p , cil., pp. 124 et suiv
-MAiiiAor; 47
ciollemenl visile à M'"" Ampère. Le mariage est décidé.
* Ma.s, avant de le conclui-e, il ffml tiouver une position. On voulait qu'il se fît ag'ent de change ou commerçant. On ne voit pas bien cet éternel disti-ail administrer la fortune aux autres ou diri"er une affaire commerciale.
Il fait, enfin agréer ses goûts pour le professca-at et paît pour Lyon. Il y donne des leçons particur lièi-es à quelques élèves (Bonaparte n'avait pas encore réorganisé les collèges et les lycées.) Mais surtout il continue ses éludes scientifiques. Un petit cercle d'amis se réunit le soir pour travailler. Ampère en est l'Ame. On y lit le Traité de Chimie de Lavoisier et notre jeune savant s'enthousiasme pour les* découvertes rapides et toutes récentes de cette jeune science.
Après deux ans d'une séparation bien rem))lie par le travail, mais qni dut lui j.)ai'aîlre longue. Ampère épousait Al"^ Julie. Carron (G août 1799). In an après il lui naissait un fils. Jean-Jaccpics Ampère, ([ui devait entrer à l'Académie française ç[ fournir une brillante carrière dans le domaine de l'histoire et des lettres.
Le ^premier consul réorganisait alors l'instruction, comme tous les autres services administra-
45 AMPKRE
tifs de la France, épuisée par dix ans de Révolution, d'anarchie intellecfuelle et morale. Ampère obtient sans peine une place de professeur au collège de Bourg (1801). Cela vaut mieux ijue l'emploi précaire de professeur à domicile, uuiis il iatd qu'Ampère, se sépare de son épouse bienaimée, que l'état de sa santé oblige à rester à Lyon.
Cette séparation qui fut un véritable déchirement pour le cœur d'Ampère, on ne peut la regretter, car elle nous a valu nonibre de lettres délicieuses, (jui nous permettent de pénétrer plus complètement au fond de ce cœur si bon, si aimant, si dévoué.
Ampère est pauvre, il n"a (jue son maigre traitement pour subvenir à ses dépenses, à celles de sa femme ei de son enfant. Aussi ijuel soin ne prend-il i>as de ses habits et de tout ce qui lui appartient, pour ne pas grever son budget ni mécontenter .M"'^ Ampère ! <( Je te prie, écrit-il à >a femme, de m'envoyer mon pantalon neuf }iour (]ue je i)uisse paraître devant MM. Delainbre et \'illai-s. Je ne sais comment faire : ma jolie culotte sent encoi'c la téirbentliine. et. ayant xoulu luellre mon pantalon aujoiM-il'liui pour allei- à la Société d'éumlalion. j'ai vu le trou que liarrot croyait avoir racconmiodé devenir ]»lus irrand tiue
jamais. Tu vas craindre que je ne gâte mon beau pantalon, mais je te promets de le renvoyer aussi l»ropre que je l'aurai reçu. »
Un autre jour, une explosion au cabinet de chimie faillit lui faire perdre un qmI. Il le raconte à Julie, mais, continue-t-il, « je t'assure que dans t,out cela il n'y a aucune raison de l'inquiéter, mes Jiabits ne seronl pus gàlés ». Ce jour-là était précisément l'anniversaire de leur mariage. Le cœur «l'Ampère s'épanche délicieusement à ce souvenir :
Sais-tu qu'il y a eu hier trois ans que tu as fait mon bonheur ! Que ces trois ans se sont \ ite écoulés ! Que tu as éprouvé de peines dont je -uis cause, tandis que tu m'as comblé de joie ! VA, pour compléter mes sottises je me fais sauter • le l'eau-forte dans l'œil malgré toutes tes exhortalions de prudence ! Pardonne-moi, ma Julie, c'est la dernière fois que je te fais du chagrin. < Ml! oui, je te le promets en commençant notre quatrième année de mariage (1) ! » Heureux ceux qui nnt connu et aimé pareil cœur et qui en furent aimés !
Son plus grand bonheur est .d'aller à Lyon passer quelques jours de congé ; mais pour ne faire