II
par malheur, au lieu de chercher une autre et meilleure is6i Les difficultés contre lesquelles le Concordat s'est heurté prouvent nullement que la liberté de l'Eglise catholique ne pui pas prospérer dans notre pays. Mais, je le répète, qu'on ne s'y prenne pas, et qu'on sache bien que nous entendons parler ô'lsm n véritablô liberté d'action, et non pas du maintien de doctrines M n compatibles avec le développement de TEtit, et d'une valeur qui d ^dî^ désormais être assez problématique, même aux yeux de la Cour ^^ Rome.
Si les efforts del'Ëglise catholique se portaient dans celte dir^^ tion, le (jiouvernement irait avec empressement au devant de ^^ ^ vœux: il considérerait comme un devoir sacré d'appuyer avec z^^^ l'Eglise dans l'accomplissement de sa tâche, et d*écarter les obstf^^ clés et les préjugés qui entravent son action. Dans l'état de cho^ ^ actuel, le Gouvernement est, au contraire, paralysé dans ses me ^ leiires intentions et il doit rester spectateur d'un combat qui, qi^ ^ que soit son dénouement, ne pourra jamais avoir des suites salc:^^ taires.
Un changement dans l'attitude de l'épiscopat autrichien serait ^ premier pas désirable vers une amélioration de la situation. Noi^ ' croyons ne pas nous tromper en présumant que les Ëvéques diff^' rent sous plus d'un rapport dans leurs appréciations. Nous en voyon ^ qui appartiennent par leurs sympathies au parti de Topposition po-' litique, et qui se laissent souvent entraîner à faire, en vertu de leur position officielle, des démarches que nous se saurions y trouver profitables.
D'autres exaltés dans leur croyance font beaucoup de mal par
leur exagération, sans qu'on puisse toutefois révoquer en doute ni la sincérité de leurs convictions ni la loyauté de leurs intentions. Avec ces deux fractions de l'Episcopat il sera, sans doute, difficile
d'arriver à un compromis. Par contre,, nous avonsde fortes raison» de croire que la plus grande partie des Evéques comprend maintenant, qu'en persistant dans la voie d'une résistance implacable, ori. oe saurait arriver à de bons résultats. Si Tattitude de ces Prélats ne Wmoigne pas encore plus ouvertement d'une pareille persuasion^ c'est, d'abord, à caus^ de leur désir très légitime de ne point dévoiler les dissidences, et puis parce qu'ils craignent peut-être de s'alti- '*er un désaveu. Nous ne croyons pas nous abuser en supposant que* plusieurs Evéques s'estimeraient heureux de pouvoir abandonner avec honneur une position qui devient tous les jours moins tenaille^ Quelciiues-uns d'entre eux, et des plus éminents, sont deshomm*»^ infirii ment trop éclairés pour ne p:is sentir la nécessité de prendreàteiTxps les mesures opportunes qui peuvent rendre en Autriche l.i. paix. àl'EgHse et prévenir les conséquences incalculables qu'entraînera.! t la prolongation des conflits actuels.
Si on ne veut pas, à Rome, fermer les yeux à l'évidence, si on ne s y i^efuse pas à voir la situation soi: s ses vraies couleurs, on devra s'appliquer avant tout à donner un appui efûcace à la fraction modérée de l'Episcopat autrichien.
*^niener le Saint-Siège à se pénétrer de ces idées et de cette conviction doit être la t&che principale de tout bon patriote auquel le»
circonstances permettent de faire entendre sa voix à Rome avec.
quelque succès.
C'est aussi vers ce but que doivent tendre tous les efforts de Va-
^^ Excellence, et, en retraçant, comme je l'ai fait, un tableau exact
^c la situation, des causes qui l'ont amenée et des moyens deremé-
,aiep ^ certains de ses maux, j'espère avoir fourni quelques donnée» utiles,
Veuillez faire valoir auprès de Son Eminence le Cardinal-Secré- ^ire d'Etat toutes les considérations que j'ai développées, et ne né-
gligez aacun moyen pour rendre le Saint-Père, ainsi que ses ] paux Conseillers, accessibles aux vues qui sont exposées d; présente dépêche.
Recevez, etc.
(Signé) Beust.