MALADIKS DES ORGANES DU MOUVEMENT
complexes qui, comme ceux de la marche, exigent d'exactes proportions dans des efforts divers pour s'accomplir exactement. Que ce sens soit engourdi, paralysé, altéré, comme cela arrive aux jambes engourdies momentanément par leur simple entrecroisement, l'homme perd plus ou moins la faculté de marcher et de se tenir debout.
Des coniractiliiés, les unes sont dépendantes de la vie, n'existent dans le muscle qu'avec la vie dont elles sont alors un signe certain, elles sont, vitales; les autres existent indépendamment de la vie; elles tiennent à la texture, et subsistent tant que la texture n'est pas altérée; mais aussitôt que le tissu se ramollit par la putréfaction, que sa cohésion, sa consistance diminuent, les contracidités de tissus s'altèrent. Ces contractilités s'observant dans tous les muscles, nous pouvons regarder la même dans chaque muscle comme formant une seule et même espèce par son ensemble ; et c'est ainsi que nous allons les décrire, sans craindre de tomber dans ce que Broussais appelait i'outologisme.
Les contractilités vitales sont, l'une volontaire, l'autre instinctive, la troisième viscérale, la quatrième convulsive. Il y en a une que j'appelle électrique et irritative, une que je nomme vitale lente, pour les distinguer les unes des autres. Ces distinctions pourront paraître subtiles; mais si elles s'appliquent à des différences réelles, patentes, elles seront suffisamment fondées et raisonnables.
1° La contraciiiné volontaire ne fera d'ailleurs, je l'espère, de difficulté pour personne. Son caractère d'entrer en jeu sous l'influence de la volonté par l'intermédiaire des nerfs est tellement manifeste, et, jusqu'à un certain point, proportionnel à ^énergie de la volonté, que je ne crois pas devoir m'y arrêter plus
longtemps. D'ailleurs cetle faculté peut être paralysée par la lésion du cerveau, de la protubérance cérébrale, de la moelle, des racines, des cordons, des terminaisons des nerfs, et probablenient par l'altération des fibres musculaires. Je conçois difficilement, en efïét, que la fibre charnue n'ait jamais d'initiative, et ne soit qu'un instrument, un esclave sous la main du système nerveux.
2° La contractilité instinctive ou affective est celle qui se fait sous l'influence de l'instinct, de l'affectivité, des passions. Ainsi l'oiseau , l'animal sauvage que l'approche de l'homme met en fuite, le besoin de l'amour qui les fait poursuivre leur femelle, le besoin d'air qui fait respirer l'enfant à sa naissance, comme la faim qui le fait téter le premier corps qui touche ses lèvres, mettent en jeu la coniractiiilé des muscles sans la volonté, et môme malgré la volonté dans certaines circonstances, quoique la volonté puisse y concourir pour en régler l'action. Cette faculté de contraction est rarement affaiblie ou abolie, et, parconséqueiit, cette paralysie est bien plus rare que celle du mouvement volontaire^ cette contractilité me paraît donc indépendante et distincte de la précédente; mais, lors même que je me tromperais à cet égard, cela n'aurait que l'inconvénient de la signaler trop îi l'attention parmi les autres.
3° La coniractiiilé viscérale que Bichat appelait organique semible est celle qui anime une partie des viscères. Elle n'est point sous l'influence de la volonté, qui ne peut ni la mettre enjeu, ni l'empêcher, si ce n'est aux limites de son empire oii la volonté paraît l'influencer un peu dans quelques organes, en y mêlant la contractilité volontaire. C'est ainsi que, dans le pharynx, nous ne pouvons avaler volontairement à vide, sans salive, comme l'a découvert M. Ma-