CHAPITRE XXIV
»ss6 viennoise indépendante se range de mon côté, à propos des dilTé* s avec la Praase. — La troisième délégation à Vienne. — Mon diss sur le Livre rouge, sur les relations entre la France et rAUemagne. ialogue parlementaire avec le comte Rechberg sur les épisodes du îBwig-Holstein.
Qsle chapitre précédent, dont le sujet était presque exclulent les attaques des journaux prussiens contre moi, j'ai mé ma satisfaction d'avoir vu presque toute la presse libelle Vienne se ranger de mon côté et repousser énergiqueces attaques. La presse se montra également sympathiorsque le Livre rouge fut présenté aux Délégations en 11869. Voici un extrait d'un leader- article delà Neue Presse.
comte de Beust ne veut pas pratiquer une politique de restaurallemande; les personnes qui en douteraient encore n'ont qu'à
lire attentivement la dépêche du chancelier de l'empire, du 4 aYril 1869| aux ambassadeurs autrichiens à Munich et àStultgardt. Elle concerne le projet de Confédération du Sud, et elle observe vis-à-vis de la Prusse une loyauté que Ton n*a jamais, à Berlin, vis-à-vis de TAutriche. Un ministre des affaires étrangères de TAutriche ne peut voir que d*un œil favorable TAUemagne du Sud former une confédération solide. Personne n'en voudra au comte de Beust, faisant cet aveu : « Il nous est permis de désirer la Confédération du Sud, et peut-être la désirons-nous en réalité.» Mais le chancelier de la monarchie renonce complètement à toute pensée de revanche pour Koniggràtz lorsqu'il ajoute : « Nous ne pouvons et n3 voulons pas fonder la Confédération du Sud, ni contribuer à la fonder. Si elle s'établit, personne n'aura le moindre droit de dire qu*elle est l'œuvre de suggestions autrichiennes.» Et^ pour qu'il n'y ait pas de malentendu, la dépêche assure expressément que l'Autriche n'a ni le droit, ni le désir de se mêler des affaires de l'Allemagne du Sud. Ce même esprit de conciliation anime la ciftulaire du chancelier, du 6 mai 1869, relative à la publication de la fameuse dépêche prussienne, chiffrée, du 20 juillet 1866, dans l'ouvrage de l'état-major général autrichien. On se souvient des clameurs sauvages qui se sont élevées à Berlin, à l'occasion de cette dépêche. Sa publication était une trahison, une provocation, un crime. Le comte de Beust réfute tout cela avec un calme parfait; il ajoute même: « Au point de vue des bonnes relations que je désire vivement entretenir avec le cabinet de Berlin, je regrette sincèrement que, par la publication de la dépêche, on ait donné prétexte à une agitation, quelque peu justifiée qu'elle soit. » Un homme d'État qui prépare une guerre de revanche ne s'exprime pas ainsi.
Cette manière de voir méritait d'être signalée d'autant plus
]u'à la délégatioQ autrichienne, quelques membres, sans se prononcer dans le sens des journaux prussiens, parlèrent nettement en faveur d'une alliance austro-prussienne, et répudièrent toute alliance avec la France.
Ce que j'ai dit alors sur ce sujet dans un long discours, a, aujourd'hui, je crois, une valeur historique, et je pense que mes lecteurs ne regretteront pas de trouver cette allocution ici, dans presque toute son intégrité :
J'arrive maintenant à d*autres causes d'inquiétude, auxquelles j'attribue, du reste, une importance plus sérieuse ; ces inquiétudes se rattachent au contenu du Livre rouge.
Il me sera bien permis de rappeler que la première impression laissée par ce troisième Livre rouge est et était tranquillisante, et que l'opinion publique, telle qu'elle s'est manifestée dans noire presse et dans une grande partie de la presse européenne, était qu'on reconnaissait l'empreinte d'une politique véritablement pacifique.
Cela ne peut cependant pas empêcher de tenir compte des objections qui ont été élevées depuis.
Ces objections visent principalement trois points : une immixtion inutile dans les affaires d'Allemagne, une sympathie particulière pour la France, une égale antipathie contre la Prusse.
Eh bien, Messieurs, en ce qui concerne l'immixtion dans les affaires de l'Allemagne, je dois reconnaître que je ne sais pas comment on pourrait appuyer par des documents tirés du Livre rouge cette accusation qui se représente aujourd'hui.
Je ne vois pas quel prétexte on pourrait invoquer, sauf la dépêche qui a été expédiée à Munich et à Stuttgardt.
Mais on devrait bien penser qu'il est impossible de formuler une
22i MÉMOIRES DU COMTE DE BELST
ab&tcntion avec plus de netteté et de précision qu'il n*y en a dans cette dépêche.
1^0 traité de paix de Prague, et la Confédération du Sud , qui ^ résulterait de ce traité, n'y ont été examinés qu'au point de vue du maintien de la paix générale.
Il n*y a pas là un seul mot duquel on puisse inférer qu'il y ait eu pression ou semblant de menace, et il me faut encore afQrmer ce que Ton a expressément signalé dans cette dépêche de 1867, que voici, et à laquelle se réfère cette autre dépêche que j'ai là: — que, dans le cas où les gouvernements de l*Allemagne du Sud se décideraient à organiser cette Confédération, celle-ci ne pourrait aucunement 8*afQ]ier à rAutricho.
On Ta I arfaitemcnt su ailleurs, même à Berlin, et bien que je ne puisse revenir tnijours ici sur la question de savoir s'il y a eu ou non acceptation, je Reconnais sincèrement que les conseils que nous avons alors donnés dans Tinlérét de la paix ne sont pas restés absolumonl sap.s ivix)nse.Cola nous a fait pressentir, du reste, que, d'un autre côté, on nVlait pas disjos» à entamer de négociations avoo nous.
Mais, jo le demande: en quoi consiste fimniixtion dans les affaires do rAUomajiue?
Kst-iv dans la dop^oho adrvssêe à Dresde ?
Mossi. urs* jo Tavouo sincoroment. si l'on considère comme une ûnmixton uno communication que nous airessDns à un gGavemcmont aUomand iv^ur fourn:r dos oxplicaîi:»ns au sujet d'une démaroho quo nvHis avons fait;"» no::s-nu^mo>, alors j-:» ne sais vraiment pas À quollo* avVUSs^tïvWS r.o:ïS n." »iovons pas nous attendre, à moins quo nous uo IvAtr 0,^,$ >s ;t*o:î:;crYs .ii^ .Wllomacne ?
Jo |VN$<Tai iMWNXV un:^ q»;''<txvn. Le* ccuxemement impérial e l\>y*U ï^ dMOKViièr de iVmpiro jiarA-M v^r^Ani^é à Vienne la fête
^<e& tireurs allemands, le congrès des chemins de fer allemand:» et
k congrès des journalistes allemands, pour faire de la propagande ^û Allemagne ?I1 est bien commode de s'en prendre à un seul quand OQ a beaucoup d'adversaires dont on ne peut pas venir à bout.
' (Cris : Très bien !)
Avant de passer maintenant aux sympathies pour la France, je suis iovolontairement amené au chapitre précédent par un propos qal m'a été rapporté. Je dois toucher en quelques mots les rap->ports avec l'Allemagne, et mentionner notamment les nombreuses difficultés que je rencontrerais s'il me fallait tenir compte de tout ce que l'oa m'a demandé .
Une question qui m'a été adressée dans le comité m'a fourni l'occasion de dire sans restriction qu'il n'y a aucune espèce d'alliance ^*ntre l'Autriche et d'autres États. A pro^jos de laques Jon des allian-
, ces, nous arrivons à des contradictions singulières.
Oq dit toujours : « Nous n'avons à nous occuper de l'Allemagne
en aucune façon. Qu'avons-nous à faire en Allemagne? Le trait 3 de
paix de Prague nous a chassés de l'Allemagne. Restons à la place.
que les traités nous ont assignée! » — (Bien.)
Il va en résulter, pour tout le monde, et, en particulier pour
tous les hommes politiques sans parti pris, que l'Autriche, en
^ertude la situation qui lui a été faite par le traité de Prague, a
acquis la liberté de conclure des alliances avec qui elle veut, et
?«'en cela elle n'a à tenir compte que de ses propres intérêts. Mais Boni
Voici que, d'un côté, l'on nous dit: « Oui, maisil ne t'est pas permis de t'allier à la France. » D'un autre côté : « Il ne t'est pas peri&isde t'alliera la Russie. »
* C'est lày Messieurs, une contradiction, qui, à la vérité, s'explique keii simplement par cette théorie secrète, dont on s'inspire souvent :.
u. io
^II*- fti
« L Autriche ne doit pas s'occuper de tAllemagne, et elle doit attendre que F Allemagne s'occupe de t Autriche. »
Cela peut être une politique allemande en Autriche^ mais cen*est pas une politique autrichienne, et je suis appelé à faire de la politique autrichienne. (Cris: Très bien!)
Un très honorable orateur, le baron Weichs, disait, d*un ton presque menaçant, qu'il fallait, même par la force, obtenir notre rentrée en Allemagne. Eh bien, si l'on suit la politique qu'il indique, ce grand effort ne sera plus nécessaire.
L'honorable délégué comte Spiegel, également, a abordé laquestioD épineuse des alliances ; or, de même qu'il désapprouve nettement certaines tendances et certains projets, auxquels le gouvernemeot impérial et royal ne s'associe pas, lui non plus, je puis l'en assurer, de même, d'autre part, il ne voudrait pas reprendre la politique des mains libres, car ces mains libres pourraient amener une paix armée et, avec elle, un fardeau écrasant pour les peuples.
Eh bien, ce fardeau est certainement quelque chose de très regrettable; je suis persuadé que la marche naturelle des choses amènera, et pas trop tard, un soulagement à ce sujet ; mais ce qu'il avait en vue présente aussi, en vérité, des côtés fâcheux. Les alliances constantes, nous en avons vu longtemps en Europe.
La pensée de les faire revivre n'est pas tout à fait endormie; mais, dans un sens contraire, je ne veux pas le méconnaître, se manifestent des tendances à une alliance permanente des peuples, analogue à ce qu'était autrefois la Sainte-Alliance des gouvernements.
Mais, Messieurs, les chances peuvent être égales de part et d'autre, et celui qui désire sincèrement le maintien de la paix n'a pas le droit de risquer ce jeu dangereux; et il faut se dire, pour se tranquilliser, que cette paix armée, qui exige certainement de grands sa-
rifices, renferme le moyen d'éviter des chocs que nous devons avoir „ coBur d'éviter, si nous tenons à voir le développement pacifique des choses.
Sur les alliances il y a certainement beaucoup à dire, et je comprends très bien la pensée qui se manifeste si souvent : La Pnt$$e'
e«( f alliée nalurelle de V Autriche ; renonçons à toute alliance avec les autres états allemands, et la Prusse, ou l* Allemagne, sera notre alliée en- Orient. Ce rôve est certainement très beau, je ne doute pas de la bonne • volonté que nous rencontrerions; je ne doute pas qu'on ne soit prêt à nous tendre la main ; mais une telle union se produit lentement, et • elle peut être entravée par des circonstances dont on ne peut pas tenir compte à Tavance.
Eq Orient, la France est actuellement pour nous, il faut le reconnaître franchement, une excellente amie. Ferions-nous bien de nous l'aliéner, précisément quand nous avons besoin d'elle? La question est sérieuse. D'autre part, à l'époque oHnous aurions besoin de l'Ailemagne, les circonstances lui permettraient elles de nous rendre les Mrvices que nous en attendons ? Cette question-ci n'est pas encore tranchée.
Ainsije crois que toutes ces considérations, émises par Thonorablepréopinant, doivent nous persuader que la politique des mains libres, . si elle a ses inconvénients, a aussi ses avantages.
J'arrive maintenant à notre sympathie pour la France.
Oui, Messieurs, pourquoi le nier? Nous sommes en relations très- ^ones, très amicales avec le gouvernement français ; et pourquoi Q*en serait-il pas ainsi?
La France^ dans le cours de ces dernières années, nous a donnédes preuves répétées de sa sincère sympathie, elle nous a secondés en divers lieux et dans plusieurs questions; elle nous a consacré ses bons offices.
Que d*autres gouvernements n'aillent pas dire : nous en aurions fait autant, si on nous en avait fourni Toccasion.
Nous n'avons pas recherché le concours de la France. Parmi les M grands gouvernements » les bons offices s'offrent et ne se demandent pas. (Cris: Très bien!)
Cette bonne entente dont je parle ne se borne pas seulement à des relations sympathiques de cabinet à cabinet; elle repose essentiellement sur les sympathies des peuples.
En France on a maintenant, nous ne pouvons le méconnaître, des sympathies sincères pour tous les peuples de rAutriche-Hongrie, qu'ils soient Allemands, Magyars ou Slaves, parce qu'ils appartiennent à l'Autriche et non pas tantôt pour les uns et tantôt pour les autres, selon qu'ils ont l'air de s'écarter de l'Autriche. (Très bien!)
L'Auti iche-Hongrie se trouve dans une importante phase de régénération.
Nous ne connaissons pas d'autre politique que de donner une chaude poigm'îe de mains à ceux qui accompagnent de leurs sympathies cette transfoiinalion; une main froide ne peut se renconlrer avec la nôtre. (Applaudissements,)
Messieurs, on parle d'antipathies. Je ne voudrais pas approfondir ce sujet. J'ai malheureusement observé que, comme il arrive souvent dans les querelles entre particuliers, les explications ne font qu'envenimcT les choses. 11 y a là certaines influences fâcheuses qu'il faut vaincre; il n'est pas bon d'en trop parler.
J'ai déjà fait observer que l'on doit attribuer au Livre rouge et à ses effets inévitables une grande partie de ces frottements dont il» éti question ici.
En môme temps, je l'ai malheureusement remarqué, on tient compte de circonstances qui n'ont réellement pas l'influence qu'on leur attribue et qui font beaucoup trop d'impression.
Je regrette que Ton ait fait intervenir à ce propos le représentant i Vienne du gouvernement prussien, carje dois lui rendre témoignage u*il sait mettre dans les relations personnelles une attitude trèsconiliante, et qu'il s'emploiera à améliorer la situation à cet égard ; néandoins je ne veux pas contredire ce que l'honorable chevalier von tmeth, conseiller de la cour, a dit au sujet d'une certaine dépêche. On parle de visites, de réceptions. Je ne puis que faire observer ue M. le baron Werther sera toujours assuré de trouver chez moi ne réception amicale. Quant à ce qui se passe ailleurs, je ne puis i suivre en détail.
On parle aussi de la presse officieuse. Elle est souvent un enfant 3rrible.
Je profite de l'occasion pour répondre à une assertion de l'honoable délégué, D' Sturm, au sujet d'appréciations sur les affaires les délégations. Je n'ai qu'une chose à objecter : c'est que j'ai fait, i ce propos, de très vives remontrances aux personnes qui ont afaire à cette presse, et que j'ai dit ne pouvoir comprendre qu'on Àkme un député dans ces journaux.
Je dois donc réfuter toute solidarité avec ces attaques, et je dois en même temps rappeler que le journal, qu'on parait ici à nouveau considérer comme officieux (c'est le plus grand journal de l'Autriche) et qui précisément a repoussé avec le plus d'énergie les attaques prussiennes (cette attitude n'était-elle pas bien naturelle ?) n'a aucune relation avec le gouvernement et se trouve en situation de renoncer à toute attache de ce genre.
Je ne puis admettre non plus ce que pense M. le délégué, D' Sturm, que l'on ait inutilement écrit et inséré dans le Livre rouge des dé- P^hes qui auraient jeté la division. Il était réellement commandé I^ la dignité du gouvernement d'insérer dans 1^ Livre rouge la dépêche qui est placée en tête, et était adressée au comte Wimpffen.
:Si Ton n avait rien trouvé de semblable dans le Livre i ; l'impression générale aurait été que le gouvernement s'était sous Tassaut répété des journaux de Berlin. Cette dépêche -donc nécessaire pour montrer ouvertement et pour affirr point de vue auquel se place le gouvernement à regard du »T0uge,
On a encore parlé, et beaucoup, des relations avec Rom( f rheure avancée, je demande à cette haute assemblée, et je -«en cela répondre à ses désirs, )a permission d'ajourner la d
• sien sur ce sujet jusqu'au débat spécial, où la question reviend *core une fois, je le pense. Seulement il me faut réfuter encoi
fois une assertion très erronée : c*est que les pourparlers
iRome, même dans ces derniers temps, seraient demeurés sa
: sultat. Comme nous ne pouvions pas entreprendre de nouer d
gociations, mais S3ulement de faire en sorte que, après tout (
s^est passé ici et tout ce qui se passe à Rome, nous existio
: aussi bons termes que possible les uns à côté des autres et I(
avec les autres, le rcsuUat de la mission n'a pas été défavo
même à cet égard : c'est ce que j'espère mieux démontre
«tard.
Je reviens encore une fois au dernier sujet, qui m'est très gréable, c'est-à-dire à Tantipathie dont on a parlé. Mess :ll me semble que nulle part, même dans cette salle, on ne Terait cette antipathie ; elle n'existe certainement pas non pi dehors. Serait-elle donc personnelle? C'est possible ! Mais al puis vous avouer franchement que, si elle me concerne, c'est i passif et non actif. C'est un fardeau que j'accepte volontiers; me sera pas lourd. Je ne manquerai ni de patience, ni d'esp
• conciliation ; seulement, tant que j'occuperai la position qu ^assignée la faveur de Sa Majesté, je défendrai les intérêts
monarchie austro-hongroise, partout où je les verrai menacés; et \e me ferai Honneur de repousser toutes les attaques qui seront dirigées contre moi en raison de cette altitude. [Bravo!)
On m'attribue une provision de bonne humeur. Je ne renierai
point ce don gracieux de la nature, mais il ne me tiendrait pas en
équilibre, si je n'avais la conviction de remplir consciencieusement
mes devoirs ; aussi rien de ce qui peut arriver ne me fera-t-il sortir
de mon calme.
Je puis, messieurs, vous tranquilliser autrement et encore mieux»
Od fait remonter cette antipathie à une époque assez éloignée. Si
l'on veut bien se donner la peine de lire les journaux de Vienne et
de Berlin, surtout les journaux officieux de 1855 et de 1862, on y
trouvera beaucoup d'articles sur le ministre des affaires étrangères
de Saxe, de cette époque. Les journaux de Vienne le traitaient
^ors sévèrement ; mais, d'après les journaux de Berlin^ il n'y avait
pas de meilleur patriote, ni de ministre plus clairvoyant. Pourquoi
'^cux-ci ne reprendraient-ils pas leur ancien langage ? Quant à ceux-
'à, j'espère qu'ils me seraient plus favorables aujourd'hui. (Hilarité»)
Pour conclure (et c'est précisément ce dernier sujet qui m'y
^mène) je rappellerai un court épisode de la délibération actuelle,
épisode qui s'est passé entre trois honorables membres de cette as*-
^^mblée et qui concerne une époque passée, celle de la guerre du
Schlcswig-Holstein.
Ce qui m'engage à donner également mon opinion à ce propos» c'est que j'ai joué un rôle, grand ou petit, mais un rôle, à ce mo- «aent.
Je comprends, car j'ai vu les choses de près, et je puis maintenant apprécier parfaitement, tous les motifs qui ont déterminé la QUarehe de la politique autrichienne. Je sais qu'il était très difficile de s'engager dans une voie par laquelle on arrivait à s'écarter d'un
traité que l'on avait signé ; je dois cependant, en contredis; autre opinion, affirmer avec M. le délégué, D^ Rechbauer, q avait pas de guerre européenne à ctaindre. (Ecoutez!)
Si l'Europe est restée paisible spectatrice des événements que l'Autriche et la Prusse eurent agi contre la Confédératioi soutenue par la faveur publique, puisque cette guerre avait treprise contre l'opinion de TAllemagne, — comment l'Europ rait-elle pas observé le même calme, si cette guerre avait étc •prise à la demande du peuple allemand. A la vérité, il falla cela maintenir haut et ferme la solidarité fédérale ; c rait eu certainement ses difficultés, mais aussi de grands tages. C'est pourquoi j'adhère d'autant plus aux conclus M. le comte Rechberg: « C*est surtout en Autriche que nous chercher nos alliances ; oui, c'est ici môme, entre nous, qi trouverons des allies ; et, mieux nous resserrerons nos alliai térieures, mieux nous repousserons les attaques de l'cxtéi {Vifs applaudissements,)
Le comte Rechberg.
Je suis très reconnaissant à M. le chancelier de la monai son appréciation du différend qui s'est élevé entre M. le D bauer et moi, ainsi que d'avoir reconnu les difficultés que i trait alors le gouvernement impérial.
Seulement je ne suis pas de son avis quand il estime qu
triche, en se mettant à la tète de l'Allemagne, n'aurait pas
que une guerre européenne. Je me réfère à la dépêche au
britannique, laquelle déclarait que toute transgression au ti
' Londres serait considérée comme un cas de guerre. La Cor
' tion germanique n'a pas reconnu le traité de Londres. L'A
èVa-îl liée à ce traité; par conséquent, en quittant le terrain de ce UaUé, elle se serait heurtée au gouvernement britannique.
Le comte Beust, chancelier.
h ne contesterai pas ce qui vient d'être dit ; mais je suis en mesure de présenter ici le Livre bleu anglais, dans lequel il y a une dépêche qui est le pendant de Tautre, et que l'ambassadeur d'Angleterre a adressée de Paris à Londres, à cette époque. Elle déclare que la France ne prendra point part à une guerre, parce qu'elle sait ce que ce serait que d'entreprendre une guerre impopulaire contre rAllemagne. (Écoutez!)