Ampère, par M. V.\lson, p
'il AMPÈRE
Une éclipse de soleil est annoncée. André improvise un observatoire avec une longue-vue et deux nionlres en guise de chronomcires. C'est la matière dune séance intéressante et surtout Ionique. »
La lecture des chefs-dieuvre de littérature, des leçons d'italien données aux deux sœurs tiennent •aussi une large place. De temps en temps, on fait des vers. Julie demande une charade à André, qui lui répond en célébrant sa beauté :
Mon preniior plaît aux rois coninie aux bei'iiers, Mon second vient des climats étrangers, Pour achever de me faire connaître, On voit mon tout en \ eus voyant paraître.
Bientôt Ampère ne doute plus de rien. On aborde la haute poésie et les œuvres de longue haleine. Tout le monde y coopère^ Les uns trouvent le plan, les autres une idée, une correction. La plujiarl des œuvres poéti(iues ébauchées et retrou- \écs dans ses manuscrits datent de cette époque.
" En se plaçant à un autre point de vue, il y a aussi le chapitre des maladresses. Ses visites sont trop fréquentes et on lui dil de revenii; plus rareinenl. Lllcs sont longues cl il confesse qu'on l'a averti indiriNleuienl ([iiil a ennuyé. Pendant une visite. i]c> i)ersonnes curieuses ou iuq»orlunes sur-
MARIAGE i.j
viennent ; on lui fait signe de s'en aller, mai- il ne comprend pas. Il resie et chacun est sur des épines. Que ses regards soient habituellement tournés vers Julie, passe .encore lorsqu'on est en famille, mais, s'il y a des étrangers, celle persistance devient gênante ; aussi Elise est-elle obligée de hii dire « de ne pas tant regardei" sa so'ur quand il y a du monde ».
" Comment se terminera ce roman ? On le [iicvoit aisément, cependant le dénouement est encoie éloigné. Dès le début, André a été apprécié et aimé, mais les grosses objections sont toujours les mêmes. Il est si jeune ! et [)uis il n'a ni position ni foitune.
" Et ces difficultés ne sont pas les seules. Autant Julie est élégante et gracieuse, autant André est gauche et embarrassé. La jeune fille en soulïi-e. Elle n'est pas indifférente aux railleries que ses aniies de Lyon ne lui ménagent pas à ce sujet, lu moment, elle est sur le point de congédier l'infortuné prétendant.
" Ileuirusement l-^lise vient à la rescousse, avec ipirllo veiTe et ([iielle indignation ! (^n \a en juger : '( Ma bonne amie, écrit-elle à sa sœur, je <ui< un i)eu en colère contre les gens qui ne se prennent qu'à l'extérieur et «pii s'imaginent sa\oir
AMPKKF.
litiil lorsqu'ils ont salué de ])onne grâce et dil quehjLie polissonnerie qu'on se passerait l'or! dCntondre. (Juand ou a dit légèrement : « Oh ! quel liouimc ! ('ouiuicnl ])()urrais-tu te résoudre à l'épouser ? Il ua point de façons, il est gauche, timide et se présente mal » ; on eroit avoir tout dit, tout vu... Arrange-toi comme tu voudras, mais laisse-moi l'aimer un peu avant qne tu l'aimes. Il est si bon ! )^
<( Quand à sa gaucherie et à sa toilette négligée, André ne se corrigera jamais complètement, mais il fait du moins preuve de bonne volonté. Il se procure une « anglaise toute neuve », des <( culottes à la mode » et un « cha])ei»u de toile cirée >> qui lui donnent très bon air. La domestique Claudine s'écrie, en levant les bras, (piil était devenu muscadin et qu'elle ne le reconnaissait i»as. Elise trouve " tpi'i] pi'cnd bonne tournure et ([u'il se foi-me de toute manière (1) ».
Enfin, après un au de jiourjjaf'lcrs. M"'" Carron. accompagnée de ses deux filles, vient icnilre ofli-