‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 82 · CHAPITRE. II · texte numérisé non relu

CHAPITRE. II

Traversée d'Angleterre à Ténériffe. Reldche. Description de la rade de Sainte-Croix. Rafraichissemens qu’on y trouve. Observations pour déterminer la longitude de Ténériffe. Quelques détails sur cette Isle. Ville de Sainte-Croix et de Laguna. Remargues sur l'Agriculture, le Climat, le Commerce et les Habitans,

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No us étions depuis peu de temps hors du canal de PZmouth, lorsque le vent passa plus à l'Ouest et souffla avec force ; obligés de marcher avec précaution, nous ne fimes

que le 14 à huit heures du soir , par le travers de la pointe Lisard.

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Le16,à midi, le Fanal Sainte- Agnès qu'on trouve sur les Sorlingues, nous restoit au Nord-Ouest-quart-Ouest, à sept ou huit milles ; nous étions par 49° 53/ 30” de latitude Nord, et selon la montre marine , à 6° 11/ de longitude Ouest. J'en conclus que le Fanal Sainte- Agnès est placé à 44° 57 30” de latitude Nord , et à 6° 20’ de longitude Occidentale.

Le 17(*)etle 18, nous étions par le travers d’Ouessant: ma montre indiquoit 5° 18’ 37" Ouest pour la lone gitade de cette Isle. La déclinaison de l’aimant étoit de 23° 0” 5v” dans la même direction.

Nous portames le Cap à l'Ouest avec un vent impétueux du Sud, jusqu’à huit heures du matin du 19; le vent passa alors à l'Ouest et au Nord-Ouest, et nous revirâmes de

bord pour marcher au Sud. Nous aperçümes neuf grands

vaisseaux , qui nous parurent des vaisseaux de ligne françois ; ils ne firent aucune attention à nous, et nous continudes paisiblement notre route.

Le 22, a dix heures du matin, nous découvrimes le Cap Ortegal qui, à midi, nous restoit au Sud-Est un demi-rumb Sud, à environ quatre lieues de distance. Nous étions alors par 44o 6/ de latitude Nord , et la montre inaiine établissoit notre longitude à 8° 23” Ouest.

Après deux jours de calme, nous dépassämes le Cap Finistère , l'après-midi du 24, a l’aide d’un bon vent de

(*) Il paroît, par le Journal de Mer du Capitaine Cook, qu’il s’occupa de bonne heure de la santé de son équipage. Le 17, il fit brûler de la poudre dans les entreponts, et mettre à lair les voiles de rechange.

DE COOK. (2776) 5 Nord-Nord-Est. Selon ma montre , la longitude de ce Cap est de 9° 29/ Ouest; le résultat moyen de quaraute-une observations de la Lune, faites avant et aprés que nous l'eûmes dépassé, et rapportées à la montre, fut de 9° 19/ 12°

Le 30, à dix heures six minutes trente-huit secondes du soir, temps apparent , j'observai, avec un Télescope de nuit , la Lune totalement éclipsée. Selon les Ephémérides, ce phénomène eut lieu à Greenwich, à onze heures neuf minutes ; la différence fut d'une heure deux minutes vingtdeux dons , ou de 150 35" 30" de longitude. La montre marine indiquoit en même-temps 15° 26” 45" de longitude occidentale : nous étions par 31° 10/ de latitude Nord. Nous ne pümes faire d’autres observations sur cette éclipse; des nuages cachèrent presque toujours la Lune , et en particulier , au commencement et à la fin des ténèbres, et à la fin de Lips,

Voyant que nous n'avions pas assez de foin et de graines, jusqu’au Cap de Bonne-Espérance, pour ceux de nos animaux que je voulois garder en vie, je résolus de toucher à Ténériffe, et d’y prendre en outre des rafraichissemens pour l'équipage. Je crus cette Isle plus propre que Madère à mon objet. Nous découvrimes Teneriffe à quatre heures de l'après-midi du 31, et je gouvernai sur la partie orientale : nous en étions assez proche à neuf heures du soir, et nous nous mîmes plus au large, afin de louvoyer durant la nuit. '

Le 1.** Août, à la pointe du jour , nous doublames la pointe orientale de Ténériffe , et à huit heures, nous mouillames au côté Sud-Est dans la rade de Sainte-Croix, par vingt - trois brasses , fond de sable vaseux. Punta de

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Nago , la pointe Est de la rade, nous restoit au Nord 64° Est. Nous avions à l'Ouest-Sud-Ouest , l'Eglise de Sains- François, que l'élévation de son clocher rend remarquable; au Sud 65° Ouest le pic ; et au Sud 35° Ouest , la pointe Sud-Ouest de la rade, sur laquelle est placé le Fort ou le chateau.

Nous trouvâmes dans cette rade Ja Boussole , frégate Françoise , commandée par le Chevalier de Borda; deux brigantins de la même nation ; un troisième brigantin Anglois qui venoit de Londres, et qui alloit au Sénégal, et quatorze batimens Espagnols.

Dès que nous fimes mouillés , le maitre du port vint faire sa visite; il se retira dès que nous lui eùmes dit le nom du vaisseau. Unde mes Officiers alla de ma part saluer le Gouverneur , et lui demander la permission d’embarquer de l'eau’, et d’acheter les choses dont nous avions besoin. Le Gouverneur m'accorda, avec la plus grande politesse , tout ce que je lui demandois, et l’un de ses Officiers vint me complimenter. L’aprés - diner , j'allai le voir avec quelques-uns de mes Officiers : avant de retourner à bord, j’achetai des graines et de la paille pour nos animaux. Je m'arrangeai avec M. mCarrick, pour quelques tonneaux de vin : je reconnus que nous ne pourrions remplir nos futailles nous-mêmes , et le maître d’un bâtiment Espagnol promit de nous fournir de l'eau.

La rade de Sainte-Croix est placée devant la ville du même nom, au côté Sud-Est de l'Isle. On m’a dit que c'est la meilleure de T'énériffe ; elle est bien abritée , elle est vaste’, et son fond est de bonne tenue. Elle se trouve entièrement ouverte aux vents du Sud-Est et du Sud; mais ces vents ne sont jamais de longue durée ; et les habitans

DE COOK. (1776) 17 du pays assurent qu'aucun vaisseau n’y chasse sur ses ancres(*). Cet avantage est peut-être di aux soins extrêmes qu'on y prend pour amarrer. Tous les bâtimens que nous y vimes avoient quatre ancres dehors, deux au Nord-Est,

et deux au Sud-Ouest ; et leurs cables étoient appuyés sur

des futailles. N'ayant pas songé à cette dernière précaution,

les nôtres souffrirent un peu.

Il y a dans la partie Sud-Ouest de la rade, un môle qui se prolonge dela ville dans la mer, et qui est trés-commode pour le chargement et le déchargement des vaisseaux; on | y porte l'eau qui s’embarque. L’eau de la ville vient d’un ji ruisseau qui descend des collines ; la plus grande partie {

arrive dans des tuyaux ou des augets de bois, soutenus |\4 j par de minces étais ; le reste n’atteint pas le rivage. La lar- id i geur du canal montre néanmoins qu’il sert quelquefois de Il ' lit à de gros torrens. On réparoit les tuyaux durant notre He F relâche , et l'eau douce, qui est trés-bonne , se trouvoit | ti 3 rare. | fil d Si l'on jugeoit de l’Isle entière par l'aspect des campa- Ai i gnes aux environs de Sainte-Croix , on en concluroit que LU i Ténériffe est stérile ; et quelle ne peut pas même fournir | À 4 a la subsistance de ses habitans. Mais on nous vendit une 1 i : quantité considérable de provisions, et il est clair qu’ils ne ‘Al a= . A 141 consomment point, à beaucoup près , toutes les produc- 1 1e (*) Malgré assertion des habitans de l’Isle, qui donnérent ces Hi le détails au Capitaine Cook , Glas nous apprend que quelques il années avant sun arrivée à Ténériffe, presque tous les vaisseaux | Whi ad de la rade furent jetés h la côte. Voyez Gras, Hist. of the A 1S Canary Islands, p. 235. On peut supposer que les précautions |} ns actuelles ont empéché de pareils accidens, et elles suffisent pour pli

justifier la remarque du Capitaine Cook. , iat Tome Ler 2

tions de leur sol. Outre le vin, on y achète des bœufs à un prix modéré. Ces bœufs sont petits et osseux , et ils pèsent . environ quatre-vingt-dix livres le quartier : la viande en est maigre : elle se vendoit trois sous sterling la livre. Je fis la sottise d'acheter de jeunes bœufs en vie, et je les payai bien davantage. Les cochons , les moutons, les chèvres et la volaille n’y sont pas plus chers, et on y trouve des fruits en grande abondance. Nous y mangeames des raisins , des figues, des poires, des müres et des melons muscats. L'Isle produit beaucoup d’autres fruits qui w’éivient pas de saison. Les citrouilles , les oignons et les patates y sont d'une qualité excellente , et je n’en ai jamais rencontré = se gardent mieux à la mer.

Le blé d’Inde me coûta trois schellings et six sous le boisseau, et , en général , on me donna à bas prix les fruits et les racines. Les habitans prennent peu de poissons sur leur côte; mais leurs bâtimens font une pêche considérable sur la côte de Barbarie, et ils en vendent le produit à bon "| compte. Enfin , il m'a paru que les vaisseaux qui entreprennent de longs voyages, doivent relâcher à Ténériffe plutôt qu'à Aadère, quoique selon moi, le vin de cette dernière Isle soit aussi supérieur à celui de la première, que la bière forte l’est à la petite bière. Mais le prix compense cette différence ; car j'achetai douze livres sterling le meilleur vin de Ténériffe ; et la pipe de Madère de la meilleure qualité m’auroit coûté plus du double (*).

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(*) On faisoit autrefois, à Ténériffe, une grande quantité de vin sec de Canarie, que les Francois appellent vin de Malvoisie, et que nous nommons en Angleterre, par corruption, Malmsey; ce nom vient de Malvesia, ville de la Morde , célébre par ses vins

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Le chevalier de Borda, Capitaine de la frégate frangoise qui mouilloit dans la rade de Sainte-Croix , faisoit, de concert avec M. Varila, Astronome espaguol, des observations pour déterminer le mouvement journalier de deux gardes-temps qu’ils avoient à bord. Ils se livroient à ce travail dans une tente placée sur le môle : tous les jours à midi, ils comparoient, à l’aide de quelques signaux, leur garde-temps avec l'horloge astronomique qui se trouvoit sur la côte. M. de Borda eut la bonté de me commu niquer ses signaux, et nous pûmes examiner aussi le mou- ‘ement journalier de notre montre marine; mais notre relâche à Teneriffe fut trop courte, pour tirer un grand avantage du service amical qu’il voulut bien me rendre. Les comparaisons que nous répétames trois jours, m’assurèrent que le mouvement de ma montre marine n’avoit point eu d'écart essentiel, et même qu’elle n’en avoit eu aucun : nous déterminames la longitude par des observations de la hauteur du Soleil, sur l'horizon de la mer; et la montre marine me donna, à quelques secondes près, le même résultat. Je pris le terme msyen des observations faites le premier, le second et le troisième jour d'Aoùt, et je trouvai la longitude de 16° 31/ Ouest. Je dé-

couvris, par la même op.ration, que la latitude est de 28° 30! 11” Nord.

doucereux. Dans le dernier siècle, et même plus tard, on en importoit beaucoup en Angleterre ; mais on n'y fait guère aujourd’hui d'autre vin que celui dont parle le Capitaine Cook. Les vignes du pays ne produisoient pas, au temps de Glas, plus de cinquante pipes de Malvoisie annuellement. Cet Auteur dit que les habitans cueillent les raisins encore verts, et qu'ils en tirent un vin sec et substantiel, propre aux climats chauds. Page 62.

M. Varila nous dit que la véritable longitude est de ‘a8° 35’ 30", à compter du méridien de Paris, cest-adire, de 160 16” 30”, à compter du méridien de Greenwich; ou 14/ 30" moins que ne l'indiquoit ma montre. Mais, loin d'attribuer cette erreur à mon garde-temps, jeus lieu de croire que M. Varila se trompoit, et que la position indiquée par ma montre est plus exacte. En effet, les observations de la Lune, que nous fimes dans la rade de Sainte-Croix, donnèrent 16° 37/ 10". D'autres observations faites avant notre arrivée, et rapportées à la rade, par la montre marine, donnèrent 16° 33/ 30": celles que nous fimes après notre départ, et que nous rapportâmes de la même manière, au lieu où nous venions de mouiller, donnèrent 16° 28’. Le terme moyen de ccs trois suites d'observations de la Lune, est de 16° 30” 40”.

Afin de rapporter notre latitude, et ces différentes longitudes au pic de Ténériffe, Pune des montagnes les plus célèbres du globe, dont il seroit utile de déterminer la véritable position, je pris des relévemens, et j’examinai le sillage du vaisseau durant quelques heures, aprés notre départ de Sainte-Croix, et je reconnus que le pic git à 124 a1” de latitude Sud, et à 29/ 30" de longitude Ouest de la rade. Comme j’ai fait entrer dans mes calculs une distance estimée, il y a peut-être de l'erreur; mais cette erreur ne doit pas être considérable. Le Docteur Maskelyne ( British Mariners Guide) place le pic à 28° 12’ 54" de latitude. En rapporta;it cette quantité à la position de la rade, la différence de longitude est de 43’; cet éloignement excède de beaucoup celui que comptent les hab‘tans de Sainte- Croix. J'ai trouvé que le pic git à 28° 18’ de latitude Nord. D'après cette supposition , sa longitude sera,

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est-à- ; rine, de........... 17° of 30” | reen- : Suivant mes observations Ouest. ; ontre. de la Lune......... 16° 30/ a0”

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. En | Et si la latitude est de 280 12/ 54”, comme le dit le British ans la | Mariner’s Guide, la longitude sera de 13’ 30" plus à utres ; l'Ouest. | ées à 4 Tandis que nous étions dans la rade, la déclinaison 30" : de l’aimant, d’après le résultat moyen de tous nos coms rap- | pas, fut de 14° 41” 20” Ouest; et l’inclinaison de l’extrénions mité septentrionale de l'aiguille, de 61° 52! 30". le ccs à Les remarques de M. Anderson sur les aspects et les ! ho". j productions de Térériffe ; ses observations particulières, s lon- ainsi que les faits qu'il a recueillis en conversation, sur plus V'état actuel de l'Isle, peuvent être utiles : elles indiquea vé- ront du moins les changemens survenus depuis le voyage nai le de M. Glas, et je les insère ici.

notre î « &>Tandis que nous approchions de la côte, le ciel à 124 | » étoit parfaitement clair, et nous eûmes ie loisir d’exade la Ÿ » miner le célèbre Pic de Ténériffe. J'avoue que je fus ance » trompé dans mon attente : quoique sa hauteur perpenr ne » diculaire soit peut-être plus grande, il est loin d’égaler itish » la noble apparence du Pico, l’une des Isles Occidenude, » tales, que j'avois vue autrefois. Cette différence vient a dif- » peut-être de ce qu’il est environné d’autres montagnes ‘À cède » très-hautes, et de ce que le Pico n’en a point autour de intes | » lui.

tude | » Derrière la Ville de Sainte-Croix, le pays s'élève

peu-à-peu, et il est d’une hauteur modérée, Par-delà,

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22 TROISIEME VOYAGE » le sol s'élève davantage au Sud-Ouest ; et il continue à » monter, jusqu'au pic, qui, de la rade, ne paroît guère » plus haut que les collines dont il est entouré. 11 semble s'abaisser depuis le pic, mais non d'une manière brus- » que, aussi loin que l'œil peut s'étendre. Croyant que » notre relâche seroit seulement d’un jour, je ne fis pas » dans l'Isle toutes les courses que j'avois projetées, et, » malgré mon envie, je ne pus aller au sommet du » pic (*).

» L'Isle semble être d’une stérilité complète, à l'Est de ». Sainte-Croix, Des chaînes de collines se prolongent » vers la mer; on y trouve des vallées profondes, qui aboutissent à d’autres montagnes, ou d’autres collines » qui coupent les premières, et qui sont plus élevées. » Celles qui courent vers la mer, semblent avoir été » battues par les vagues, qui v ont laissé des empreintes; » elles se montrent comme des raugées de cônes, dont » les sommets offrent beaucoup d’inégalités. Les collines

(*) On tronve dans Spratt’s History of the Royal Society, page 200, etc., la Relation d’un Voyage au sommet du Pic de Ténériffe. Glas y monta également Voyez History of the Cunary Islands, page 252 jusqu’à la page 259 Le volume quarante-sept des Trinsactions philosophiques, donne les Observations que fit le Docteur Heberdeen , en montant sur le pic. Cet Écrivain évalue à 2,566 brasses, ou à 15,396 pieds auglois, la hauteur du pic audessus du niveau de mer; il ajoute que ce résultat fut confirmé par deux observations subséquentes, et par d’autres que nous devons à M. Crosse, Consul Anglois. Cependant le Chevalier de Borda, qui mesura l hauteur de cette montagne, au mois d’Août 1976, ne l’évalue qu’à 1,931 toises de France, c’est-à-dire à 32,340 pieds anglois. Voyez les Observations faites par le Docteur Forster, durant le second Voyage de Cook.

DE COOK. (1776) 23 | tinue à 4 » ou montagnes transversales, à l'égard de ces premières, guère à » sont plus uniformes.

semble ‘ » L’après-midi du jour de notre arrivée, j'allai dans

2 brus- : » une de ces vallées, avec le projet de gagner les sommets ant que » des collines les plus éloignées , qui semblaient coufis pas | » vertes de bois; mais je n’eus que le temps d'atteindre

» le pied. Après avoir fait environ trois milles, je ne

» vis aucun changement dans l'aspect des collines les » plus basses, qui produisent en abondance l’Euphorbia » Canariensis : on est surpris que cette plante, grosse et » pleine de suc, croisse si bien sur une terre si brûlée. » Lorsqu'on la brise, il en sort une quantité considérable » de suc; et, quand elle est sèche, elle doit se trouver » mes à rien : quoique d’une substance douce et légère, » elle est assez forte. Les habitans croient que son suc est A TS » caustique, et ronge la peau; je leur démontrai avec | » beaucoup de peine qu'ils se trompoient (*). J’insérai un

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collines » de mes doigts dans cette plante, et ma peau n'étant | » point altérée, ils convinrent enfin que j’avois raison. Ils | i » coupent | Euphorbia, qu'ils laissent sécher et qu'ils Ha fociety , » brülent ensuite. Je rencontrai aussi dans cette vallée i | Pic de » deux ou trois espèces d’arbrisseaux, et un petit nombre ‘fi ed » de figuiers, près du fond. Je n’y trouvai pas d’autres AH que a » productions du règne végétal. ‘Re évalue » Une pierre lourde, compacte, bleuâtre, et mêlée de Li pic au- ! A nfirmé FR H . | ty ite (*) Glas, en parlant de cette plante, p. 231, dit : « Je ne puis | d'Août » imaginer pourquoi les habitans des Canaries n’en tirent pas le AE dire à » suc, qu'ils pourroient employer dans leurs bateaux, au-lieu de ll ,D ‘ » poix ». M. Anderson nous apprend aujourd’hui pourquoi les | | oc- 1 i

habitans des Canaries ne s’en servent pas.

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24 TROISIEME VOYAGE » quelques particules brillantes, sert de base aux collines;

et on voit dispersées sur la surface, de grosses masses, d’une terre ou d’une pierre rouge et ‘friable. Je trouvai souvent aussi la même substance dispersée en couches épaisses; le peu de terre répandu çà et là, étoit un terreau noiratre. Il y avoit de plus quelques morceaux d’une autre pierre (*), dont la pesanteur et la surface polie me firent croire qu’elle étoit absolument métallique.

» Il faut sans doute attribuer l’état de décomposition de ces collines, à l’action perpétuelle du Soleil qui calcine leur surface : les grosses pluies doivent entrainer ensuite les parties décomposées. Si l’on admet cette supposition, on expliquera pourquoi leurs flancs offrent de si grandes inégalités. Les diverses substances dont elles sont formées, étant plus ou moins perméables à la chaleur du Soleil, elles se détachent dans lasméme proportion, du lieu qu’elles occupoient primitivement; c’est peut-être pour cela que les sommets qui présentent un rocher plus dur ont résisté, tandis que plusieurs mor-

» ceaux de la croupe ont été détruits. J’ai observé que les

sommets de la plupart des montagnes couvertes d'ar-

bres, sont d'un aspect plus uniforme, et c’est, à mon avis, parce qu’ellés ont un abri qui les préserve de la pluie et du Soleil.

» La ville de Sainte-Croix, qui a peu d’étendue, est assez bien bâtie; les Eglises n'ont rien de magnifique au dehors, mais l'intérieur en est décent et un peu orné. Elles ne sont pas aussi belles que quelques-unes

(*) L’original dit Slug.

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