‹ Trois savants chrétiens au XIXe siècleChapitre 10 sur 45 · Arago, Notice · texte numérisé non relu

Arago, Notice

AMPERE

A pai'lir de ce momcnl, les visites ^uiil acçq)lécs et elles sont fivquentes. mais sa timidilé. sa i^ain'hej'ie, son manque de position et de l'orluiu' navancenl guère les affaires.

^jme YeyYQ Carron, chez qui se rend notre jeune homme, habitait le village voisin, Saint-Germainau-.Mont-d"()r, au pied de la colline de Poleymieux, sur le bord de la Saône, avec deux de ses filles, Elise, la plus jeune, et Julie, qui devait, quelques années plus tard, devenir M'"° Ampère.

Elise, sérieuse et pleine de jugement, a bien vite <'ompris que les sentiments du jeune homme ne viennent pas d'un caprice ni d'une surprise de . l'imagination. Elle prend ouvertement ses intérêts, le détend, l'encourage, gronde même au besoin sa suHU' (pii ne sait pas assez l'estimer. « De son côté, -M'"" .hdie Cai'ion. après quelques hésitations, est loin i\ç dédaigner les hommages qui lui sont adressés. A ti'avcrs les démonstrations, souvent un l»cu gauches, du jeune lionmie, elle a aisémcid découvert les i-csso*nx"es de son intelligence et les riche:*ses de son coMir. »

« Mais les deux familles sont sans lortune, Ampère a vingt ans à peine, il n'a pas de position et ne i^arait pas sui- le point d'en avoir une. Comment, dans ces conditions, taire face aux dépenses

du iiiénagc mèiiie le plus modeste ? Comment assumer sans témérité la lourde responsajjilité de fonder et d'élever une famille ? Telles sont surtout les p-réoccupalions de W" Carron. Les jeunes gens font du roman, ils sont dans leur rôle, mais celui d'une mère, surtout lorsqu'il s'agit d'une fille, est de veiller à ce <{ue les règles de la prudence et de la raison soient observées.

« Cependant, les visites d'Ampère continuent, fréquentes et empressées. Les notes de son journal se multiplient en même temps (1). » Son esprit s'ingénie à trouver des prétextes : un objet oublié, un livre à euii»ruiiler et à rapporter, toute la bibJiotliè(jue des Carron y passe.

« Comment toides ces visites sont-elles remplies ? Le journal nous l'apprend avec de minutieux détails. Il y a d'abord les conversations, les promenades et les. petits services rendus. Vn jour, c'est une tapisserie à clouer ou un baromètre à installe!'. Un auti-e jour, on a fait la lessive et les deux scrurs sont occupées à relever le linge dans le jai'din. André va les^ider... De temps à autre, le savant reparait. Dans une promenade, on va mesurer la hauteur du clocher de Saint-Germain.

Page 1