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CHAPITRE XII

MoD long séjour à Pest avant le couronnement— Sur la popularité. — Fiesque à Ofen. — Les dames hongroises. — Le couronnement. — Mot magnanime de l'empereur. — Le banquet dans la salle de la Redoute. — Origine du titre de chancelier de l'Empire. — Les origines delà question dn concordat. — L*adresse des vingt-cinq évoques* et son refus. — Ma lettre au cardinal Bauscher.

En rappelant mes souvenirs il ne m'est pas possible desuivre Tordre chronologique, car si je m'astreignais à donner des comptes rendus quotidiens, les faits ne seraient pas présentés dans Tenchalnement naturel qui lesexplique. Je suis donc forcé, après être arrivé jusqu'à la fin de l'automne, pour ce qui concerne les affaires extérieures^ de revenir au [printemps de 18G7, i propos des affaires intérieures.

A cette époque, je fis plusieurs fois de longs séjours à Pcst, où Tempereur résidait souvent, et où avaient lieu des entre-

tiens avec Jes minisires hongrois au sujet de diverses que^' tions spéciales du compromis. On ne peut pas me reproche^ d'avoir jamais brigué la « popularité. » Ce reproche se réfuted^ lui-même, puisqu'on Saxe, {iendant les premières années, j'ai su braver l'impopularité, et qu'en Autriche je n'ai pas hésité i sacrifier la « popularité » des premières années» dès que le devoir et mes convictions m'ont paru l'exiger. Je raf^Uerai Tannée 1869, où, si je n'avais songé qu'à ma « popularité », il m'aurait suffi d^ me tenir à l'écart des affaires intérieures qui étaient soustraites à ma compétence, et où je me prononçai, en [tarfaite connaissance des résultats, pour que Ton se rapprochât des éléments nationaux, car cette conciliation pouvait s'opérer alors de la façon la plus étroite. Seulement j*ai toujours été d'avis, et je ne Tai jamais caché aux personnages que je servais, que, s'il ne faut pas courir après la popularité, il ne faut pas non plus la fuir. Quand on ne l'achète pas par des sacrifices de dignité et de conviction, c'est une force incontestable pour les monarques comme pour les ministres, et cette puissance s'est souvent vengée sévèrement des dédains qu'on a eus pour elle. Rien n'a autant contribué à l'affaiblissement et à la dissolution finale de la Confédération germanique que la tendance systématique à écarter tout ce qui pouvait donner à ses organes un semblant de popularité. Cette crainte fut poussée isi loin que le droit lui-même en pltit. La question de la conslitution hanovrienne, qui fut débattue de 1837 à 1840, est encore présente à ma mémoire. La plupart des ambassadeurs au Bundestag, et même les gouvernements, étaient convaincus que

la façon d'agir du gouvernemeût hanovrien était injuste, mais, comme la cause de ropposition et celle des professeui s de GôUiogen étaient populaires^ on se mit du côté du gouveroement quand même. Combien cependant une intervention énergique aurait alors relevé la Confédération dans l'opinion publique !

Que Ton me pardonne celte digression. Ce qui Ta provoquée, c'est le souvenir de ma popularité en Hongrie, d'aussi mauvais teint que ma popularité eu Autriche ^avec cette différée ce seulement que, de mon côté, je n'avais rien fait pour la perdre. Je ne Pavais pas recherchée en Hongrie; je n'avais pcs compté sur elle et elle me fut offerte spontanément. Or, je suis très impressionnable, et par conséquent très sensible à la. bienveillance.

Au commencement de mon séjour, j'habitais le « soi-disant Arsenal » en face du château d'Ofen, avec la vue sur Pest. Me trouvant une nuit sur mon balcon et contemplant la ville resplendissante de lumières, je me rappelais les mots de Fiesque :

« Sois libre. Gènes, et moi ton plus heureux citoyen ». J'étais

1. A Londres je reçus un jour la visite d'une jeune pianiste de Pest avec sa mère, une véritable fille delà Puszla. « Monsieur, vous no vous imaginohez jamais, me dit celle-ci, combien les Hongrois vous sont attachés l — Je vous en prie, lui répondis-je ; laissez-moi tranquille avec ça ! — Mais, répliqna-t-elle. Excellence, le Hongrois a un proverbe : Le Bœuf otdlle qu'il a été Veau. » (Textuel). Je ne me suis jamais plaint de l'ingratitude des Hongrois, et j'écoute toujours ceux qui m'afûrment que j'ai laissé un bon souvenir en Hongrie, quoique j'aie entendu dire une fois qu'un ministre avait réponda à la proposition, qui a été faite à mon insu, de m'accorder l'indigénat boogrois, par ces mots : « Celte idée est monsirueuso. »

resté dans le rôle, on m'avait tiré par mon manteau, et j'élaii tombé aussi dans l'eau ! Je me souviendrai toujours avec plai* sir de ma lune de miel en Hongrie. Comme les hommes, les femmes hongroises, malgré leur patriotisme, ont beaucoup de qualités cosmopolites ; elles sont pour la plupart belles et gra« cieuses. Elles avaient inventé le mot : « Il faut nous mettre toutes à ses pieds ». Cependant je n'ai aucune concession sur Qia conscience, car, lorsque j'entrai dans les salons de Pest, le compromis était chose {accomplie.

Je n'oublierai jamais la journée du couronnement. Lorsque cette cérémonie eut été accomplie à l'église de Bude, le cor-lège se rendit à Pest où devait avoir lieu la prestation de serment. Je chevauchais en avant de l'empereur, à une distance d'une vingtaine de pas, en ma qualité de doyen des Grand- Croix de Tordre de Saint-Etienne, qui m'avait été conférée longtemps avant que je ne fusse ministre d'Autriche, dès 1852. Lorsque nous eùnes franchi le pont et que nous fûmes arrivés du côté de Pest, la foule me reconnut, et, là, soudain, un : « Eljen Beust! » retentit avec tant de force que mon cheval blanc fit un bond de côté. Sur la place où eut lieu la prestation de serment, tandis que les canons tonnaient, j'eus beaucoup de peine à le maîtriser; je ne partageai pas cependant le sort de deux évoques qui se séparèrent involontairement de leurs mon« tures. A côté de la place, sur des estrades, se tenaient les membres de la Chambre Haute et de la Chambre des députés etj de ce côté aussi, sur un signe de Dcaic, retentit un bruyant « Eljen Beust ! » Ce cri se renouvela encore plus d'une fois au retour.

k la vérité, je ne désirais pas beaucoup, à cause de l'empe- Teor, ces bruyantes manifestations. Mais quelle fut ma surprise, et comme j'appris à apprécier la grandeur d'âme du mon&rque, lorsque, aussitôt après mon retour, je fus appelé au château et que l'empereur m'adressa ces paroles : « Aucun ministre autrichien n'a encore été reçu de la sorte en Hongrie. Cela m'a causé un profond plaisir i »

Je me souviens d'un épisode amusant.

Lorsque je me rendis au grand banquet de la Redoutensaal, on vieillard aux cheveux blancs se jeta à mes pieds en m'embrassant les genoux et les mains et en répétant: « Notre Père » « Ao/re Père, » Cette scène me faisait dire aux belles dames qui étaient rangées des deux côtés du grand escalier : « Voyez, mesdames, comme je suis traité chez vous t A présent, je suis le père de ce vieillard ! »

Au banquet j'étais assis entre le Prince Primat et l'archevêque Haynald. Les Hongrois sont naturellement orateurs. Aux délégations, sans comprendre la langue, j'ai pu constater que le mot propre ne leur faisait jamais défaut, qu'ils n'hésitaient jamais, qu'ils ne se reprenaient jamais. Leur débit est accompagné de beaucoup de gestes. Un Hongrois eu costume national se leva devant moi ; il me regardait fixement, et quelquefois il me montrait le poing. « — Un renseignement, je vous en prie 1 » dis-je au Prince Primat en plaisantant, « qu'ai-je fait à ce monsieur pour qu'il me menace ainsi? » — « L'orateur? Il vous porte un toast. 11 vient de

vous comparer à l'étoile du matin ! »

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Avant de quitter Pest, j'eus une longue conférence avec l'empereur pour lui proposer la nomination du comte Taaffe au poste de vice-président du Conseil. Il résulta de cette conférence que l'empereur m'accorda le titre de Chancelier de l'Empire. Ce titre répondait parfaitement à la position personnelle que les circonstances m'avaient faite, et je m'abandonnai à l'espoir d'avoir la réalité en même temps que l'apparence : je m'imaginais que le Chancelier de TEmpire pourrai? conserver son équilibre entre les deux moitiés de la monarchie. C'était une illusion. En Hongrie le mot déplut *; en Autriche le parti libéral lui fit bon accueil, parce qu'on y voyait la consolidation de ma situation personnelle, de laquelle tout paraissait dépendre en ce moment. Seulement après Tinstallalion du ministère cisloithan, le titre de chancelier devint antipathique et on en profita pour exciter la méfiance.

Je reviendrai sur ce sujet dans les chapitres suivants. Je me bornerai ici à donner une idée des attaques dont je fus l'objet, en reproduisant des paroles que j'ai prononcées au commencement de 1870, à la Chambre des Députés: « La constitution, disais-je, n'a pas prévu les attributions du Chancelier de l'Empire, mais l'opinion publique les a définies de la manière suivante : le Chancelier de l'Empire n'a pas à s'occuper des affai-

1. H est yrai que la réponse du comte Andrassy à la notification de mon nouveau titre contenait la phrase suivante : « En saluant Votre Excellence dans ce nouveau poste ayeo une joie sincère, en la priant de me conserver à l'avenir ses sentiments d'amitié, je saisis cette occasion d'assurer Votre Excellence de mon profond respect. »

MÉMOIRES DU COMTE DE BEUST {3f

res intérieures, maïs il est responsable de tout ce qui peut y survenir, »

Après notre retour à Vienne, on souleva au Reichsrath des questions épineuses. D'abord la nomination d'un ministère parlementaire, analogue à celui de Hongrie. J'avais déjà eu anentrelien à ce sujet avec Herbst pendant la session du Landtag à Prague ; il considérait cette question comme prématurée, et à Ofen j*avais remis à l'empereur un exposé de Herbst sur ce suj3t. Au Reichsrath on présenta différentes motions; en fin de compte, les explications catégoriques du goivernement furent accueillies par des applaudissements.

La question du Concordat souleva des difficultés plus sérieuses. Les débats de l'adresse à ce sujet avaient déjà eu du retentissement. Cette question fut abordée d'une manière plus précise, par voie d'interpellations. Au conseil des ministres, tenu sous la présidence de l'empereur, on décida de déclarer qu'on était prêt à ouvrir des négociations avec Rome, Le ministre Hye fut chargé de faire cette déclaration. Avant la séance, ce dernier me dit d'un ton de bonne humeur : « Tout va bien. Pratobevera est le premier orateur inscrit, et vous savez que c'est un ultramontain. » Cet ultramontain était en effet le premier orateur inscrit. Ses premiers mots furent : » Le concordat, cette plaie au corps du peuple autrichien ».

La déclaration du gouvernement fut accueillie avec une défaveur marquée. On tenta néanmoins de négocier avec Rome. Je proposai à l'empereur de faire venir le baron Hûbner, alors ambassadeur près du Saint-Siège. L'empereur y consentit, en

ajoutant avec bienveillance pour moi que le séjour de Tambassadeur ici ne dépasserait pas le temps strictement nécessaire.

Pendant ce temps l'agitation grandissait toujours. C'est alors que parut la fameuse adresse des vingt-cinq évéques à Tempereur.

Le ton provocateur du document épiscopal ne permettait pas à l'empereur et au gouvernement de l'ignorer. Le ministre Hye nous présenta un projet de réponse dans lequel la question était étudiée à fond, comme on pouvait s'y attendre de la part d'un jurisconsulte aussi éminent, mais qui avait l'inconvénient d'être trop long et, par suite, inefficace. Je demandai la permission de me retirer dans mon cabinet, et, au bout d*un quart d'heure, je reparus avec un projet qui obtint l'assentiment général et qui fut ratifié par Sa Majesté bien plus facilement que je ne l'avais espéré.

Je lui en donnai lecture le lendemain à Schœbrunn, en lui demandant l'autorisation, qu'il accorda immédiatement, de le faire insérer dans la Wiener Zeitung,

Le hasard a peut-être joué un grand rôle dans cette affaire, et je ne veux pas répondre à cette question : que, dans le cas où j'aurais présenté mon rapport quelques heures plus tut, l'autorisation impériale aurait été accordée tout de suite. Mais avant que j'eusse eu connaissance de l'adresse épiscopalc, je recevais du cardinal Rauscher une lettre très violente dans laquelle il se plaignait de l'attitude des autorités vis-à-vis de l'agitation pour le Concordat. Ma réponse à cette lettre fut écrite sous ma dictée par le baron Werner qui mourut quelque temps

après. Je pourrais, au besoin, prouver par son écriture que ce document ne Tut pas fait beaucoup plus tard. Je lus cette réponse au conseil des ministres et en fis part au D' Giskra qui • m'engagea vivement à la publier. Le baron Becke disait qu'un éditeur en offrirait le plus haut prix, mais j'en refusai obstinément la publication; je soumis ce documenta l'empereur après l'avoir expédié, et il me fut rendu sans aucune observation. En voici le texte, en substance :

Monseigneur,

... Si je dois considérer votre lettre comme officielle, elle est de la compétence du ministre de la justice. Si elle est privée, j'accepte les conseils de l'homme d'État concernant la politique générale, mais je n*ai pas, officiellement, de compte à rendre au cardinal -prince archevêque de Vienne... Comme protestant je ne suis pas autorisé à discuter des questions ecclésiastiques et à examiner si Concordat et Religion vont ensemble. Beaucpup de personnes appartenant à des cercles catholiques se sont montrées opposées à ce point de vue... Personnellement je suis ennemi de toute agitation et je repousse le reproche d'avoir favorisé le mouvement anti-concordatiire. Je suis d'avis que le gouvernement, en réagissant contre ce mouvement, se serait compromis sans utilité pour l'Eglise... Quoique protestant, je n'ai jamais été ennemi du Catholicisme, et j'ai toujours compris et apprécié l'importance de cotte religion, ninsi que la destinée de l'Autriche comme puissance catholique. Pendant les quatre mois que j'ai été ministre des Cultes, il ne s'est produit aacun fait qiii m'ait attiré le moindre reproche des catholiques... Si l'on exagèr.î en prétendant que le Concordat a amené Sadowa, il faut reconnaître pourtant que ce n'est pas un hasard si l'impor-

tance de l'Autriche comme grande puissmce a diminué depui=^ 1856. Les engagements, imposes par le Concordat à TAutrich^ vis-à-vis de Rome ont servi à Cavour pour préparer la guerœ dltalie, et au parti prussien en Allemagne pour préparer la guerre allemande...

J'ajoute que si Votre Eminence me demande comment une affaire intérieure de l'Autriche a pu avoir de semblables rcsultats, je répondrai franchement que l'éloignement subi par le gouvernement impérial était causé par la dépendance dans laquelle il s'était mis, car, il faut le dire, on voulait bien, en Allemagne, s'allier avec l'Autriche, mais avec l'Autriche seule. Et peut-on s'étonner si ce qui se passait en Allemagne et en Italie ne restait pas sans écho en Autriche?... Il est certain aussi qu'un État, soumis à une tutelle pareille, ne peut poursuivre paisiblement son développement normal, et que l'Eglise et la Religion, qui sont considérées comme les obstacles à ce développement, en souffrent également. Cette opinion n'a rien de subversif, partagée qu'elle est par les conservateurs eux-mêmes... Il y a des questions où l'indépendance gouvernementale est absolument indispensable, notamment en ce qui concerne l'enseignement^ sans qu'il soit nullement nécessaire, à mon avis, de songer pour cela à la séparation de l'Eglise et de l'Etat...

J'ai été péniblement surpris de voir votre nom au bas de l'adresse des évoques qui a si malheureusement entravé les pourparlers qui, de parla volonté de Sa Majesté, allaient s'engager avec Rome. Votre Eminence n'a pas tenu compte des déclarations du ministre de la justice, à la Chambre des Députés, non plus que des miennes, ni de la mission du baron Hilbner, ni, enfin, du conseil tenu chez l'empereur. J'ai été d'autant plus étonné que je pensais que Votre Eminence me soutiendrait dans ma politique et dans mon dévouement au pays... Sur l'observation de V. E. au sujet de M. de

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Bismarck, je me rappelle un mot de lui qui m'est revenu d'une source sûre. On n'ignore pas qu'il avait tout fait pour arriver à me faire démissionner en Saxe. Lorsque je fus devenu ministre en Autriche, on lui demandait s'il ne s'en repentait pas. « Oh I non! répondit-il. A Vienne je lui souhaite toutes les chances. Du reste, tantqa*i[ ne sera pas débarrassé du Concordat, il ne sera pas à craindre. »... En terminant ma lettre, je puis rassurer V. E. L'état des choses n'est pas aussi inquiétant qu'elle l'a dit. Les esprits, il •'slvrai, sont surexcités, mais il n'y a aucune analogie entre ce qui se passe ici et ce qui se passait au tçmps de la convention nationale de Paris. Il est vrai aussi que le mouvement, chez nous, descend assez bas^ mais, croyez-moi, le peuple vaut mieux que ne le pensent ceux qui le séduisent et ceux qui le soupçonnent. Il est, encore maintenant, reconnaissant de tout acte venant d'en haut qui loi fait espérer quelque amélioration... L'empereur n'a pas de Suis- ^s, mais il a une armée brave et fidèle, et, à côté du trône^ à défaut d'un Necker, se trouve un ministre qui a gagné ses éperons en tenant tête à une insurrection menaçant toute l'Allemagne^ qui a, pendant dix-sept ans, servi loyalement et fidèlement un prince sage et pieux, et sur lequel l'empereur, son nouveau maître, étend sa puissante protection dont il le juge digne...

J'espérais jusqu'ici que V. E. avait confiance en moi et mes collaborateurs en vue d'un avenir meilleur. J'en appelle à son patriotisme éprouvé et à son esprit conciliant; je m'adresse aussi à l'homme politique qui sait très bien que ni l'Eglise ni TEtat ne peuvent prospérer s'ils ne se tendent pas la main, et qu'une main qui doit en soutenir une autre ne doit pas être liée, mais libre.

Recevez, etc.

Beust.

Vienne, le 10 octobre 1867.

Cette lettre fut suivie d'un rescrit impérial, en date du * octobre, adressé au cardinal Rauscher, en réponse à l'adret ^ épiscopale du 28 septembre.

Ce rescrit confirmait sommairement ce que j'avais écrit, se terminait par cette phrase : « J'ai la confiance que les év ques se tiendront pour assurés que je sais toujours protégé ^ et défendre TÉglise, mais qu'ils se rappelleront aussi les devoir^ ^ que j'ai à remplir comme souverain constitutionnel. »

11 semble qu'à cette époque on ait résolu les difficultés en s jouant. On se tromperait cependant si l'on s'en rapportait au apparences qui cachaient bien des difficultés. Dans mon discours pour ma défense en janvier 1870, j'ai pu dire avec raison que les pierres du chemin n'étaient pas moins lourdes quand les mains qui les soulevaient les écartaient sans peine.

Les journées de septembre, pendant lesquelles l'empereur se trouvait à Ischl, sont encore bien présentes à ma mémoire. Je savais que divers personnages hostiles à ma personne et à mon système s'y trouvaient réunis; je ne recevais aucune nouvelle de l'empereur, ce qui n'était pas habituel ; une lettre de moi resta même sans réponse. Plusieurs personnes me conseillèrent de me rendre à Ischl ou d'y envoyer un homme de confiance pour observer ce qui s'y passait. Je repoussai nettement ces deux propositions. Lorsque l'empereur revint, il s'avança au devant de moi en me disant : « Vous avez souffert, mais soyez bien tranquille ! » En tout cas, mon attitude avait été non seulement correcte mais utile à ma cause.

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