‹ Trois savants chrétiens au XIXe siècleChapitre 32 sur 45 · UN MATHÉMATICIEN APOTRE · texte numérisé non relu

UN MATHÉMATICIEN APOTRE

Cauchy avait un cœur trop généreux, une âme trop ardente pour ne pas se dépenser au dehors. Nous l'avons vu, il avait la passion de la vérité, usant toutes les forces de son esprit et de son corps pour la conquérir et l'enseigner.

Il eut aussi la passion du bien. Toute souffrance, toute misère lui allait au cœur, et il s'efforçait de les soulager. Aussi faisait-il partie de presque toutes les œuvres charitables de son époque.

Absent de France loi*sque les conférencesi de Saint-Vincent-de-Paul furent fondées, il s'empressa, aussitôt de retour, de leur apporter son concours et fonda lui-même celle de Sceaux, où il s'était retiré.

L'œuvre de Saint-François-Régis, fondée en 1826, avait pour but d'indiquer et de procurer aux indigents les moyens de régulariser les unions

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illicites. A peine Caucliy en fait-il partie qu'il prend une initiative hardie. Il fait circuler une pétition parmi les académiciens et les hommes les plus considérables. Elle se couvre de signatures et Cauchy, fort de cet appui moral, obtient des Chambres une loi d'après laquelle on délivrera désormais sans frais aux indigents les actes nécessaires à leur mariage.

Avec le même zèle qui ne connaît pas d'obstacles, il obtint des principaux magasins de Paris de fermer le dimanche afin d'accorder à leurs employée le repos dominical.

Ses sentiments religieux, qui l'animent, et le soutiennent, sont, d'ailleurs, si vifs et si profonds qu'on les retrouve au fond de toutes ses actions. C'est là le grand ressort de sa vie, le principe de son dévouement pour loutes les douleurs, et toutes les faiblesses, le principe aussi du bonheur intime qu'il trouve à les soulager. Il le sent bien luimôme, aussi voudrait-il les voir pénétrer dans l'àme de tous ceux qui l'entourent pour y être le principe de la même force, du même dévouement et, par conséquent, du même bonheur.

C'est pourquoi il aimait à grouper autour de lui ses chers élèves, une fois par semaine, dans des réunions tout intimes, dont ils ont tous gardé

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le plus charmant souvenir. « Va\ les alliranl à lui, il n'était pas mû simplement par un sentiment de sympathie naturelle, il voulait surtout les rendre meilleurs et les amener, s'il était possible, à la piété par la loi. Ennemi de tout ce qui sentait la dissimulation ou lintolérance, il ne leur aurait jamais demandé d'afficher au dehors, sans convictions, les apparences de sentiments qu'ils n'auraient pas eus dans le cœur ; mais, à l'occasion, il ne' manquait pas de donner à ses paroleè et à ses conseils une tendance religieuse. Ce n'étaient point de longs discours ni d'ennuyeux sermons, c'étaient quelques mots dits avec bonté, c'était même une simple et gracieuse invitation à revenir. D'ailleurs, sa grande influence, sa prédication la plus efficace était celle de l'exemple (1). > Désireux d'étendre à tous les jeunes gens des écoles cette influence bienfaisante, il fonda le cercle du Luxembourg. Des réunions, des conférences y furent organisées, les jeunes gens apprirent à défendre eux-mêmes, par la parole, leurs convictions philosophiques et religieuses. Cèlto œuvre, qui subsisté encore n'a pas peu contribué à contre-balancer les maux causés par . Ici-

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