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FIN TRAGIOUE DE L IDYLLE OJ
•liiicelle (levait ranimer le l'eu couvanl sous la < endre, et déjà même les excès de la Uévolution le dégoûtent presque des utopies où il a i)erdu la Joi, mais sans le ramener à la pratique religieuse.
Julie se désole de constater que leurs deux cœurs, qui s'accordent si bien sur loul le reste, ne se coml)rennen! pas sur ce point capital. Elle ramène la pensée de son André vers ces grandes questions de l'âme, de Dieu, de l'immortalité. Ampère demande à réfléchir. Il réfléchit et son noble et franc esprit se sent tout troublé : « L'état de mon •"sprit est singulier, lui écrit-il. Il est comme un homme qui se noierait dans son crachat et qui cher- I herait inutilement une branche pour s'accrocher, t. es idées de Dieu, d'éternité dominaient parmi celles qui flottaient dans mon imagination. »
"Et Julie l'encourage, lui jjarle de leur enfant : <( Mais, mon bon ami, nous ne serons pas «toujours, j'espère, dans une position si difficile. Ton esprit sera moins agité aussi. ïu deviendras raisonnable solidement en prenant des années et en voyant grandir ton enfant, à qui tu devras l'exemple cl qui te demandera compte de tes opinions. Pour les lui expliquer clairement, il faudra bien en être
convaincu loi-mème. Je vois tout cela dans l'avenir, je me vois paisible au milieu de vous deux, tjue je regarde comme mes fils, car les maux mont vieillie et mont laissé le loisir de faire des réflexions qui ont mûri ma raison. Ainsi, quoique nos âges se rapprochent, crois bien que ta femme a dix ans de plus que toi. »
Peu à peu, le travail se fait dans son âme. C'est alors qu'Ampère revient à Lyon. Julie est dans un état désespéré. Les pensées d'Ampère se font tristes et sérieuses. Il songe plus que jamais à l'avenir, à la mort, à l'éternité. Il ne quitte plus sa chère Julie. Les notes de son journal Aniorwn se succèdent brèves, monotones, résonnant chaque jour comme un glas. Puis, tout d'un couj). ces deux lignes ;
» 6 juin, lundi.
« Absolution. ->
« 7, mardi, saint Robert « Ce jour a décidé du reste de ma vie. »
Ampère est redevenu chrélicn et sa conversi<)n a condjlé de bv)nheur les derniers jours de son épouse et mis comme une auréole à ces jours si tristes pour son cœur. Dans hi religion, il a Irouxc .'iilin force et consolation cl. un luoi-^ ajués, le 1-î
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juillet, veille du dénouement fatal, il écrit cette sublime prière :
(( Mon Dieu ! je vous remercie de m'avoir créé, racheté et éclairé de votre divine lumière en me faisant naître dans le sein de l'Eglise catholique. Je vous remercie de m'avoir rappelé à vous après mes égarements. Je vous remercie de me les avoir pardonnes. Je sens que vous voulez que je ne vive que pour vous, que tous mes moments vous soient consacrés. M'ôterez-vous tout bonheur sur cette terre ? Vous en êtes le maître, ô mon Dieu ! Aies crimes ont mérité ce châtiment, mais peut-être écouterez-vous encore la voix de vos miséricordes.
« J'espère en vous, ô mon Dieu ! mais je serai soumis à votre arrêt, quel qu'il soit. J'eusse préféré la mort, mais je ne méritais pas le ciel,€t vous n'avez pas voulu me plonger en enfer. Daignez me secourir, pour qu'une vie passée dans la douleur me mérite une bonne mort dont je me suis rendu indigne.
« 0 Seigneur, Dieu de miséricorde ! daignez me réunir dans le ciel à celle que vous m'avez permis daimcr sui" la terre.
Le lendemain du jour où il avait écrit cette prièi*e humble et soumise, celle (pii avait fait tout son
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bonheur sur la terré, celle pour laquelle il avait travaillé et soufferl. pour laquelle il avait recherché gloire et fortune, sa Julie bien-aimée l'avait (juitté pour toujours.
Il avait trouvé dans la religion et la piiciv la force de se préparer et de supporter celte terrible épreuve. Aussi le cœur d'Ampère ne se révolta pas. il avait accepté son sacrifice. Mais son esprit fut comme égaré et sa raison troublée. Cette imagination ardente ne connaît pas les demi-regrels. Il est fou de douleur. Cette place au lycée, qu'il a tant amlî'tionnée,. lui paraît sans objet. Il veut donner sa démission, se faire maître de pension, fonder une fabrique de vitriol, que sais-je encore ?
Sa mère, désolée, essaye de lui donner un peu de courage : « Tu m'affliges, mon pauvre Ampère, quand je le vois dans l'état où tu étais dimanche. Tâche donc, mon bon ami. de poiier la «loix avec Jésus-Christ. Il visite ceux qu'il aime. Que deviendrait ce pauvre enfant s'il te perdait ? Hélas ! Je vois tousTes jours combien il a besoin de toi. Songe qu'Elle t'a recommandé son fils et les siens ; suis-tu ses dernières volontés ? Xon.
« Le chagrin est mortel aux hommes, tu fais peur, maigie, pâle comme te voilà... Fais-toi donc