‹ Trois quarts de siècleChapitre 23 sur 66 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

ises

jo\ militaire. — Délégalion de Pest. — On me confère la dignité de comte.

Le temps pendant lequel j'eus l'honneur d'être ministre en Au- •ichefut un temps bien rempli. L'année 1868 fut fertile en évéements. Au commencement de Tannée, délégations à Vienne,

la fin de Tannée, délégations à Pest. Au printemps, les soucis

tles peines au sujet des lois confessionnelles présentées à la

Ihambre des Seigneurs ; en automne, les efforts nécessités par

^loi de défense militaire, présentée à la Chambre des Députés.

'^ fus appelé àjouerun râle embarrassantdansla discussion de

^tte dernière loi, quoique, en ma qualité de ministre des affai-

f®8 étrangères, je n'eusse pas eu à m'en mêler. Je devins, étant

^^puté, membre de la commission, et, comme tel, je parlais

^ussi bien devant la commission qu'à la Chambre. Les pareil. 13

les que je prononçai devant la commission ne furent pas perdues; elles furent écoutées et comprises, et même elles m'attirèrent le reproche de présenter les choses, avec intention, sous un jour trop sombre. Les événements qui ont eu lieu depuis ont donné tort à ce reproche. Voici un extrait du discours que je prononçai à la Chambre. Les passages qui ont fait impression méritent peut-être quelque attention, si on les considère au point de vue historique :

Messieurs, c'est à titre de député que j'ai à parler devant vous; je n'oublierai pas que, comme ministre, je n*ai pas de place réservée dans cette salle. Cependant la contrée que je représente touche presque à la frontière de la monarchie; c'est pourquoi il me sera bien permis de porter mes regards quelque peu au delà. (Hilarilé.)

Je saurai rester dans les limites nécessaires. D'autre part, je dois me souvenir que je n'ai pas à anticiper sur des déclarations et des explications que j'aurai à formuler bientôt dans une autre enceinte et avec plus d'autorité. Je rappellerai, pour commencer, un mot du représentant de la minorité; il a dit, entre autres choses, qu'il ne voulait pas que l'armée devînt un instrument entre les mains de di-

plomates ambitieux. Je relève cette observation, parce qu'elle mc suggère une réflexion à laquelle je crois pouvoir attacher unevalear pratique.

Messieurs, il y a deux sortes d'ambitions ; Jhme est très cODda0' . nable; l'autre, je la crois permise; bien plus, je la tiens pour tr^^ rr»spectable et très nécessaire.

Quand un ministre risque des milliers d'existences et des millio^*^ pour se faire un nom glorieux, voire même pour réaliser une ï( favorite, c'est là une ambition très condamnable. Mais il y en a

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^utre que doit avoir l'écolier, que tout honnête homme doit avoir dausTexercicede saprofession, c'estde pouvoir suhir honorablement toute épreuve qui se présente.

En Autriche plus qu'ailleurs, un ministre doit avoir soin de suiv^i'e, parallèlement à une politique de paix et de concorde, une politique qui maintienne la sécurité à Tintérieur et à l'extérieur. Mais un iràîDistre, en Autriche plus que partout ailleurs, pour affirmer cette politique, a besoin de pouvoir compter d'une façon permanente sur ^ne force armée qu'il puisse déployer en cas de besoin. En vérité, i^ous ne sommes pas, à l'heure qu'il est, dans une situation où la prudence et la prévoyance diplomatiques suffisent pour venir à bout des difficultés. Mais, messieurs, soyons sincères ! Ces allusions à Tam- ^îtion des diplomates ne visent-elles pas le passé ? Ne doivent-elles pas viser le passé ?

Oaa parlé (comment s'en étonner?) des guerres funestes et malheureuses dans lesquelles nous avons été englobés ; mais, je vous i^ demande, où sont donc les diplomates ambitieux qui en ont été la cause? Où l'activité inquiète de ministres belliqueux s'est-elle nianifestée ?

En jetant un coup d'œil rétrospectif sur les vingt dernières années qoi se sont écoulées depuis la fin de l'Autriche du vieux Metternich, je trouve tout d'abord un homme que j'ai bien connu. Absolument exempt d'ambition personnelle, il était doué d'un esprit entreprenant et hardi.

Cethomme, qu*a-t-il fait à Olmûtz ? Je ne reviendrai pas sur cet accommodement, qui fut considéré, en Prusse, comme une humiliation, en Autriche, comme un succès, appréciation inexacte de part et d'autre; mais je sais ce qui serait arrivé si les événements avaient pris une tournure contraire à celle qu'ils ont prise. On se souvient que des corps d'armée autrichiens bien organisés et des troupes saxonnes

€i bavaroises complètement armées furent opposés à la Prusse (^0^ wCéUÂi pas préparée. Si, au contraire, les colonnes de l'armée prt^^^' sienne s'étaient présentées devant l'Autriche mal préparée, je :^^^ •crois guère que le ministère autrichien eût été invité à se rend ^ iBreslau, et il en eût certainement rapporté tout autre chose qi^ -^^ fos préliminaires du maintien des anciennes i^nditions de la coi ftdération. Voilà ce qui a été fait par l'homme qui, plus quetoutau «eu une réputation de ministre belliqueux. Où sont les autres? 0 <ian& la période suivante, trouverait-on la trace de sentiments bell •queux dans les faits et gestes de la diplomatie ?

Nous avons été entraînés dans des guerres, et loin de moi la pea. " «ée de vouloir jeter un blâme quelconque sur les hommes qui étaien ^ 4tk»^ aux affaires.

On voulait éviter un conflit ; on n'avait certes pas tort. Ce doit* •élre aujourd'hui, plus que jamais, le mot d'ordre et le devoir de chacun. Mais les hommes d'expérience ne peuvent oublier que la campagne de Crimée, à laquelle l'Autriche est restée tout à fait étrangère» a été la première et la principale cause de toutes nos pertes et •de toutes nos défaites.

Je vous prie, Messieurs, de ne pas voir dans ces souvenirs un indice de préoccupalions soucieuses.

Un honorable orateur a fait allusion, hier, à l'adresse envoyée par cette Chambre, et dans laquelle on s'était prononcé nettement <îonti>î une politique do revanche. Souvenez-vous que ce passage de Tailresse n'était que la reproduction d'un passage pareil du discours 4« Irine, et que les faits ont répondu à ce programme. Il n'y a eu ni ftllhiH^e ni onga^v^nuouts récipi^ues en vue d'une alliance lendant à une rt^vanoho : rien n'a été fait qui puisse justifier les soup- ^Mt^HMS hier par Thonorable orateur; rien n'a été fait qui puisse naqiMtor. Mais que rhonoraUe représentant de la minorité tienne

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' absolument certain que ni lui ni la Chambre Haute n'aupcuit ils à redouter d'escapades de ministres ambitieux. Je croiib'^^ 3, qu'en présence de nos institutions constitutionnelles, ce serait \e difficile aujourd'hui, et je pense que le dualisme, tant attaqué, honni, donne, en ce sens, à ses adversaires les plus aChBErnés,. garanties qui pourraient aider ses partisans à passer sur biea déboires.

serait présomptueux et injuste de vouloir attribuer à lafiO'

uence seule racceptation de cette loi. J'ai été fortemeut m^

lé par deux collègues, morts depuis, Giskra et Berger, «èEsi

par le colonel Horst, un des représentants les plus brillant»

ninistère de la guerre.

a seconde session delà délégation à Pest se rattache à Ifac-

;ation de la loi militaire, (cette loi avait déjà été accq>tée em

igrie).

^n me reportant à cette époque, je ne trouve dans mes sou-

lirs que des impressions agréables et fort peu de faits qui»

ritent d'être enregistrés, si ce n'est le vol, à Vienne, de tous*

s ordres, qui, du reste, me furent restitués par un bric-à-brac^

|ui la police ne songea pas à demander la moindre explica--

I^endant cette session, je reçus d*Ofen la lettre autographelisait:

Cher baron de Beust,

L'année qui vient de s'écouler vous a acquis de nouveaux droits- Q^&recoDifSissance. Que ma confiance vous encourage à persévé-

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rer fidèlement et intrépidement dans votre carrière. En lémoi m, gnage de ma bienveillance particulière, je vous élève à la dignité J de comte héréditaire avec dispense des taxes.

Ofen, le 5 décembre 1868.

François- Joseph .

C'est ainsi que cette année, comme l'année précédente, se ter-^ minait avec un riant coup d'œil en arrière et avec une perspec-"^ tive également sereine. Lies deux années devaient devenir de couronnes fanées comme le disent quelques vers datés de 187i

Une lettre de félicitations, en date du 9 décembre 1878, qui fut adressée par le ministère, est assez intéressante, en raison des noms dont elle est signée et que voici :

Taaffe, Plener Hasner, Potocki, Giskra, Herbst, Brestel, Berger*

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