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LES RELATIONS DE TURQOT

da duc de Lorraine, Huguet de GrafBgny. Après bien des années de patience, elle ne se séparait d'ailleurs de cet indigne époux, que pour entamer avec un lecteur du roi Stanislas, nommé Des vaux, des relations assez vulgaires, si l'on en juge par sa correspondance, où familièrement et tour à tour elle l'appelle Pampan^ Pam* pichorij de même qu'elle appelle Saint-Lambert petii saint^ et un autre de ses amis le lieutenant Desmarets gros chien blanc.

Quoi qu'il en soit, les hasards d'une existence désem* parée l'avaient d'abord conduite à Girey, d'où, en 1738, avec plus de vérité mordante que de respect pour l'hospitalité reçue, elle écrivait les lettres clandestines qui nous font pénétrer si avant dans l'intimité adultère, studieuse et orageuse de Voltaire et de la marquise du Ghâtelet ^ En 1743, elle suivait à Paris Mlle de Guise, qui allait épouser en secondes noces le duc de Richelieu, et travaillait à s'y faire un nom dans la littérature. Après avoir assez fâcheusement débuté par une Nouvelle espagnole^ elle était devenue d'un seul coup presque célèbre dès 1747 par les Lettres péruviennes. Ce fut sur sa demande qu'en 1751 Turgot rédigea une critique de ces Lettres^ où, en un sujet qui, sur plus d'un point, le trouvait nécessairement peu préparé, il fit néanmoins paraître autant de pénétration que de sens, réfutant d'une manière décisive ou prévenant les paradoxes de Rousseau sur les avantages de l'état sauvage, et parlant de la liberté, de l'éducation, du mariage, avec une mesure que devait toujours ignorer l'ardent sophiste genevois.

1. Lettres publiées en 1820 sous le titre de Vie privée de Vol*' taire et de Madame du Châtelel. .

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Targot habitait encore la Sorbonne, lorsqu'il entra en rapports avec Mme de GrafBgny. Toutefois ce qui bientôt l'attira chez elle, ce fut moins la société des gens de lettres qu'on y rencontrait, qu*une jeune nièce de Lorraine, intéressante orpheline, appelée Mlle de Lignirille. « M. Turgot, écrit Moreliet, était lié avec elle dès le temps qu'il était en Sorbonne, c'est-à-dire vers 1750, lorsqu'elle était encore chez sa tante, célèbre dès lors par les Lettres péruviennes. Passionné pour la littéra* ture, il s'était fait présenter à Mme de Grafflgny, qui recevait chez elle beaucoup de gens de lettres; mais il quittait souvent le cercle pour aller jouer au volant en soutane avec Minette, qui était une grande et belle jeune fille de vingt-deux à vingt-trois ans. Et je me suis étonné que de cette familiarité ne soit pas née une véritable passion. Mais, quelles que fussent les causes d*une si grande réserve, il était resté de cette liaison une amitié tendre entre l'un et l'autre. »

Turgot jouant au volant en soutane avec Minette, n'est-ce pas là un tableau charmant, et qu'un peintre n'aurait plus qu'à jeter sur la toile et à mettre dans un cadre? Aussi bien, on sait ce que devint Minette. En 1750, elle épousait Helvétius, faisait avec grâce les honneurs de sa terre de Voré, puis, Helvétius mort, se retirait à Auteuil, où elle finissait par n'être plus connue que sous le nom de Notre-Dame d' Auteuil. Elle s'y éteignit chrétiennement en 1800, entre les bras de la duchesse de la Rochefoucauld-Doudeauville, léguant à Cabanis cette modeste maison d*Auteuil où, déjà fort âgée, elle avait inspiré à Franklin, plus que septuagénaire, une passion presque juvénile; où vainement elle avait essayé, avec candeur, de détourner de ses vastes

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