‹ Troisieme anniversaire de "La Patrie"Chapitre 11 sur 12 · L'HISTOIRE DE LA MONNAIE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE DE LA MONNAIE

La monnaie est de haute antiquité. Son histoire se confond, à son origine, avec les époques plus ou moins indéterminées où les relations entre peuples rapprochèrent les hommes. Elle a été un moyen de civilisation, un agent de fraternité.

La numismatique a jeté quelque lumière sur l'origine de la monnaie : son berceau a été la Chine. On montre

d'anciennes pièces Je Lydie et do Macédoine, mais aucune ne dépasse par l'âge celles de la Chine.

Dans les temps anciens la mesure de la valeur c'était divers objets. On a vu, dans l'ancienne Europe, le bétail servir à faciliter l'échange des marchandises. Un commerçant recevait un bœuf et cherchait à faire un profit en le passant à une autre personne en échange d'une quantité de marchandises plus considérable que celle que lui avait coûté l'animal.

Dans le Zend-Avesta ou livre contenant la doctrine religieuse de Zoroastre qui vécut longtemps avant l'ère chrétienne, on trouve des traces de ce système. On rémunérait de cette manière les services des médecins. Le mot anglais fee, que l'on emploi pour désigner les honoraires des médecins, vient de l'allemand vieil qui, dans un sens, signifie bétail.

Dans la Chine, des écailles servirent, â une époque, comme pièces de monnaie, On trouve sur des pièces chinoises une empreinte qui semble faite par l'ongle : cette marque a sa légende. Sous le règne de la reine Wentek on lui montra le modèle en cire d'une pièce de monnaie. En y touchant son oncle laissa une marque que Ton imite sur la monnaie de la Chine et du Japon.

Aujourd'hui, l'orT l'argent et le cuivre sont universellement reconnus comme les seuls métaux dignes d'être monnayés. À Sparte Lycurgue se servit du fer comme moyen d'échange, mais il ne le fit jamais monnayer.

L'habitude de frapper la monnaie à l'effigie d'un souverain est très ancienne.

Le papier monnaie est aussi d'invention chinoise. Les premiers banknotes — comme on dit en Angleterre — circulèrent cent-dix-neuf ans avant Jésus-Christ dans le domaine de l'empereur Ou-ti. Ces billets étaient des morceaux de peau du chevreuil blanc que Ton gardait alors dans le parcimpérial. Les véritables billets furent connus dans le neuvième siècle sous le règne de Haintroung. On les appelait " l'argent volant.'' Au treizième siècle, dans l'ancienne Babylone et en Assyrie, on se servait de billets de coton. A cette époque, les métaux précieux n'étaient pas monnayés :

on les pesait et on les partageait comme toutes autres marchandises.

L'origine des institutions financières est aussi très ancienne. Sept cents ans avant Jésus-Christ il y avait une banque nationale à Babylone. Dans la GJ-rèce les opérations des banquiers se bornaient à changer la monnaie pour les étrangers. A cette époque comme aujourd'hui, les banquiers payaient l'intérêt sur les sommes mises en dépôt. Le père de Démosthènes avait un compte de banque. L'intérêt s'élevait de dix à trente-sept pour cent.

Les grecs introduisirent le système des banques en [talie. Pompée prêta à cinquante pour cent. Brutus et Caton se contentèrent de quarante-huit. Les douze tables fixaient à 8J l'intérêt légal.

La première banque des temps modernes fut fondée à Barcelone en 1401. La ville garantissait le remboursement des fonds qu'on confiait à l'institution. Cette banque payait l'intérêt sur les sommes déposées, faisait les opérations du change et escomptait des billets.

Les banques d'épargne remontent à peine au siècle qui nous a précédés. L'idée fut mise en pratique en Angleterre par le révérend M. Josiah Smith, de Wendover, en 1799. Il s'associa avec ses voisins pour recevoir des paroissiens de petites sommes d'argent pendant l'été. On remboursait à demande en ajoutant un bonus si une balance était laissée jusqu'à Noël. L'idée fut adoptée plus largement, en 1804. lorsque Mme Wakefield fonda, à Totenham, une banque d'épargne qui fut le modèle de celles que l'on voit aujourd'hui.

J. N. Bienvenu.

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