‹ Trois savants chrétiens au XIXe siècleChapitre 29 sur 45 · CAUCHY PRECEPTEUR DU DUC DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

CAUCHY PRECEPTEUR DU DUC DE BORDEAUX

Louis-Philippe avait remplacé Charles X ^ur le trône de France. Tous les fonctionnaires et salariés durent prêter serment de fidélité au nouveau monarque. Les professeurs y étaient tenus. Mais la dynastie déchue des Bourbons avait toutes les préférences de Cauchy, il voulut lui rester fidèle dans le malheur comme il l'avait été dans la prospérité. Sa grande ame ne connaissait ni le parjure ni la trahison, et il aima mieux renoncer à l'enseignement (pic de prêter serment de fidélité à celui qui, pour hii. n'était qu'un vulgaire usurpateur.

Par un sentiment de ddicalesse qui l'honore, Cauchy perdait ainsi à quarante ans toutes les situations brillantes qu'il avait conquises par son travail. Dans toute la force die l'âge, dans la plénitude

de son génie, il se trouvaif brusquement réduit à l'inaction. La France ingrate le remerciait de ses services alors qu'il était dans tout l'éclat du plus brillant succès. Ce fut pour le professeur passionné un affreux déchirement.

Iji séjour de la capitale, où tout lui rappelle le passé, lui devient odieux. Il quitte Par^s, il quitte la France, passe le Rhin et va enseigner quelque temps à Fribourg. Puis il traverse les Alpes et s'établit à Turin, où le roi Charles-Albert fonde pour lui une chaire de physique mathématique, science <iue les premiers travaux de notre mathématicien venaient de créer. Il profite de son eéjour à Turin pour visiter les grands savants et les principales. villes de l'Ilalie. A Rome, Grégoire XVI, le protecteur des lettres et des arts, lui fait le plus bienveillant accueil.

Malgré sa parfaite connaissance de la langue italienne et l'accueil qu'il reçoit, l'éloignement, de sa chère patrie pèse lourdement à Cauchy et il sapj)rèle à y rentrer, lorsqu'en T833 Charles X, retiré à Prague, lui demande de se charger de l'éducation srientifî(|ue du duc de Bordeaux. Ibérilier des dioils de tous les bourbons à la couronne de France. I/appel (Je son roi était un ordi-e pour Cauchy, qui se rend aussitôt à 1*1 ague.

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