‹ Troisième monographieChapitre 22 sur 35 · CONSIDÉRATIONS ANATOMICO-PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS ANATOMICO-PHYSIOLOGIQUES

organisation vasculaire et de leurs facultés; aussi serons-nous obligé de nous y arrêter un instant pour rendre un compte abrégé des recherches qui nous ont révélé le mvstère de l'organisation et de la vitalité des os. Mais, pour bien comprendre les maladies des os, il faut commencer par étudier leur structure et particulièrement ce qui regarde leur vascularité. C'est du moins là ce qui m'a initié aux mystères d'une vitalité que je ne pouvais comprendre auparavant.

Remarques historiques sur la structure des os. — Pour ne pas m'exposer à passer pour le plagiaire de mes propres observations, je suis obligé de commencer par quelques détails historiques el de reproduire le texte même de mes anciens Mémoires sur les os et leurs maladies.

Breschet, chargé de rendre compte à l'Académie des sciences de mes recherches sur la structure des os, le fit à la séance du 24 janvier 1839. Après l'exposition abrégée de mon travail pour le comparer à celui des principaux anatomistes qai s'étaient occupés du même sujet, il donne une idée abrégée des résultats auxquels ils sont parvenus. Il suffit de lire ce résumé pour se convaincre que les auteurs qui ont reconnu la vascularité des os ne l'ont reconnue qu'au microscope, et comme le microscope ne montre qu'un champ très-étroit, de moins d'une ligne, par exemple, qu'ils n'ont pu s'en faire une exacte idée 5 qu'ils n'y ont vu que des canalicules et des vaisseaux d'une fraction infiniment petite de millimètre; qu'ils n'ont pu se faire une juste idée de leur direction ; qu'ils ont pris pour des canalicules et des vaisseaux de diverses espèces des canalicules et des vaisseaux de diamètres difi'érents seulement. On concevra facilement que les ayant étudiés à l'œil nu ou armé d'une simple loupe, dans l'état sain et dans l'état morbide, qui les dilate

et les grandit, sur l'homme et sur les animaux, j'ai pu, avec moins de peine, me faire une idée plus exacte de leur disposition 5 or, c'est, je crois, ce qui m'est arrivé. Dans tous les cas, il suffit de comparer mon travail avec le résumé historique de Breschet, pour être frappé du peu de ressemblance de ce travail avec celui de mes illustres prédécesseurs. Je ne leur ai donc rien pris; d'ailleurs, Breschet ne m'en a point accusé et s'est borné à faire preuve d'érudition, ce qui n'est point défendu. Mais il a pris soin de démontrer à Bourgery qu'il s'était trompé dans une réclamation qu'il avait élevée, à mon égard, au sujet des canalicules du tissu canaliculaire et du tissu celluleux. (Voy. Archiv. génér. de méd. 1839, t. IV, p. 379.)

Néanmoins, mon très-honorable et savant collègue M. Nélaton(iVoMt'. élém. depathoL, 1. 1, p. 586), croyant avoir retrouvé mes observations exposées dans celles de Leuwenhœck, (Anat. seu inter rerum ope microscopii détecta. Lugd. Baiav. 1687, p. 199), j'ai dû me livrer à quelques recherches à cet égard. Or, voici ce qu'en dit le grand micrographe hollandais : « Aliquot abhinc «annis, lilteras ad dominicum Henricum Olden- « burg, societatis regise secretarium transmisi, quo- « modo me vidisse existimabam os ex globulis con- « stare ; verîim fortea rescripsi me in sententiâ illâ « fuisse deceptum, et quod ea quse globulos existift mavi veram, non fuerint globuli, sed rêvera lumi- « tates, tubulorum illorum ex quibus os componitur.» [Anat. seu inter. rer. ope micros, détecta. ïnh'^. Lugd. Batoy.,1689.)

Ainsi, à un premier examen, l'anatomiste hollandais croit le tissu osseux composé de globules; plus tard, il voit des orifices de tubes osseux et il en conclut que l'os est composé de tubes. Or, ce qu'il dit avoir trouvé ne lui a montré que des orifices et

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