‹ Troisième anniversaire de "La Patrie" [microforme]Chapitre 7 sur 18 · DRE A · texte numérisé non relu

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romain, Auguste les avait introduites dans les fêtes publiques dans le but de rendre celles-ci plus attrayantes et par conséquent plus populaires. L'espoir d'un gain possible attirait une foule considérable sur les places de Rome ancienne ; c'était l’amour du lucre rivalisant et se confondant avec l’amour de la patrie, d’une manière utile aux projets des Cesars.

Néron agrandit le cercle des opérations de ces loteries impériales, en augmentant les chances de succès de ceux qui entrèrent au concours. Sous son régime les lots tirés au sort devinrent si importants et obtinrent une telle valeur intrinsèque que plusieurs citoyens romains y trouvèrent la fortune.

Hiliogabale, de son côté, voulant augmenter les espérances des porteurs de billets et, sans doute, raviver le patriotisme qui menaçait de s’éteindre, fit annoncer qu’il y aurait, à l’avenir, un prix pour chaque mise. Mais il exécuta cette promesse avec une mauvaise foi, propre à rendre des points à celle des Carthaginois, car, tandis que quelques personnes étaient assez heureuses, pour gagner un /ot de six esclaves, ce qui était un prix magnifique pour l’époque, d’autres étaient réduites à réclamer, comme unique consolation, un lot de six mouches ......à prendre dans les cuisines impériales !,.,...

De Rome les loteries se répandirent dans les principales villes d’Italie et de là passèrent en Suisse, en Hollande et en France, où elles furent introduites sous le règne de François 1er, au commencement du seizième siècle.

L'Histoire nous apprend que la république de Vénise trouva dans les loteries les ressources nécessaires pour continuer la guerre contre l’empire Turc, une des guerres les plus longues et les plus sanglantes de l’époque. Les sommes dépensées durant cette guerre sont presque incalculables et on s'explique difficilement comment une simple loterie, mise en opération au milieu d’un peuple d’environ deux millions d’habitants (chiffre le plus élevé de la population de l’ancienne Vénétie) ait pu donner des résultats aussi remarquables.

La France semble avoir résisté jusqu’en 1539 à l’entraînement général des autres pays à l’égard des loteries, mais à cette date François 1er accorda des lettres-patentes qui autorisèrent leur établissement dans son royaume, Il est vrai que le Parlement refusa l’enregistrement et protesta par cinq arrêts différents contre cette innovation, mais des loteries particulières furent établies dans les principales villes de France ; et bientôt l’on vit l'archevêque de Paris et le président du Parlement lui-même, présider au tirage des lots.

Et, chose étrange, qui prouve bien que l’histoire se répète toujours, François 1er donna pour justifier ce genre de spéculation, la même raison qui est invoquée de nos jours, dans la Province de Québec : la nécessité d'empêcher le peuple d'envoyer à l'étranger les sommes considérables ‘‘ qui vont y chercher des chances d’accroissement que le gouvernement du pays leur refuse.”

Louis XIV qui avait d’abord interdit les loteries, les rétablit officiellement en 1685, à l’occasion du mariage de sa fille et transforma le salon de Marly en quatre bazars somptueux, remplis de toutes les richesses de ‘industrie française. ‘ De toutes parts, dit le père Menétrier, auteur d’une intéressante dissertation sur

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