CREUSE OU PAR MORBÎFORMATION
creusées autour par résorption, de manière qu'elles sont libres par une partie de leur surface ou de leur circonférence, adhérentes à la cavité parle reste; mais qu'elles soient adhérentes ou libres, les parois osseuses de la cavité ne peuvent être appelées un kiste osseux, comme le fait Dupuytren {Leçons orales, t. 2). Un kiste est une poche ou vessie close qui, adhérente à nos tissus par une face, renferme d'ordinaire des produits morbides sécrétés dans son sein, et a une épaisseur de parois évidente, déterminable et non imaginaire. La portion non adhérente ou libre de la tumeur intra-osseuse peut être probablement recouverte d'un kiste séreux interposé à la cavité et à la tumeur. Mais ce kiste ne saurait, pas plus que la cavité d'habitation de la tumeur, autoriser à donner à la tumeur qui est la maladie réelle essentielle, le nom de kiste des os. Ce ne serait pas plus raisonnable, s'il s'établissait une cavité suppurante autour de la tumeur. Pourquoi donc Dupuytren en a-t-il agi ainsi? Serait-ce pour distinguer ces morbiformations des exostoses simples? Le motif serait juste; mais alors il fallait choisir un mot qui ne fût pas impropre, inapplicable à la chose par sa signification.
Les morbiformations des os sont des tumeurs solides ou molles enfermées à nu dans le tissu osseux, auquel elles adhèrent tantôt fortement comme les fibreuses, tantôt, à peine, comme les cartilagineuses, les encéphaloïdes. L'os qui les renferme est souvent vascularisé.
Ces morbiformations s'accompagnent rarement de douleurs à leur origine et pendant leur accroissement, à l'exception des cancéreuses. Ce n'est guère que lorsqu'elles se développent avec rapidité, s'enflamment ou enflamment les parties voisines par distension ou compression. Elles ne peuvent s'accroître
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sans obliger l'os à s'étendre, sans se creuser une cavité pour les loger. Cette cavité se fait par la résorption de l'os et par la nutrition qui le développe autour de la tumeur, ou par la fonction de formation qui le reproduit incessamment; en sorte que ces morbiformations sont plus ou moins ossivores etostéogènes. Tantôt alors, il se sécrète une sérosité, un fluide quelconque, du pus, entre la tumeur et l'os; tantôt il n'y a rien. Ce travail peut s'accompagner de douleurs locales, d'inflammation et de fièvre ; mais ces symptômes peuvent manquer au moins pendant longtemps. A mesure que la cavité grandit, ses parois tantôt se ramollissent, comme dans le charpentier de Morelot, tantôt s'épaississent (Bordenave, Ac. de chir.^ t. 5, p. 238, et p. 170), tantôt s'amincissent. Alors elles cèdent souvent à la pression du doigt pour revenir ensuite sur elles-mêmes par leur élasticité. Ces deux mouvements méritent d'être signalés par un nom propre pour le diagnostic et pour n'être pas oubliés. L'un est . un mouvement de céder et l'autre un mouvement de reiour. ils peuvent ou non s'accompagner de craquements sensibles qu'il ne faut pas désigner sous le nom de crépitation avec Dupuytren, parce que cette expression a une autre signification en médecine et en chirurgie. Plus tard, ces parois amincies se brisent sous un choc léger, dans un effort, sous le poids du corps; d'autres fois elles éclatent et se fracturent ou se perforent par résorption, la tumeur qu'elles renferment s'échappe de sa prison, et plus tard à travers les parties molles ulcérées. Cette terminaison que l'art devaîsce souvent, s'accompagne ou non d'inflammation, de suppuration, de fièvre, parfois d'épuisement qui amènentla mort. D'aulresfoisla maladie devient fistuleuse, déforme et gène plus ou moins le malade, suivant le Jieu qu'elle occupe, mais du moins lui laisse la vie.