ANKYLOSE
le rapprochement des surfaces articulaires, l'arrêt de leurs mouvements par des tumeurs tophacées, des ossificalions périarticulaires, des adhérences interarticulaires, et même leur ossification.
Delà quatre modes d'ankiloses parles causes; il y en a quatre aussi par les caractères anatomiques :
1° Ankylose par rétraction. Celle-ci est produite par une immobilité prolongée qui permet aux parties molles, même à l'état sain, de se resserrer peu à peu sur elles-mêmes par leur contractilué vitale lente. Mais l'inflammation des parties articulaires et surtout des tissus blancs, ajoutée à l'action de la eontractilité lente, amène bien plus fréquemment l'ankylose, comme on peut le prévoir par la doctrine des rétractions. (V. t. 11, Irijlam. rétract.) Ces ankyloses sont souvent incomplètes et offrent seulement des mouvements très-limités , quelquefois même imperceptibles; mais elles sont parfois guérissables par des mouvements forcés très-répétés, ou même par un accident, une chute, une force quelconque qui fléchit une ankylose droite ou redresse une ankylose infléchie. Les mouvements forcés des jointures triomphent souvent de cette ankylose en allongeant les parties molles.
I'^ Ankylose par adhésion. Les surfaces articulaires peuvent adhérer l'une à l'autre par suite d'arthrite synoviale, par suite de la destruction des cartilages, et de l'adhésion de fongosités sus ou sous-cartilagineuses, sécrétées et formées entre les os articulés. Cette ankylose peut laisser des doutes sur son espèce et faire croire à une ankylose complète, tandis qu'elle ne l'est pas réellement. Une rupture accidentelle, violente, des adhérences peuvent encore la guérir, mais elles peuvent aussi entraîner la perte du malade. Le n° 689 du musée Dupnytren ollVe un exemple de
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cette ankilose dans l'articulation coxofémorale. Les os sont d'ailleurs très-vascularisés dans cette pièce, ce qui dénote une ancienne et vive arthrite coxofémorale.
3° Anhjlose par arrêt des mouvements sans rétraction. Celle-ci est produite par des ossifications circonférentielles de l'arliculation, qui, sous forme de plaques, de faisceaux, de ligaments osseux, de masses arthritiques tophacées, vont d'un os à l'os voisin. Ces ankyloses empêchent les mouvements, à la manière des attelles d'une fracture ou d'un bandage inamovible. Cette ankylose est ordinairement extérieure, seulement, c' est-a-dire, sans soudure intérieure entre les surfaces articulaires. On en a des exemples dans les vertèbres surtout (Mus. Dupuyt., n° 652. Le n° 683 en offre un dans l'articulation coxofémorale). Dans ces cas, il n'y a pas mouvement articulaire. Il est donc difficile de la guérir 5 cependant une violence téméraire pourrait y parvenir 5 mais la prudence ne permet pas de l'essayer.
A' Ankylose par soudure osseuse. Celle-ci est le résul'tat de l'ossification des adhérences interarticulaires. Elle est la plus solide, la plus complète, et constitue ce que l'on appelle la vraie ankylose, comparativement aux première et deuxième espèces, que l'on nomnae fausses aukyloses. (Y. Mus. Dupuyt., 683% 68i% 684".) Avec le temps, les ossifications de la quatrième, même de la troisième, peuvent devenir celluleuses, aréolaires à l'intérieur 5 la cavité médullaire peut même se prolonger dans la soudure des os longs. Alors deux os, distincts auparavant, n'en forment plus qu'un, par la suppression de l'articulation.
Les ankyloses sont le plus fréquemment uniques, mais souvent aussi elles sont multiples ou diathésales; on en a même vu d'universelles ou à peu près
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universelles. (Voy. Hennen, Princip. Siirgery, Deslandes, Acad. des Se, 1775; Larrey (de Toulouse), Percy, Velpeau, etc.) Quoiqu'elles ne soient reconnaissables pendant la vie que dans les articulations mobiles, elles affectent aussi les articulations semimobiles et immobiles. Ceci semble d'abord un paradoxe, et n'a échappé aux observateurs que parce qu'ils n'ont pas assez réfléchi aux faits particuliers pour en comprendre toute la portée. C'est ce qui nous arrive toujours lorsque, tout entiers à l'observation sensoriale, nous n'y faisons pas assez participer l'intelligence par la réflexion. Mais il suftil d'abord de rappeler que les articulations semi-mobiles des vertèbres, du bassin, s'ankylosent assez souvent-, que les articulations immobiles de la tête s'ankylosent toutes avec l'âge, et même de très-bonne heure, par soudure osseuse-, en sorte qu'on ne peut plus désarticuler les os de la tête sans les briser. La soudure osseuse est si solide, alors, que les os se brisent plutôt dans la continuité de leur substance que de se séparer dans leurs articulations.
Les articulations ankylosées affectent deux direc" lions différentes. Elles sont droites ou Jiéclnes. Les soudures sont plus ou moins étendues, les jointures plus ou moins altérées dans leur forme, par suite de la conformation des parties lésées, et surtout des productions osseuses tophacées, etc.
Symptômes et marche. Gêne ou empêchement de certaines attitudes, gêne et diminution considérable des mouvements, alors l'ankylose est incomplète. D'autres fois, au contraire, il y a suppression absolue des mouvements; alors l'ankylose est vraie ou complète. Quelquefois consécutivement, gêne ou empêchement des mouvements dans d'autres jointures, de la marche, du saut, de la course, par une ankylose des
bhk MALADIES ARTICULAIRES.
membres inférieurs, soit de !a hanche, soit du genou, soit du coudepied. Amélioration possible par Texercice, lorsque l'ankylose est incomplète; quelquefois par accident, mais aussi aggravation possible par cette cause.
Diagnostic Aq, l'ankylose, en général, facile, car si une jointure est assez mobile pour que le malade ne s'aperçoive pas de la gêne et de la diminution de l'étendue des mouvements, ce n'est pas une ankylose, c'est même à peine une rigidité articulaire qui se dissipera, au moins en grande partie, avec le temps. Le diagnostic de l'espèce devient diflicile et douteux lorsque les mouvements articulaires sont Irès-obsciirs, et, si l'on ne parvient point à les distinguer du mouvement des chairs pressées par les mains, ce diagnostic est impossible. On peut bien fixer l'un des membres, le supérieur, d'une main, tandis qu'on remue l'autre avec l'autre main, ou se faire aider d'un aide qui fixe le premier, pendant que l'un imprime des mouvements au second. Mais quelquefois le diagnostic n'est pas plus évident; cependant les antécédents peuvent l'éclairer.
Le pronostic, est en général subordonné à l'importance des mouvements de la jointure; à la gravité de la maladie qui a précédé l'ankylose et dont celle-ci est souvent une terminaison favorable, à la clarté du diagnostic, etc.
Traitement. — Lorsqu'une ankylose peut s'accomplir et terminer une maladie plus grave, comme une arthrite compliquée, suppurante, qui menace les jours d'un malade, loin de combattre cette terminaison favorable, le chirurgien doit, pour prévenir un plus grand ma!, chercher, 1° par une immobilité soutenue pendant plusieurs mois, au besoin, à obtenir l'ankylose. et 2° à donner au membre une direction favo-