‹ Trois savants chrétiens au XIXe siècleChapitre 3 sur 45 · LES SAVANTS · texte numérisé non relu

LES SAVANTS

Mais ce qui doit encore nous rattacher davantage à eux par les liens de la reconnaissance, c'est que, chez ces hommes de génie, les aspirations de l'âme ne sont point restées stériles. Ils ont compris qu'ils avaient un devoir social à remplir, que leur intelligence ne devait pas se complaire dans une contemplation solitaire, mais (ju'ils devaient la consacrer au service de la ])alrie et de la sorii-lé, et ils n'ont pas failli à leur devoir. Leurs découvertes ont rempli leur siècle, ils ont donné, non seulement à la science, mais à l'industrie, une impulsion fécomlc dont nous recueillons aujourd'hui les fruits.

Sous l'Empire et la Restauration, Ampère se signale ])ar ses dérouverles immorlelles en (;lecli'odyiiainique. 11 constate un des i»remiers (vérilé • •(Mnliitii banale aujourd'iiui !) que l'électricité est une luice physique des plus puissantes, des plus faciles à canaliser et à transporter. Il donne ainsi

LXTRODLXTIOX l.j

la première idée et trace le plan des magnifiques applications industrielles dont la seconde moitié du siècle devait admirei- le développement, et. si notre siècle a pu être appelé le siècle de l'électricité, c'est à Ampère que nous le devons.

Cauchy est moins connu, du moins des profanes, parce que les mathématiques supérieures, où il a excellé, se prêtaient moins directement à la vulgarisation et aux applications industrielles, mais, pour les savants diifinétier, il est reconnu de tous pour un des analystes et géomètres des plus pénétrants, si bien que IWcadémie elle-même s'est chargée de la réédition complète de ses œuvres. Apparu sur la scène scientifique lorsque la physique expérimentale était déjà constituée solidement, il traduit et condense les faits et les lois en formules remarquables qu'jl brasse énergi- (juemenl dans les rouages des chiffres et de l'analyse [)oui' en exprimer les magnifiques théories (jui ont servi à constituer la physique générale, théories qui, à leur tour, devinrent une nou- \elie sonice de progrès .scientifiques et d'applications industrielles.

Pasteur, lui. a surpassé tous ses devanciers. Il a rempli toute la seconde moitié du siècle du Ijruit de son nom et des bienfaits de ses décou-

vertes. Chimiste distingué, il a su tirer de la chimie une science toute nouvelle et féconde, la microbiologie. Il a préparé les éludes et les théories de la biologie générale, comme Cauchy avait préparé celles de la physique générale.

Son œuvre, immense, peut se résumer en* deux mots : femienls et fermentations, maladies et microbes. Dans la première partie, il démontre Tac- ' tion des infiniment petits dans la transformation des matières organiques et étudie ces différentes il^'ac lions avec leurs circonstances, leurs résultats, etc. Le vin. la bière, le vinaigre, les générations spontanées, tout est passé en revue-. — Dans la seconde partie, il démontre et étudie également l'action des infiniment petits dans les maladies* infectieuses, découvre en même temps le remède à appliquer à ces' maladies : charbon, rouget du porc, maladies des vers à soie, eçfin la rage. Ses élèves, continuateurs de son œuvre, ont découvert aussi les vaccins du croup, de la peste, de la fièvre jaune, du choléra, et la liste, qui se continue chaque jour, n'est pas près encore d'être close.

Page 1