Cf. Collection complette, etc., t. III
2. Voyez M. Othenin d'Haussonville, Le salon de ?nadame Necker, t. II, p. 138 et suiv.
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d*Argenteau « d'assurer Necker du cas qu'il faisait d'iiommes et de énie comme le sien, dont malheureusement on trouvait ou employait si peu de par le monde ». De son côté, à peu près vers la même date, Marie-Thérèse, toujours tendrement occupée des intérêts de sa fille et désireuse de lui concilier ses entours, écrivait au même Mercy : « Comme vous vous trouvez quelquefois avec les Necker et que j*ai très bonne opinion des talents de M. Necker, je vous autorise à le lui faire connaître, si vous le trouvez à propos, en ajoutant que c'est toujours avec beaucoup de plaisir que je suis les nouvelles de ses opérations de finances, et que je suis même persuadée que nous en pourrions tirer bon parti pour nos finances, si même elles ne sont pas dans un désordre aussi embarrassant que celles de France. » Et Marie-Thérèse, se raffinant en cajolerie, écrivait en outre à son ambassadeur qu'elle av9,it acheté au peintre Liotard un portrait de Mme Necfker, « jolie jeune personne, avec un livre à la main, dans une attitude intéressante ». De telles communications inondaient de joie le cœur des Necker. « Ils ont été si pénétrés, répondait Mercy à Marie-Thérèse, qu'ils ne pouvaient trouver d'expression à rendre leurs sentiments... Mme Necker me sollicita de relire vos paroles, et, en admirant les grâces de Votre Majesté, elle aurait fort souhaité (ce que j'ai refusé) en prendre copie, pour les conserver en secret et se procurer la grande satisfaction de pouvoir les relire de temps en temps. » Toutefois, rien ne pouvait remplacer pour Necker « l'estime de la nation et cette voix du peuple, qui, alors non altérée, avait pour lui, suivant Mme de Staël,* quelque chose de divin ». C'est pourquoi il résolut d*en finir. En
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réponse à toutes les attaques et comme une marque non douteuse de la confiance qu*en dépit de ses adversaires conjurés lui conservait le roi, il exigea à la fois qu'on éloignât de la maison du comte d'Artois les libellistes et qu'on lui ouvrît les portes du Gonseii. Maurepas l'assura que sa requête serait agréée s'il consentait à changer de religion. C'était lui opposer une fin de nonrecevoir injurieuse. En venant alors à des conditions plus faciles, Necker demanda qu'on lui accordât un droit d'inspection sur les marchés de la guerre et de la marine, en même temps qu'on déplacerait l'intendant de Moulins, qui s'était signalé entre tous par son opposition à l'établissement dans son ressort des Assemblées provinciales. Mais ce ne fut que pour essuyer de nouveaux refus. Aussi le 12 mai 1781, malgré les instances de la reine, qui lui faisait pressentir la mort prochaine de l'octogénaire Maurepas, il donnait sa démission et se retirait dans sa maison de campagne de Saint-Ouen. Il y était suivi par les acclamations de ce qu'alors déjà on appelait le peuple, aussi bien que par les applaudissements frondeurs des courtisans. Les off'res les plus séduisantes de Catherine II, du roi du Naples, de Joseph II l'y venaient d'ailleurs inutilement chercher. Le 18 mars de la même année, au milieu de l'oubli général et de l'universelle ingratitude, s'était éteint Turgot, qui avait eu pour successeurs Clugny et ' Taboureau. A Necker allaient succéder Joly de Fleury, d'Ormesson, Galonné, Fourqueux, Loménie de Brienne.