‹ Troisième monographieChapitre 28 sur 35 · PAR CORPS FIBREUX, ETC · texte numérisé non relu

PAR CORPS FIBREUX, ETC

fut arrachée du sinus où elle adhérait tellement que le plancher de l'orbite en fut brisé. Le malade guérit. La prudence du chirurgien est un bel exemple de clinique à suivre. On lit dans le mémoire du même Bordenave {Quelq. exostoses de la mâchoire infér.^ ibid, p. 238) une observation de Morelot, sur une tumeur osso-calcaire qui paraît être le produit sécrété d'une osso-moélite et qui n'est pas moins intéressante que la précédente. Celle de Sarah Dulwich, par A. Gooper {Œuvres chir. par Chassaignac et Ricbelot, p. 601, obs. 547) , est un fait instructif de formation inosseuse, tibro-carlilagineuse, de la mâchoire inférieure qui a tué la malade. La suivante, du même auteur, est trèsinsuffisante. La tumeur craquait, à ce qu'il paraît, comme un parchemin sec. On voit des exemples ou des analogues de ces tumeurs aux os maxillaires supérieurs et inférieurs des chevaux et du bœuf au musée d'Alfort, sous les n"^ 1, 3, 5, 7, armoire VL

Il est vraiment pénible de se trouver en opposition de doctrine avec les hommes qu'on estime 5 mais il est impossible aussi d'enseigner le contraire de ce que l'on croit la vérité -, qu'il me soit donc permis de l'exposer sincèrement. L'école de Dupuytren a trop souvent cru le maître sur parole. Ce chirurgien célèbre ayant appelé kistes osseux, ou kistes à parois osseuses les formations fibreuses et d'autres développées dans les os, l'école s'est habituée à lui déférer l'honneur d'avoir savamment éclairci l'histoire des maladies développées au sein des os , et d'en avoir reconnu le premier le véritable caractère. Si Dupuytren a eu raison de regarder comme des kistes les morbiformations indiquées, les polypes fibreux du sinus maxillaire sont des kistes j une tumeur fibreuse développée dans l'épaisseur de l'utérus ou dans sa cavité, est un kiste utérin ; toute tumeur, même non

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creuse, développée dans l'épaisseur des parties molles, qu'il y ait ou non un peu de fluide dans la cavité qui renferme la tumeur, est un kiste. Dupuytren a, sous ce rapport, obscurci plutôt que savamment éclairci la science. D'un autre côté, s'il a le premier connu le vrai caractère de ces maladies, comment le premier fait de ses Leçons orales de clinique^ t. 2, p. 2, n'est-il qu'un corps fibreux adliéresnt à l'intérieur de l'os, et non un kiste; qu'il en soit de même du deuxième; que celui de M. Loir, qui n'a pas de numéro, paraisse être un fait analogue • pour une dent molaire implantée par ses racines dans les parois d'une cavité osseuse. Quant au troisième, du sans doute, dit Dupuytren, à la transformation graisseuse de quelques parties animales d'aliment qui avaient pénétré dans le kiste par l'alvéole de la dent arrachée, il compromet bien la doctrine. Le quatrième pourrait être un kiste, mais la description ne le prouve pas. Le cinquième est insuffisant de détails, pas plus démonstratif, et paraît être une tumeur fibreuse. Le sixième et le septième ne sont pas plus clairs, et, dans tous ces cas, on ne peut sûrement reconnaître la maladie à la lecture de l'observation dont la rédaction est toujours incomplète et obscure. Conime, d'un autre côté, le texte prétend que ces kistes onl une forme assez généralement ovoïde.... la grosseur d'une balle à fusil, d'un œuf ou du poing; que leurs parois sont formées aux dépens mêmes des os, dans l'intérieur desquels elles (ces tumeurs) sont développées (p. 13), et qu'elles sont tapissées par une membrane (p. 21), toute la doctrine de Dupuytren sur les kistes osseux reste à démontrer après comme avant la leçon orale.

Exostoses par morbiformation cartilagineuse (chondrome des os). — Ce sont des affections encore mal connues

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anatomiqiiement et pathoîogiquement. On sait cependant qu'elles se développent dans les os -, qu'elles y acquièrent un certain volume. On affirme qu'elles sont toujours unies et arrondies à leur surface, qu'elles sont ordinairement formées d'une enveloppe osseuse mince (Lebert, t. 3, p. 203), remplie d'un tissu intérieur fibro-celluleux, rouge, mou; que tantôt à l'œil nu, tantôt au microscope seuiement, on y reconnaît une matière cartilagineuse demi-transparente, gélatiniforme ou plus ferme. L'enveloppe est d'autres fois en partie ou en entier cartilagineuse. Cette substance peut s'enflammer, suppurer (Lebert, ibid, p. 209, d'après MuLLER, de Berlin), et obliger par son volume, par la gêne qu'elle cause, etc., à une amputation, quoiqu'elle soit par elle-même d'une nature bénigne. On n'en reconnaît la nature cartilagineuse que lorsque la cavité qui la recèle est ouverte et qu'on peut distinguer la tumeur. — L'ablation de ces tumeurs n'est pas suivie de récidive. Je n'en dirai pas davantage, parce que ce sujet est encore très-confus et que j'en ai déjà parlé (p. 273).

Kistes des os. — Ce sont des poches ou vessies membraneuses, développées dans leurs cavités ou leur tissu, et dont elles constituent la maladie.

D'un volume imperceptible à leur origine, ils forment des tumeurs extérieures de plus en plus considérables, qui sont composées, de dehors en dedans : 1° d'une couche osseuse, d'épaisseur variable, et 2°.d'un kiste membraneux unique, ou de kistes multiples, renfermant un ou plusieurs produits divers, de la sérosité variable, citrine, claire, ou épaisse, sanguinolente, etc., mais n'adhérant point au tissu osseux.

Ces affections sont encore mal connues, parce qu'on manque d'observation?, bien complètes sur leurs di-

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vers caractères, surtout sur leurs caractères amtomiques. On sait cependant qu'on les observe surtout dans les mâchoires (Giraldès) , et principalement dans l'inférieure 5 qu'on les a vues aussi dans l'humérus (A. CooPER, p. 596; Monod), dans le fémur (Nélaton), dans le tibia (A. Gooper, 597); qu'elles peuvent être uniques ou multiples, uni ou multiloculaires (Nélaton, t. 2, p. ù7), dans la même cavité osseuse, ce qui veut dire, par conséquent, que les parois osseuses de cette cavité ne constituent pas le kiste, même aux yeux des représentants les plus distingués de l'école de Dupuytren. On sait encore qu'ils ont des étendues et des formes variables, par suite des résistances différentes que le tissu osseux et les cloisons qu'ils constituent présentent à leur développement, et par d'autres causes, comme dans les multiloculaires; que la poche membraneuse qui les forme varie d'épaisseur, de consistance et de nature, contient des matières diverses, solides rarement, molles ou liquides souvent. Les matières liquides le plus fréquemment remarquées sont de la sérosité claire ou trouble, sanguinolente. Assez souvent aussi on en a vu sortir une matière glaireuse, filante. Malheureusement ces observations manquent souvent de détails sur la nature kisteuse ou non kisteuse de la cavité. Une des plus démonstratives et des plus intéressantes a été publiée avec un dessin par M. Nélaton (t. II, p. li"). C'est un kiste mulliloculaire, contenant de la sérosité sanguinolente, qui occupait le fémur gauche, depuis le grand trochanter jusqu'à deux centimètres des condyles. Il était formé par l'agglomération d'une multilude dekistes, du volume d'une noix pour la plupart, dont l'intérieur avait l'aspect des séreuses. Au rapport de l'auteur (p. hS) qui peut le mieux en juger, le fait de Breschet, celui de Tra-

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vers, cité par Hawkins, sont des faits semblables. Leurs symptômes, leur marche, leur diagnostic et leur traitement se trouvent renfermés dans les considérations précédentes surlesmorbiformationsdesos.

Kistes hijdatiques des os. — Malgré l'énorme différence qui les sépare des précédents, ils doivent en être rapprochés. Ils ont d'ailleurs les caractères des kistes hydatiques exposés à l'article général du t. H, p. 380. Nous nous aiderons, pour celui-ci, des observations de la savante note de Dezeimeris sur le même sujet (Jal. VExper., J837, t. "I, p. 529).

Van Vy et Van der Haar paraissent être les premiers qui aient parlé de cette affection-, et la première observation qu'on en possède ne remonte qu'à Cullerier l'ancien. Saintus entre aux Vénériens, en 1799, avec une urétrite, des végétations et une tumeur au tiers supérieur de la jambe, dont le tibia laisse sentir au toucher une perforation. Cause apparente, chute depuis deux ans sur le tibia, caustique et cautère actuel , issue d'hydatides acéphalocystes de Laennec, guérison presque terminée , évasion du malade. — 2" de Webster. Un jeune matelot se fracture le tibia immédiatement au-dessous de la rotule 5 trois mois après fluctuation, incision, issue d'hydatides, amputation, mort. — 3" rfe Wickham. Elisabeth Stanbrook reçoit un coup de faux dans le tibia; six ans après, pendant une promenade, fracture du tibia dans un mouvement brusque pour se retourner; traitement contentif des fractures. L'inflammation passée, tumeur molle, indolentequi, pressée, rentre dans l'os et en ressort à la suspension de la pression ; incision de la tumeur qui donne issue à quantité d'hydatides, résection dequatre pouces du tibia, qui est néanmoinssuivie de guérison parfaite par le traitement contentif des

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fractures compliquées de plaie.— À» c/e Robert iCéate. Une fille de 18 ans avait depuis six ans, en 1816, une tumeur au front du volume d'une orange, avec douleurs, vertiges, tintements d'oreille, etc. Opérée plusieurs fois en partie, puis cautérisée, elle fut enfin opérée complètement par la section de la tumeur au niveau du frontal. ÏI en était sorti plusieurs liydatides, ou retira les dernières ; la cavité avait six pouces et demi de profondeur, et la malade guérit. — 5^ de Langenbeck sur Reingarten. Il se heurta la tempe droite. Bientôt tumeur frontaire à droite avec exophthalmie légère et perte de la vue de ce côté ; mouvement de céder et de retour dans la lame osseuse du frontal 5 ouverture artificielle du sinus, issue d'un kyste hydatiforme, et probablement guérison après la publication du fait. — 6^ de Diipmjtren sur Haimbault. Le mal se montre dans l'humérus fracturé par un effort et qui ne peut se consolider. Alors Dupuytren incise en dehors du bras sur la fracture pour y pratiquer une résection; issue d'hydatides, puis mort. — 7^ de Frike. Un homme tombe sur les ischions et sur la glace à Al ans : repos prolongé au lit, douleurs à l'ischion et à la hanche, tumeur fluctuante, fièvre hectique, mort. Ailtopsie : incision de la tumeur qui descend de l'épine iliaque au second tiers de la cuisse^ fluide en purée, hydatideset eau jaunâlre qui s'écoulent des cavernes dont sont creusés Tes muscles fessiers, iliaque, psoas, du cotyle et des cavités creusées dans l'os coxal autour du cotyle.

Causes des hydatides. — Elles sont peu connues, quoique l'on y trouve souvent des coïncidences défaits analog^ues qui semblent se prêter une certaine autorité par leur coïncidence, par leur nature traumatique et leur analogie. Ainsi, dans les cas de Cullierier, chute sur le tibia; de Webster, fracture du tibia; de Wickham,

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coup de faux sur la jambe; de Laugeobeck, coup à la tempe et tumeur hydatique daus Fos blessé.

Caract. anal. — Siéije. — Dans les observations de Cullerier, de Webster, de Wickhani, il était au tibia; dans celles de Keate et celle de Laugenbeck, au front ; çdans celle de Dupuytren et une autre d'A. Gooper, à l'humérus. Nombre très-variable de quelques hydatides à des centaines. Etendue très-variable pour chaque vésicule hydatifornie en particulier et pour la fourmilière entière 5 mais celle du malade de Frike est une des plus grandes qu'on puisse voir. Espèces. On les connaît très-mal et on ne parle jamais que de l'acéphalociste de Laennec, sur laquelle M. Livois a élevé des doutes qui ne sont pas sans fondement et font qu'on se demande si l'on n'a pas pris de simples kistes séreux pour des hydatides.

Symptômes , marche et dignostîc des hydatides inttaosseuses. — Le frémissement dit hydatique dans le cas oîi les hydatides feraient saillie à travers l'os ouvert ou fracturé, sous les parties molles, comme dans les observations de Cullerier, de Wickham, de Fricke, pourrait peut-être faire reconnaître la nature hydatique de la tumeur, s'il existait, mais les auteurs ne parlent que de fluctuation , et Wickham de sorti* et de rentrée de la matière hydatique.

Pronostic plus grave que dans les autres kistes. — Traitement des morbi formations osseuses en général avec conservation des membres, quand ils paraissent pouvoir être conservés. Mais il ne faut pas trop fonder d'espérance sur le succès de Wickham : c'est un fait fort extraordinaire.

Tubercules des os. — C'est par principe de classification que je les place dans les exostoses, car ils ne produisent que rarement des tuméfactions osseuses

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considérables. Cela se voit cependant aux corps des vertèbres. Nous avons donné les caractères généraux des tubercules t. 2, p. 602 , nous ne devons pas y revenir. Nous devons nous borner maintenant à ce qu'ils présentent de particulier dans les os.

Caractères anatomîqiies . — Suivant M. Nélaton , qui a été à même de les bien étudier à l'hôpital des enfants, on les observe surtout dans le tissu celluleux le plus rouge des os qui appartient à ceux du tronc (p. 79), dans les extrémités articulaires des os longs, dans les os courts des enfants très-jeunes, ou le tissu celluleux est alors plus rouge, moins jaune ou moins graisseux que plus tard. On les trouve plus fréquemment : 1° dans les vertèbres; 2° dans le tibia, le fémur, l'humérus chez les enfants; 3" dans les phalanges, les métatarsiens, les métacarpiens; li° dans le sternum, les côtes, les os iliaques; 5° dans ceux du tarse et du carpe ; 6» dans l'apophyse pétrée, et d'ailleurs les tubercules ont été observés sur presque tous les os. Les uns, suivant M. Nélaton, y occupent une cavité circonscrite et sont enkîstés; les autres sont infiltrés dans le tissu des os. Mais, à l'égard de cette dernière assertion, les observateurs ne sont pas d'accord; beaucoup ne voient dans l'infiltration tuberculeuse que de l'ostéite suppurée, et j'incline moi-même vers cette pensée. On affirme que le microscope n'y montre point de matière tuberculeuse, mais seulement du pus. Quoi qu'il en soit, la cavité d'habitation du tubercule a des parois toutes osseuses lorsqu'il est profond ; mais quand, par suite de son accroissement, il est parvenu à la surface de l'os, ces parois peuvent être osseuses, fibreuses, cartilagineuses, suivant qu'il est arrivé sous le périoste ou un cartilage articulaire, etc. La surface interne de la paroi est lisse ou hérissée de filets osseux très-fins.

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