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CHAPITRE XVI

iftes

Difficultés regrettables.

Pendant l'été fie 1868, il se produisit trois faits importants : la retraite du prince Carlos Auersperg, la fête des tireurs allemands, et le projet de voyage de Tempereur en Galicie.

Je ne dirai que la stricte vérité en affirmant que la retraite du prince Auersperg fut pour moi.un événement des plus désa- ^ gréables, et d'autant plus qu'il semblait avoir été provoqué ^ par moi. Je dis : « semblait » car, en réalité, rien n'était plus éloigné de ma pensée que cedépart subit du ministre-président ; ^ et plus tard j'ai entendu à plusieurs reprises des personnes connaissant le prince mieux que je ne le connaissais, dire que ma présence à Prague n'a pas été la cause, mais l'occasion (je ^ neveux pas dire le prétexte) de cette démission ; c'est ce que confirment les premiers mots de la lettre par laquelle il de-

;mande à èire relevé de ses fonctions. On trouvera plus loin l ^ commencement de cette lettre. J'ai amèrement regretté, ainsi que je l'ai déclaré en séance publique de la Chambre, ce voyage à, Prague. Certes, il ne m avait pas été inspiré par des sentiments d'hostilité à Tégard du prince Auersperg. Il m'avait témoigné, en Autriche, une sympathie que je lai rendais cordialement et à laquelle j*ai dû, en plusieurs occasions, un ton- •cours précieux K

Il avait été plusieurs fois question, entre l'empereur et moi, de l'importance qu'il y avait à faire changer d'avis les éléjnents qui refusaient de se faire représenter au Reichsrath, •et Sa Majesté avait daigné dire que je pourrais rendre quelques services dans ce sens. A la vérité il n'appartenait pas au «Chancelier de l'Empire d'approfondir ce sujet, mais les personnes qui se plaisaient à limiter ma compétence ne réfléchissaient pas que Tbomme auquel l'empereur accordait alors toute sa confiance, que le véritable créateur du nouvel ordre -de choses, ne pouvait, dans ses entretiens avec le monarque, -f 3 mettre un bâillon dans la bouche quand il s'agissait d'une certaine catégorie de questions, et que les entretiens intimes lui permettaient seuls de placer quelques mots utiles en faveur 4) toutes les questions abordées sans restriction.

D'autre part, pendant que le prince Auersperg accompagnait

1. Nos relaUons à Gastein furent aussi cordiales que possible. Dans une •«Kcursion que nous fîmes ensemble aux environs, nous côtoyions un profond «avin. En descendant de cheval je mis le pied dans le vide et je roulai en bas de la pente. <c Votre premier feux pas en Autriche ! « me dit le prince. Ce tfatJuBte on an plut tard qna turvint Tépisode de Prague.

ï^mpereur en Bohème, le baron Meysenbug, qu'on avait envoyé ^Kome en le chargeant d'une mission spéciale, adressa des iipèches qui exigeaient une proffnpte réponse. J'annonçai à Tempereur ma prochaine arrivée, et Sa Majesté fit connaître au gouverneur, qui était le baron Kellersperg, qu'EUe désirait quej'easseun entretien avec MM. Palacki et Rieger. Le baron Kellersperg (ce fut là le malheur, et ce fut une grande faute de sa part) invita ces messieurs à se rencontrer avec moi dans son palais le lendemain matin. // n*en prévint pas le prince Auersperg\ il ne le fit qu'après mon entretien avec les chefs du parti tchèque.

Je déclarai à ceux-ci que Ton s'était plu à me représenter comme un ennemi des Slaves et à propager un mot qu'on me prétait bien gratuitement, en inventant que je me serais oublié au point de dire qu'il fallait les écraser ^ J'ajoutai que je rendais également justice à toutes les nationalités, mais que je priais ces Messieurs de ne pas oublier que j'avais signé la Constitution et que, par conséquent, je ne pouvais en sortir pour venir à eux; que c'était à eux de venir à moi, qui me renfermais dans la Ck)nstitution.

Le ton de découragement sur lequel les journaux tchèques du lendemain parlèrent de l'entretien que j'avais eu avec leurs chefs prouva que j'avais agi bien nettement dans ce sens. Le baron Kellersperg, qui était présent, n'a certainement pas négligé d'informer le prince Auersperg de la tournure qu'avait

1. L'«xpreMioQ allemande, assex pUtoresque, signifie liltéralement presser les Uaves contre la muraille.

prise l'entretîeu. Or l'intérêt du prince et du ministère n'ëtsJt pas d'amener une rupture à propos de mon entrevue ar^^ Rieger et Palacki, mais d'établir la solidarité du Chancelier de l'Empire avec le ministère.

Ce n'est pas ce que fit le prince.

Lorsque je lui rendis visite, il vint au devant de moi avec une agitation ardente. Je croyais qu'il allait se plaindre de ce que je me fusse mêlé indûment des affaires du ministère cisleithan et de ce que je n'eusse ainsi fait que du mal; mais, chose remarquable, il ne m'adressa aucune plainte de ce genre. Par contre il médit, d'un air cassant, qu'il était intolérable que je m'attribuasse le mJrite de tout ce qui avait été fait et obtenu. Ainsi, il semblerait qu'on me reprochait moins une faute commise que la possibilité d'une réussite.

Non content de faire tous mes efforts pour le calmer, je quittai Prague, le soir ml^me. J'y étais arrivé le matin. Tout fut inutile. Il jugea même convenable de quitter l'empereur avant la fin de son voyage en Bohème.

Peu de temps après le retour de Sa Majesté à Vienne, Elle m'envoya la lettre de démission du prince. U me semble qu'il es: important d en repriKluîre le début: « Instruit par divers inoidouts, j'ai couiUtlu longtemps l'impression pénible que jVprouvaîs à p^niser que Votre Majesté ne méjugeait pas digne d^ la ctmlîaniv qui jHJuvait me faire espérer le succès de mes efforts * »,

«* u ll^lmrmmi p«» quni ii> «>«ît iKxiut »J,? sa fitute, dans cette disttWs Aiual KMr« 4i^ k 4U«u«^^ a« la K\i »ur l« marîa^ à la Chambre

Je demandai à l'empereur, comme une faveur personnelle»

De pas accepter la démission, et j'envoyai le baron Hofmann a.vi château d'Albrechtsberg, où le prince résidait pendant Tété, pour le décider à la retirer.

Tout ce que Ton put obtenir, c'est qu'elle fût différée. Je rencontrai le prince, quelque temps après, à Gastein, et je mis de nouveau tout en œuvre pour qu'il restât. Il consentit à ce que la décision de l'empereur au sujet de sa demande de démission, demande irrévocable, disait-il, fût ajournée, mais, en attendant, il s'abandonna à une passivité complète. J'appris (cet écho me Tenait de son entourage) qu'il croyait, d'après des rapports qui loi étaient faits, qu'un changement de système se préparait sous les auspices du comte Henri Clam, et son orgueil ne lui permettait pas d'attendre un pareil revirement. Ce changement de régime, pour le dire en passant, était alors absolument improbable.

Jamais je n'ai eu de chance avec la famille Auérsperg, qui, malgré mes constants efforts pour lui être agréable, m'a toujours considéré comm3 un adversiiîre. C'est cependant moi qui avais fait nommer le prince Adolphe « Oberslandmarschall » à Prague, après la retraite du comte Hartig, et le proposai ensuite, sur le désir du prince Carlos, comme ministre-président à la place de ce dernier. Sa candidature échoua, bien malgré moi. Bile ne réussit pas davantage, du reste, une seconde fois, lors

Haute, il B*ôtait chargé de faire voter deux amendements dont Tempereur disirait Tacceptation, qui me semblait, à moi, fort douteuse. Or ces amende- BMots ne forent même pas proposés. Le comte Salm, qui était le rapporteur, n'arrÎTa pas à temps.

d9 départ du comte Taaffe, sans que m'y fusse mêlé de près de loin.

Peu de temps après, j'eus Toccasion de lui être utile; et c principalement grâce à mon intervention qu'il fut nommé g verneur du pays de Salzbourg.

Je le répète, si je n'ai pas eu de chance vis-à-vis de cette mille, il me reste une consolation, c'est que je n'ai rien i pour cela, au contraire

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