‹ Trois semaines en pays scandinavesChapitre 9 sur 15 · MP · texte numérisé non relu

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j NE etape de dix-huit heures de chemin de fer coupee en deux parune nuitd'arret separe entre elles les deux capitales de la peninsula scandinave pour le commun des mortels. Mais on a pris soin de faciliter au Congres orientaliste son court voyage en Norvege, et deux trains speciaux nous conduiront sans changer de wagon de Stockholm a Christiania.

Nous partons a la nuit tombee et courons droit al'Ouest au milieu du dedale de lacs,de rivieres et de forets de la Sudermanie. A travers les brumes matinales, ceux d'entre nous qui restent insensibles aux vertus somniferes de nos excellents coupes-lits peuvent apercevoir par intermittence la grande mer interieure de la Suede,

le lac Wener, dont nous cotoyons le bord. La ligne oblique au nord a travers la province pitloresque et industrieuse du Wermland, et par une douce matinee nous nous arretons a la derniere station suedoise, Charlottenberg. C'est la qu'on passe ordinairement a la douane, la Suede et la Norvege conservant leurs frontieres administratives et financieres aussi intactes que si elles n'avaient pas le meme souverain. Mais pour nous la visite des bagages est remplacee par un dejeuner confortable et par une aubade que nous donne la fanfare, au moins bien inlentionnee,de ce modeste village.

Remontes dans nos wagons, nous entrons en Norvege et, des les premieres stations, le paysage prcnd un caractere interessant. AKongsvinger, nous atteignons une riviere large et tumultueuse : c'est le Glommen, le roi des fleuves de la Scandinavie, qui, apres un long trajet du nord au sud depuis les montagnes des environs de Drontheim, quitte a cet endroit meme sa direction premiere et nous trace a Touest notre route vers Ghristiania. Kongsvinger est situee dans le coude qu'il forme au-dela d'un pont ancien d'uno portee bardie : la ville et la conlree environnante sont dominees par une forteresse

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en mine, jadisimportante dansles guerres seculaires des deux peuples voisins. Notre train suit la rive gauche du fleuve dont la surface presente un aspect typique que nous retrouverons surbien d'autres rivieres norv^giennes; elle estparsemee de sapins debit6s en billes qui flottent jusqu'aux scieries ou jusqu'aux ports ou ils seront recueillis d'apres leur marque et emmagasines. 11 n'est pas rare de les voir s'agglomcrer en veritables iles aux points oia leur marche estretardee par les accidents des courants.

Enfin, nous quittons le Glommen pour pen6trer dans la vallee aux parois elev6es et boisees qui nous conduit au fjord de Christiania. Les habitants des villages que nous brulons le long de notre route sont groupes sur les remblais et nous orient des hurrahs en agitant leurs mouchoirs. Un instant nous avons sous les yeux un panorama ravissant de la capitale et de sa baie, et quelques minutes apres nous nous engouffrons dans sa gare. Les etudiants de I'Universite sont masses sur le quai en avant d'une foule curieuse et cordiale. Nous enlrons triomphalement en ville et nous batons vers nos logis respectifs. Mais les conditions de I'installation ne laissent pas que d'etre laborieuses ; car, malgre

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a mode de plus en plus prononcee qui attire en

H Norvege les touristes, siirlout anglais, Chris- i

K tiania n'a qu'un nombre Ires restreint d'hotels.

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lai Pour arriver a loger line caravane aussi encom- E brante que la notre, toute la ville s'est raise en

Hi frais et les appartenients garnis ont ete utilises H un peu partOLit. Pour ma part, une chambre con-

H fortable m'est echue dans une famille qui parait K2 i 1, enchantee de m'heberger, mais avec laquelle

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Hl;| '•] j'echangerai peu d'impressions, carsesmembres E ne parlent que le norvegien. Seule une vieille

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: dame a quelque teinture d'allemand, ce qui me 1 ji permet de la mettrea contribution pour obtenir

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■ • les objets n6cessaires au voyageur a I'arrivee,

Ib ': non sans etayer ma conversation vaguement

germanique par le langage des signes.

■: |! La pliysionomie de Christiania differe nota-

Be J 1' blement de I'idee precongue que plUsieurs de

^B U : mes lecteurs doivent s'en faire, sij'en juge par

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moi-meme. J'avais dans I'esprit un grand port

marcband, battu paries flots sauvages du Skager-

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: rak, largement ouvert sur la mer pour le tran-

mt ' sit des produits des peches et des forets norve-

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W 1 , giennes;je me trouve dans une ville rustique,

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