‹ Trois saisons d'activité, 1905, 1906, 1907Chapitre 5 sur 36 · BUT D'OSTENDE-CENTRE-D'ART · texte numérisé non relu

BUT D'OSTENDE-CENTRE-D'ART

Quand, remontant aussi loin que possible dans le passé, on recherche ce qui existait dans les sociétés tout à fait primitives, alors que l'homme était encore un sauvage, cest-à-dire moins qu'un barbare, — les barbares sont déjà relativement des civilisés ; nous nous croyons des civilisés, sauf, vraisemblablement, dans quelques siècles, à être traités, par ceux qui viendront après nous et qui, eux aussi, se croiront des civilisés, de barbares, peut-être de sauvages ; ainsi va le monde, ainsi va l'histoire, — quand, dis-je, on remonte jusqu'aux premiers vestiges des groupements humains on trouve de l'Art.

Sur les parois des cavernes où vivaient ces êtres connaissant à peine le feu, se nourrissant de chair sanglante, — ce qui a permis de dire, irrévérencieusement, que la seule différence entre une dame de notre époque et une dame de ce temps-là, c'est que celle d'aujourd'hui mangeait cuit ce que l'autre mangeait cru, — sur les parois des cavernes on trouve des figurations artistiques rudimentaires. Déjà se manifestait un besoin de représenter les choses avec un sentiment personnel. Sur les armes, sur les pomtes des flèches, sur les cailloux qui servaient d'outils se révèlent des tentatives correspondant à ce que font nos petits enfants quand ils commencent à dessiner. Car, eux aussi, instinctivement, sans professeur, s'essayent à représenter « à leur manière » ce qu'ils voient, poussés par une force secrète qui est la force artistique s'éveillant.

Cet art primitif s'est développé à travers les âges. On le retrouve dans les œuvres de l'antiquité, non seulement la grecque, mais l'égyptienne, l'hindoustanique. A Babylone et à Ninive. C'est ensuite Rome. Puis le Moyen-Age, avec son prodigieux développement gothique; puis la Renaissance; puis l'époque actuelle; puis ce sera l'avenir.

Toujours de fart ! Des œuvres d'art sans nombre. Ce qui nous reste du passé n'est rien en comparaison de ce qui a été détruit, de telle sorte qu'il est permis de croire que cette

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