‹ Trois quarts de siècleChapitre 55 sur 66 · II · texte numérisé non relu

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deur, Toas allez à Barlin, moi j'y serai dans qnekines jours; Taibire dësormais doit se traiter, non entre tous et mol, mais de gouyernement à gouyemement. »

» Pour revenir an présent, l'empereor me dit qa*il avait assuré Votre Majesté à Ischl que personne ne songe à Tacquisition des proyinces austro-allemandes. « Assorément, ajonta-t-il, j'ai dit à yotre empereur la même chose que j'avais dtte & l'ampereur Alexandre, savoir que je ne désire et ne puis désirer rien tant que de voir les Allemands, en Autriche aussi bi^ qu'en Russie, parfaitement heureux, afin qu'ils n'fldent pas à tourner les regards vers nous, ce qui nous créerait des difficultés. » ]

» Ces paroles ont d'autant plus appelé mon attention, que ie g^ néral Schweinitz, arrivé seulement d'hier, me parla dans le même sens. Je^ ne manquai pas de répliquer h l'empereur que, de la p^ de rAUemagne, on peut contribuer he«icoup A tranquilliser les A^' lemands d'Autriche; que noua ne rendions pas le gouvemem^^^ prussien respodsable de toute cette agitation, mais qu'elle panri^^ drait à s'assoupir si, en Allemagne, des plumes offleieuses faisais ^ comprendre aux Allemands d'Autriche qu'ils vivent dans unempi^^ polyglotte et qu'ils doivent s'accorder avec les autres nationalité si l'Autriche, qui est considérée, du côté allemand, comme une tmcessité, doit continuer à subsister. Quelque soin que j'apporte éviter toute ingérence dans la présente action politique intérieur-^ il est pourtant de mon devoir de faire ressortir le côté sérieux d^ ces paroles et d'avertir sérieusement de ne pas laisser prendre à crise actuelle une extension qui dépasserait peut-être beaucoup 1^ intentions du gouvernement. Je ne considère que le cas où les sen^^ ments du cabinet de Berlin demeureront sincères et loyaux, et ^ laisse le cas contraire de côté : je p3ux bien alors faire souvent qu'à Vienne^ où n'existaient assurément pas de sentiments ant^

danois, on a pourtant ét4 conduit à écouter les cris de douleur de» Allemands» quelque feints qu'ils fussent.

» A la fin, Tempereur Guillaume s'entretint longtemps avec moi de l'iDternationale et de la nécessité d*une commune défense; je lui développai alors ma pensée sur la création d*une contre-association.

» Au bout d'une heure et demie je fus congédié très gracieusement. »

Aux jours de Gasteîn succédèrent ceux de Salzbourg. La nouvelle s'était répandue que l'empereur François-Joseph voulait rendre à Gastein la visite qu'il avait reçue. de l'empereur Guillaume à Ischl. Afin de ne point quitter Gastein en temps inopportun, je mUn formai respectueusement, tout en exprimant l'opinion qu'à cause du souvenir de la convention de Gastein, le choix de cette ville n'était pas à recommander. La réponse télégraphique fut négative; il y était dit que Iç temps de Sa Majesté serait pris les semaines suivantes par des inspections militaires. Quoique ce télégramme me prouvât clairement qu'une nouvelle entrevue avec l'empereur Guillaume >^'^tait pas dans les intentions de Sa Majesté, je ne laissai pas de faire part, par écrit, de mes vues touchant la nécessité d'une prochaine rencontre, pour laquelle je proposai Salzbourg. I- 'empereur ne céda qu'à grand'peine, et, plus d'une fois, il me ^^t dit, après, que Salzbourg avait été mou linceul. Une année plus tard l'empereur se rendit à Berlin I Je vis l'empereur Guillaume à Gastein un peu auparavant. « L'empereur vient à Berlin, me dit-il, je m'en réjouis très fort.» Pour moi, je ne l'au- ^^Î8 pu, et si j'eusse encore été ministre, je ne l'aurais réelle-

ment pas conseillé. Même lorsque j'insistais en faveur d*uxi^ entrevue à Salzbourg, je faisais ressortir que je ne pouvais aj^ prouver une visite à Berlin. Il me semblait excessif que renrn^ pereur passAt en revue, à Berlin, les* troupes qui, quelques am Xiées auparavant, avaient battu les siennes, de même qa'i n'était pas "convenable qu'un peu plus tard il rendtt une visi précisément à Venise, sur un territoire qui, il y avait dix ans, appartenait encore à l'Autriche. Je me souviens qu'après ma chute du pouvoir, Tarchiduchesse Sophie me dit à Salzbourg: « Je n'oublie pas que vous n'avez jamais perdu de vue la dignité de l'empereur. »

Je conserve le télégramme suivant, qui se rappelle aux jours de Gastein et émane du baron Orczy, chef de section; Il est daté du 16 août : « Le comte Andrassy désire apprendre télégraphiquement la durée du séjour de l'empereur d'Allemagne et de Bismarck à Gastein, parce que, si ce séjour devait se prolonger, il ne serait guère possible au comte Andrassy de paraître ignorer leur présence. »

On demandera quel besoin pouvait avoir le président du conseil des ministres hongrois de venir à Gastein ? Faire sa cour ^ l'empereur d'Allemagne pouvait être considéré et jugé comme n acte de déférence. Mais qu'est-ce que le comte Andrassy

lit à négocier avec le chancelier impérial allemand ? La se télégraphique de l'empereur fut : « La présence des deu listres-présidenls me semble aussi peu nécessaire que cell omte Andrassy seul. » Mais moi, qui suis toujours labonn du bon Dieu, je fis en sorte que son vœu fût exaucé, de

que lui et le comta Hohenwart reçurent une invitation; et je ne m*03cupai ni des rapports entre le comte Andrassy et le prince de Bismarck, ni de ceux du comte Andrassy avec le comte Hohenwart ; c est à peine si j'écoutais ce qu'on m'en disait.

Les fêtes eurent le môme cours qu'eu 1857. Dîner et thé au château, promenade en voiture à Klesheim, illumination des hauteurs. A la promenade à Klesheim, j'étais aux côtés du prince Bismarck. Le chancelier allemand répondait par le salut militaire aux acclamations de la foule. « Voyez- vous, me dit-il, j'ai parfaitement su m'arranger. Lorsque les gens crachaient en m'apercevant, j'étais habillé en bourgeois et jen*avais pas besoin d'ôter mon chapeau ; maintenant qu'ils me font tant de ^amalecs, je porte l'uniforme, et je n'ai qu'à mettre la main ^ ma casquette. »

Le départ des deux monarques devait avoir lieu le lendemain ^iiatia. a Nous devons nous trouver à la gare à six heures et ^ejuie pour les adieux, » dis-je au prince Bismarck. « Ah f ré> Pliqua Bismarck, qui aime aussi peu que moi à se lever de **onne heure; alors tout de suite après minuit. »

A cette occasion, l'empereur Guillaume m'accueillit en me disant: « Je vous ai un peu noirci. >» Je savais ce que cela Voulait dire : il m'avait conféré le grand-cordon de l'Aigle ^oir. Je suis sûr que, dans l'autre sens du mot, je n'ai pas été Noirci par lui, mais par d'autres qui ont dû me prêter des chantés auprès de lui, surtout au temps de mon ambassade à ï^ris.

SOS yÉHOIRES DU COMTE DE BBU5T

Le prince Bismarck se rendait avec sa famille à Reicheal Je lias à l'y accompagner en chaise de poste attelée de qi chevaui, el je passai encore une journée avec lui. Je ne d< pas le revoir avant six années de là.

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