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blancs la jeunesse et la fraîcheur de ses sentiments religieux, il reçut de son père des convictions profondes et viriles, qui ne labandonneront jamais. Que ne pcu\ent pas une mèi;e et un père chrétiens sur l'âme de leurs «nfants ! Aussi Cauchy restera toujours le chrétien fervent et pratiquant qu'était son père, il gardera toute sa vie le respect le plus inébranlable pour les grandes lois morales et religieuses prêchées par l'Evangile et par l'Eglise, et ([ui sont la sauvegarde des individus comme des nations.
Son père était à même, d'ailleurs, de lui donner une instruction et une culture intellectuelle aussi riche que variée. Elève de l'ancienne Université de Paris, il avait couronné par de brillants succès ses études classiques, avait étudié plus complètement les chefs-d'œuvre de la littérature, puis appris l'hébreu et plusieurs dialectes orientaux sur la linguistique desquels il avait fait différentes recherches comparées et tqut à fait originales.
Nul ne pouvait donc mieux que son père inspirer à Cauchy le goût des lettres et guider ses premiers pas dans 'ses études littéraires. Il savait trop bien tout ce que l'esprit gagne sous le rapport de l'élégance et du goût dans le commerce des grands écrivains de l'antiquité grecque et latine et. pour
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mettre ces chefs-d'œuvre à la portée de ses deux fils aînés et leur en donner la clef, il se fait grammairien, compose des ouvrages et leur apprend lui-même syntaxe et déclinaisons. Sous un tel maître, avec l'aide d'un pareil dévouement, Cauchy termine rapidement ses études classiques. A douze ans. notre futur mathématicien était déjà un petit latiniste brillant, presque un littérateur.
A celle époque (1800), Bonaparte arrivait au pouvoir comme premier consul. Son activité vraiment surprenante reconstitue comme par enchantement notre pauvre France désorganisée, meurtrie par une anarchie de dix ans. L'instruction publique fut établie sur de nouvelles bases. De> collèges, des lycées furent^ constniitis }e.t bientôt lemplis par la foule des élèves déshabitués de l'école.
Le père de Cauchy comprit alors qu'il pouvait confier à d'autres mains le soin de compléter l'ins- Iruction de son fils, et il envoya Augustin à Pari^
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suivre les cours de l'Ecole centrale du Panthéon, alors dirigée par des professeurs remarquables. \otre jeune littérateur y tient dès le début les premières places et remporte chaque année des succès exceptionnels.
Cauchy n'avait pas encore lait sa première communion. Les églises n'étaient ouvertes que depuis peu. Des milliers de prêtres français étaient tombés sous le couperet de la guillotine, sur les durs chemins de l'exil, sur le sol brûlant et malsain de la Guyane, sur les pontons de l'ile d'Aix, et les quelques vieillards revenus de l'exil étaient impuissants à suffire à tous les besoins. Ce fut seulement pendant ses études à l'Ecole centrale, à l'âge de (piinze ans. que Cauchy put faire sa première communion. Mais avec quelle maturité, quelle piété vraiment angélique il fit ce premier grand acte de sa vie religieuse ! Et jamais il n'oubliera cette belle journée de l'Assomption l.SOi. où il reçut son Dieu pour la première fois.
Ce fut aussi cette année seulement qu'il commença à étudier les mathématiques : mais, en quelques mois, il y fit des progrès incroyables. Comme Pascal, il se révèle tout d'un coup mathématicien de génie.
l'^n ce domaine, il s'assimile tout avec autant
de facilité qu'il l'aurait fait d'un ouvrage de littérature. Moins d'un an après, à peine âgé de seize ans (1805), il se présente à cette brillante Ecole polytechnlique qui venait d'être fondée, et s'y fait recevoir le second.
Il signale son passage' à l'Ecole par des succès remarquables ; mieux que cela, il affiche fièrement et sans respect humain ses convictions de chrétien et fait preuve déjà d'un caractère fortement trempé. Sous le premier Empire, la plupart des élèves des grandes écoles, qui avaient grandi au milieu de l'impiété révolutionnaire, étaient incrédules et hostiles à toute idée religieuse. C^urhy était le plus jeune de tous, qu'importe ! il montre à tous qu'un vrai chrétien ne connaît que son devoir et ne rougit jamais de l'accomplir. Tous les jours, matin et soir, devant tous, dans un milieu impie, presque militaire, il s'agenouille pieusement et modestement au pied de son lit et récite la prière qu'il a apprise sur les genoux de sa mère.
Si les autres élèves ne partagent pas ses i .mvictions, ils sont forcés, du moins, de respecter les siennes et d'admirer son couj'tige, et nul ne s'avisa jamais» de le Hourner en ridicule sur ce point. D'ailleurs, s'il était le plus jeune, il était
pour tous un modèle de travail et de bonne conduite. Il sut ainsi, par ses succès et ses qualités* viriles, faire respecter sa personne et sa religion. Bel exemple pour nos jeunes Français, si timides, alors qu'i'ls n'ont plus à craindre cette hostilité haineuse, assurés qu'ils sont de voir toujours leurs convictions respectées, au moins par les jeunes gens intelligents.
Apr'ès avoir passé les deux années réglementaires à l'Ecole polytechnique, Càuchy se présentait à l'Ecole des Ponts et Chaussées, à dix-huit ans (1807). Il y eri|rait le premier et personne ne lui disputa ce rang pendant les deux années de son séjour à cette Ecole. Il se fit remarquer, comme à Polytechnique,' par la même fermeté de caractère et les mêmes convictions religieuses, couronnées par les mômes succès. En 1809, il sortait le premier de l'Ecole avec le titre d'ingénieur. Il était à peine âgé de vingt ans.
INGÉXIEUR. — MATHEMATICIEN PROFESSEUR