LA PERTE D UNE BELLE AME
Aijdré-AIarie Ampère naquit à L3on, le 20 janvier 1775, et fut baptisé le surlendemain dans l'église de Saint-Nizier.
Son père avait acquis dans le négoce une modeste fortune et, peu après la naissance de notre illustre savant, il se relira avec son fils et ses deux fdles à Poleymieux, où M""® Ampère possédait une propriété. Ce village est situé sur la la rive droite de la Saône, à 15 kilomètres au noi^d de Lyon, à moitié enfoui sous la verdure, suspendu à lune de ce» gracieuses collines qui forment ,à la grande cité ouvrière la plus ravissante entrée de châteaux et de parcs, de chalets et de parterres de fleurs. Un petit ruisseau descend de Poleymieux à Saint-Germain-au-Mont-
d'Or, sur la Saône. C'est dans ce petit coin de terre, entre ces deux villages, que s'est écoulée toute l'enfance et l'adolescence d'André-Marie.
M. Ampère avait fait dans sa jeunesse de solides études. Il se fait le pi^ofesseur de son fils, met toute sa bibliothèque à sa disposition. Celui-ci n'eut jamais d'autres maîtres. « Son père voulut d'abord lui apprendre le latin^ mais les aptitudes mathématiques de Tenfant se manifestèrent de si bonne heure et avec une telle ititènsité qu'il fallut bien suivre ses goûts et le laisser tout' entier à ses études favorites (1). » . •
X douze ans, Pascal, en traçant des « ronds » et des « barres » sur le pavé de sa chambre, était arrivé à démontrer plusieurs théorèmes de la géométrie. D'une précocité tout aussi remarquable, Ampère, à sept ans, trouve les règles du calcul, qu'on ne lui a pas- cmcore enseignées. « Avant mlîmef de connai'trc les chiffres et de savoir les tracer, nous dit Arago, il faisait de longues opérations à l'aide d'un nombre très borné de petits cailloux ou de haricots... L'amour du calcul s'était emparé du jeune écolier à tel point que, la tendresse maternelle l'ayant privé, pendant une