RAMEAU
Le ‘anadien ne peut vivre heureux et
content hors de l’organisation de la
Iparoisse. Il lui faut son église ou sa
chapelle, son curé, ses marguilliers, ïes
offices du dimanche, douce occasion pour
lui de rencontrer ses parents, ses amis et
ceux avec qui il a quelque chose à régler.
Aussi la première chose dont s'informe celui qui nt aller s'établir dans un nouvel ét: : .sement, c’est de savoir s’il sera bien e: ;xné de la chapelle, s'il y aura une église et un curé résidant plus tard dans l'endroit... C’est pourquoi il n’est pas sans intérêt de noteret de faire
Premarqaer les plus petites choses qui
se rattachent à l'établissement d’une
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paroisse ; car ces faits, bien que peu importants en eux-r1êmes, grandissent avec les lieux, et empruntent un intérê tout particulier à l'intérêt même que l’on porte à ces lieux devenus importants
“Daus une jeune colonie,” dit M] ‘ Grarneau, chaque fait est gros de con “ séquence »our l'avenir,” et on peut en
dire autant d’une paroisse.
Voyons donc ce qui s'est passé au berceau de la paroisse de Somerset, cette
métropole des Bois-Francs, comme l’appe:l lait Monseigneur Signaï) parce que c’est là que vint se fixer d’abord le premier prêtre qui résida dans ces cantons. Ab uno disce omnes.
Peu de temps après l'arrivée des premiers colons le capitaine Lupien, de Bécancour, avait bâti, sur le huitième lot du septième rang de Somerset, une perlasserie, dont on voit encore les ruines sur le bord d’un petit ruisseau, entre la station du chemin de fer et l’église.
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La potasse et la perlasse, produits des cendres que les défricheurs retiraient en abondance des énormes büûchers de bois
| francs qu'ils livraient aux flammes,
furent, comme on l’a déjà vu, une des premières branches de commerce de ces cantons, et, avec le sucre d'érable, qu’il était si facile de faire en grande quantité même auprès des maisons, le plus grand secours des premiers colons. Sans ces deux branches d'industrie, les Bois- Francs seraient peut-être encore à coloniser. Il n’est donc p?s surprenant de
voir que la première institution de Somerset ait été une perlasserie. Quoi qu'il en soit, c'est là que fut célébrée, en 1837, la première messe par M. Olivier Larue, curé de Gentilly et le premier prêtre qui ait visité ces cantons.
Lorsque le sieur Champoux eut achevé de bâtir le petit moulin à farine (autre établissement indispensable) au lieu où
| sont aujourd'hui les moulins de l’hono-
rable Massue, la messe y fut célébrée.
Mais tout cela ne pouvait convenir qu’en attendant mieux. Aussi, le 10 juin 1840, fut fixée, par M, Larue, la place d’une chapelle, sur un terrain agréablement situé, près des bords de la rivière Blanche, charmant petit cours d’eau qui murmure sans cesse, mais d’une manière bien agréable, contre la chaussée des |; moulins, qui retarde sa marche, et dont | les eaux poissonneuses offrent un joyeux | passe-temps aux nombreux amateurs de | la pêche qui parcourent ses rives. En Li | même temps fut béni le cimetière où, le K 12 du même mois, un enfant, du nom M ‘PP
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de Joseph Grondin, eût le privilége, apost non envié, d'y être enterré le premier. religi Cher enfant ! de l’heureux séjour où ton disséi âme s’est envolée, daigne jeter un regard douz d'intérêt sur tous ceux à qui la lecture } quali | de ces lignes va faire connaître le nom [bles | | que tu portais sur la terre ! Boigs | | oravé
Dans l’autorine de cette même année, habit 1840, les vœux des premiers colons R Cour furent comblés par l’arrivée de M. Clovis huit
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Gagnon à Somerset, où il fixa sa résidence. À peine fut-ii installé, qu'il s’occupa de la construction d’une chapelle, pour laquelle les colons avaient déjà amené du bois dans le cours de l'été, et dont les mansardes devaient lui servir de résidence. Mais il ne put y célébrer
[la messe que le neuf mai suivant ; pen-
dant tout l'hiver, il fut obligé de la dire au moulin, où lui-même se retira.
Il fallait un homme d’un courage et d'une vigueur plus qu'ordinaires, pour
supporter les fatigues de son pénible
Hapostolat, et porter les secours de la
religion aux fidèles confiés à ses soins et disséminés sur une étendue de plus de douze lieues : M. Gagnon possédait ces
à qualités. Le souvenir des courses péni-
bles de ce premier missionnaire des Bois-Francs est encore et sera longtemps oravé dans la mémoire des premiers habitants de ces cantons. Il avait à parcourir un espace formant aujourd’hui huit paroisses et quatre missions. Il ny
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avait alors que des chemins si peu praticables, qu’il ne pouvait, le plus souvent,
aller administrer les malades et dire la |
messe dans les missions qu'il avait fondées, qu’à pied ou à cheval. Bien des fois, pour aller à la mission de Saint- Louis de Blanford, sur la rivière Bécancour, il eut à passer la savane de Stanfold, dont on a parlé précédemment. Quelquefois même il ne craignit pas de la traverser pendant la nuit. Celui qui l'aurait rencontré alors dans cette forêt, son bréviaire suspendu au cou, un bâton dans une main et une torche dans l’autre, aurait bien reconnu le vrai missionnaire.
L'année même de l’arrivée de M.
xagnon, vint s'établir dans la paroisse.
le notaire Olivier Cormier, de Bécancour, et, l’année suivante, le docteur Joseph Bettez, d'Yamachiche. Ce fut le notaire Cormier qui, le premier, ouvrit une école dans une petite maison, située devant l’église, au lieu même où l’on a construit, pour l'éducation supérieure
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