joie que j'étais le seul obstacle à l'entente avec la Prusse, mais je regrette que la démission collective enlève à ma démission toute la valeur qu'elle peut avoir en lui retirant le caractère de spontanéité et en donnant lieu aux commentaires malveillants. Je ne serai pas surpris de lire prochainement dans les journaux que la « commission du gouvernement a donné sa démission parce que l'on hésitait à éloigner M. de Beust sur l'heure. »

» La réponse négative n'est pas encore arrivée de Berlin, mais je l'attends. Je puis donc dès à présent prendre congé de mes collègues en exprimant le désir qu'ils consacrent longtemps encore leurs services à la maison royale. Puisse aussi l'obstacle une fois écarté, tout marcher d'une façon aussi satisfaisante que le promettait M. de Wurmb (le commissaire général prussien). Je l'espère fermement, j'espère aussi que le temps viendra où la version que M. de Beust a poussé àla guerre trouvera peu de crédules, et qu'en y réfléchissant on conviendra que malgré M. de Beust la Saxe n'a pas eu leplus mauvais rôle et que, toujours en dépit de M. de Beust, elle n'a pas été la plus maltraitée au milieu de l'écroulement général.

» Quant à la situation actuelle j'en rendrai compte à mon collègue M. de Friesen, lorsqu'il seraici, je me bornerai à signaler les faits suivants pour montrer combien l'assertion, « qu'on a laissé passer le bon moment à Nikolsburg » est dérisoire. Un aide de camp du roi de Hanovre porteur d'une lettre du Boi ne fut même pas reçu et dut remporter son message. M.dePford-

ten dut attendre deux jours avant d'être reçu par M. de Bismarck et il lui fallut se contenter d'un armistice permettant à la

Prusse d'occuper le centre de toute la Franconie; on avait

commencé par lui demander une cession de territoire, M. de

A'arnbuler n'obtint même pas l'armistice.

» Signé : Beust. »

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