‹ Trois sermons sous Louis XV (volume 2)Chapitre 2 sur 8 · AMÉLIE · texte numérisé non relu

AMÉLIE

Elle est sans connaisiiancc... Uola! Frontin, Femelle, Accourez...

ils acQpurdient, Ql madame de Poropadour, soutenue

ir Amélie, s'évanouissait de son mieux.

Mais tout à coup, maîtres et valets s'aiTètèrent. . Le

ardinal de LaRoche-Aymon, grand aumônier, venait

e se montrer à l'entrée dç la salle.

Le roi pâlit. Le cardinal, visiblement ému « s^avança

ers lui.

— Sira, diMI) 1^ décrets de Pieu bo^\ iiqpéné-

rsiUe^t Up gi^nd coup vft frapper, op peut-^tïe a déjà

rappé votre maison, La dyç de BQurgognf, l'Aiote de

^os peti^SrSIs...

— Eh bien 1... s'écria le roi.

-T-. iLse weurt.^.

L'enflant, qm^lqye tçmps auparavant, était tcnnbé,

çoussé par un de ses compagnons de jeu. 11 s'était fiait

k la tête une blessure qu'on avait négligée i et, qui

venait de se déclarer mQft^IW*

I^ même soir, il nto^nit, Le duc de. Serry, son fr^r^,

devenait l'héritier du trône.

Le due de ]Rerry, c'était Louis; XYL Qu'aurait-il été, ciBt enfant, s'il e4t yéeu? Un Louis J^M ou win Louis ?CVÎ Aurai t^il fait (ace au tor^ rent, ou le torrent )'aurait-^U eotraiB^é, comine il de^ vait entraîne^ Louig XVIÎ Pieu le sait ! Qu'il eût vécu, et peut-être §upprimait'il la révolution française, au moin^ telle que nou$ V9>yom vue, et la République, et l'Empire, et tout ce qui ^(i est sortie et tout oe qui en sort encore.

Dans les grandes leçons de la Providence, la petitesse des moyens est souvent plus frappante encore quQ l'imniepstté det» résultats. Deuj^ enfants jouent :

l'un pousse l'autre... et la face du monde est renouvelée.

LU

Cependant la révolution préludait à ses triomphes. Le flot allait passer sur une des plus fortes digues que l'ancienne société eût opposées aux envahissements de la nouvelle. Les jésuites entendaient sonner leur dernière heure.

Leur sort, disions-nous dans notre premier volume, est d'être toujours coupables et toujours frappés injustement.

Au moment où nous les avons laissés, ils allaient se pourvoir au parlement de Paris contre les jugements par lesquels l'ordre avait été condamné h payer les dettes d'un de ses membres, le Père Lavalette, enrichi d'abord, puis ruiné dans le commerce des Antilles.

Le droit était pour eux. Aucune solidarité civile n'avait existé ni n'existait entre leurs diverses maisons. Chacun de ces établissements avait, comme ceux des autres ordres, ses biens, son administration *, chacun, en France, autorisé par lettres-patentes spéciales, avait reçu des rois, par cela même, une individualité distincte. La surveillance que le général exerçait sur tous les biens de l'ordre ne suffisait manifestement pas pour faire de ces biens un seul domaine, et de Tordre entier un être civil.

Moralement, il va sans dire que c'était une tout

— 1»3 — dtre^iuestion. Les gains du Père Lavalette auraient rofi té à l'ordre entier-, Tordre entier devait supporter 8s pertes*

A défaut de conscience et d'honneur, la prudence urait dû, ce semble, leur en faire une loi. Pourtant, lus la faute fut grave, plus il y a à réfléchir avant de is en accuser formellement. Devant des dangers aussi lairs , il est inadmissible que des gens aussi habiles lent regardé, pour se racheter, à quelques centaines le mille francs. Leur opiniâtreté ne prouvait donc que eur confiance en leur droit; et lorsque, condamnés )ar les tribunaux de commerce, ils avaient osé recouir à ce parlement de Paris quUls savaient presque Linanime contre eux^ c'était un appel solennel, nous Lvons presque dit honorable et chevaleresque, à la loyauté de leurs adversaires.

Cet appel ne devait pas être entendu. Le parlement ne comprit pas qu'en commençant par être juste, il n'en aurait que mieux le droit d'être sévère ensuite. La passion en était venue à ce point où tout calcul, inèine*dans son intérêt, lui semble du. temps perdu.

En conséquence, le 8 mai 1761, arrêt qui « Condamne le général, et, en sa personne, le corps et société des jésuites, à acquitter, tant en principal qu'intérêts et frais, les traites qui n'auront pas été payées ; faute de quoi, ledit général et société demeureront garants et responsables... etc., etc. :»

Mais, dès le 17 avril, le parlement avait fait un premier pas dans la nouvelle route où il ne pouvait guère plus ne pas entrer. Avant même de prononcer sur le procès civil, il avait jeté les fondements du procès

religieux e( paUtjqu^f Ordr^ ^i dowé au f^^ provior cial 4'Ayoir & déposer (ui gr^Bé uu eyewplair» d^ Constitutions des jésuites, et trois conseillers, Ctou><s^ Up çn (6le, ^out dé^pés pour le« $xafpio«r.

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