PRODUCTIONS ARTICULAIRES
rable, verticale au bras et à !a cuisse, dans l'arikylose de l'épaule et de la hanche, demi-îléchie au coude, etc. — Lorsque l'ankylose n'est pas désirable, comme dans le cas de fractures voisines d'une articulation très-mobile ou à grands mouvements, dans le cas de synovialite, d'arthrite compliquée, devenue chronique ou subaiguë et capable de supporter des mouvements très-doux, il faut imprimer à l'articulation menacée des mouvements de ce genre, en s'aidant des cataplasmes émollients, des onctions, des bains tièdes et même des sangsues pour combattre l'inflammation locale. Si elle s'éveille, par les mouvements répétés, on suspend alors ces mouvements ou l'on en diminue l'activité. Dans !e cas où il y a peu de douleur, recourez même à des machines, pour donner plus d'étendue aux mouvements d'extension , de flexion, etc., mais agissez graduellement et lentement pour ne pas causer d'accidents. Quant aux machines expéditives qui rompent une ankylose du genou en un clin d'œil, cela n'est bon qu'à faire courir la foule, toujours avide des spectacles de torture. Il est possible que l'excision cunéiforme de l'ankylose angulaire, inventée par M. Rhea Barthon, en Amérique, puisse être utile et ^ivantageuse, mais je n'oserais encore la recommander, bien qu'elle ait été pratiquée par lui et par Gibson, Platt, Burr, etc.
Productions articulaires.
On voit se développer morbidement dans les articulations, dans leurs parois, hors de leurs parois, dans les synoviales ou sous-synoviales, appelées bourses muqueuses, des productions plastiques, des corps plus ou moins volumineux que l'on appelle corps étrangers articulaires.
Causes. —Obscures et mal connues, Si les épancheraentsde sang, par suite de contusion autour des jointures ou dans ces organes, peuvent donner lieu à la formation de cartilages, ce qui me paraît bien douteux, il paraît plus certain qu'il se produit, sans ou avec inflammation, quelquefois à la suite de douleurs articulaires plus ou moins éloignées, ou après un effort, des granulations riches eu fibrine, qu'on a comparées à des grains de riz, à des pépins de fruit. Il paraît également certain que des fractures peuvent détacher des parties intra-articulaires, osseuses et cartilagineuses, qui deviennent mobiles dans les jointures. (Obs. de M. Richet.)
Caractères anatomiques. Ces corps sont plus ou moins nombreux, mais plus nombreux quand ils sont petits que lorsqu'ils sont gros, très-nombreux quand ils ont la forme ovale de graine de melon (Brodie, p. 232), de pépins, ou la forme granuleuse des grains de riz (Dupuytren). S. Cooper parle d'un soldat qui en portait un du volume de la rotule, à l'articulation du genou. Situés parfois primitivement en dehors des synoviales, ils finissent par pénétrer dans la jointure en se coiffant de la synoviale et s'y suspendant par un pédicule étroit, puis en rompant leur pédicule. Alors, d'extérieurs et de fixes qu'ils étaient, ils deviennent mobiles et intérieurs. Suivant Brodie, p. 232, ces corps ont leur origine « dans la lymphe coaguîable, » et il a souvent été à même de suivre leur formation graduelle. « D'abord la lymphe forme des masses irrégulières ; ensuite, par le mouvement et la pression des parties contiguës, elles sont réduites en parcelles plus petites. Celles-ci contractent insensiblement une forme régulière, prennent une consistance plus ferme, et elles finissent par devenir des corps ovales aplatis. » On voit par