‹ Trois villes saintesChapitre 3 sur 16 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

d'ailleurs, à Lui : f avais feuilletéy dans mon enfance, un ouvrage d'un évêque défunt de Coutances, Mgr Germain, dont les gravures me rendirent familiers les miracles dus à Varchange, ïabhaye, les paysages de ses grèves. De plus, V Ouest océanien m* a toujours attiré plus que nulle autre région ; quel site répondrait à mon âme comme le Mont" Saint-Michel, un monastère sur un roc, et rien alentour, si ce nest les sables, les nuées, le vent, la mer ?

J'ajouterai quArs, Compostelle et le Mont Saint-Michel sont trois pèlerinages français ; lEspagne a beau s'être approprié Saint- Jacques ; nos pèlerins montrèrent à la chrétienté le chemin de sa ville, nos architectes dressèrent le plan de sa basilique. Nous ne saurions trop nous remettre en mémoire qui nous fûmes, la fleur des milices de l'Eglise, les féaux des Saints ; l'évidence, en effet, n'est guère niable : ou bien nous redeviendrons le peuple que nous avons été ou, avant peu, nous ne serons plus.

Ces pèlerinages, je les ai faits isolément, par goût, je dois le dire ; mais un des maîtres

les plus sûrs de la vie spirituelle, Saint Jean de la Croix, eût approuvé ma conduite, car il écrivait :

« Celui qui entreprend un pèlerinage fera bien d'aller seul et sans se joindre à d'autres pèlerins, fut-ce même en dehors des temps accoutumés. Mais, quand il y va beaucoup de monde, je ne lui conseillerais pas de s y rendre ; on en revient d'ordinaire plus dissipé quon ny était allé, et beaucoup font ces pèlerinages plus par récréation que par dévotion. »

Ai-je besoin d'en avertir ? Une volonté de recueillement et non une fantaisie d'artiste m'a conduit dans mes trois voyages. Je n'ai point clos mes yeux aux spectacles accidentels de la route ; mais nulle part je n'oubliai pourquoi j'étais là. Aussi cette triade, plus encore que mes précédents livres, pourraitelle avoir comme épigraphe : Credidi, propter quod locutus suin, les choses dont je parle, j'y crois. La foi catholique est le sang de mes veines ; si elle ne battait en moi, je ne me concevrais point existant, et je ne puis envisager les hommes que sous la clarté

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