‹ Troisième voyage de Cook, ou Voyage à l'océan Pacifique [microforme] (volume 2)Chapitre 25 sur 82 · EE == CHAPITRE III · texte numérisé non relu

EE == CHAPITRE III

Départ de Ténériffe. Danger que court le vaisseau près de Bonavista. Isle de Mayo. Port Praya. !’récautions contre les pluies et la chaleur étouffante des environs de ?Equateur. Position de la côte du Brésil. Arrivée au Cap de Bonne-Espérance. Re/dcheau Cap. Jonction de la Découverte. Courses de M. Anderson dans l'intérieur du Pays. Observations Astronomiques. Remarques sur les courants et la déclinaison de Paimant, durant la traversée d'Angleterre au Cap.

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Arnis avoir rempli nos futailles , et embarqué toutes les autres choses dont nous avions besoin, nous appareillames de Ténériffe le 4 Août, et nous continuâmes notre route avec un bon vent du Nord-Est.

Le 10 (*), à neuf heures du soir, nous vimes l'Isle de Bonavista dans le Sud à un peu plus d’une lieue : nous croyions en être beaucoup plus éloignés, mais nous reconnümes bientôt notre méprise ; ayant marché à l'Est jusqu'à

(*) Le Capitaine Cook s’occupoit beaucoup de la discipline et de la santé de son équipage : on voit, par son Journal de Mer, que du 4 au 10 d’Août, il fit faire deux fois l'exercice du canon et des petites armes, et qu’il fit nétoyer et fumer deux fois les entreponts.

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midi, afin d'éviter les rochers couverts qui gissent à environ une lieue de la pointe Sud-Est de l'Isle, nous nous trouvames trés-prés de cet écueil, et nous venious de doubler les brisans. Notre situation fut alarmante durant quelques minutes. Je ne crus pas devoir sonder; cette opération auroit augmenté le péril, sans ‘offrir les moyens de nous y soustraire : je reconnus que l'extrémité septentrionale de Bonavista est par 160 13/ de latitude Nord et à 229 59/ de longitude Ouest.

Dès que nous fimes hors des rochers, nous mimes le Capau Sud-Sud-Est jusqu’à la pointe du jour dulendemain. Le 11, nous marchames à l'Ouest, afin de passer entre Bonavista et l'Islede Mayo : j'avoisdit au Capitaine Clerke que je toucherois au port Praya, et je voulois savoir si Za Découverte étoit arrivée. À une heure après-midi, nous vimes dansle Sud-Est, à trois ou quatre lieues de distance, les rochers qu'ontrouve au côté Sud-Quest de Bonavista.

Le 12, à six heures du matin, l'Isle de Mayo nous restoit au Sud-Sud-Est à environ cinq lieues : on jetala sonde qui rapporta soixante brasses. La déclinaison de l'aimant ; d’après le résultat moyen de plusieurs azimuths pris avec trois differ :ns compas, étoit en méme-temps de go 32’ et demie Ouest. A onze heures, l’une des extrémités de Mayo se montroit à l'Est-quart-Nord-Est, et l’autre au Sud-Estquart-Sud : dans cette position, nous découvrimes près de la partie Nord-Est deux collines de forme ronde; on voyoit par-delà une autre grande colline plus élevée, et à-peu-près. aux deux tiers de la longueur de la cé'e, une quatrième colline à pic, détachée. Du point où nous examinames l'Isle, c'est-à-dire , de trois ou quatre milles, aucuns apparence de végétation ne frappa nos yeux ; et nous n'y

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DE COOK. (1776) 33 aperçümes que cette couleur brune et inanimée qui domine dans les terres où il n’y a point de bois.

M. Nicholson dit, dans la préface du livre intitulé : Remarques et Observations diverses faites pendant un voyage aux Indes orientales (1) : « Lorsque l’aimant est » à huit degrés ou un peu plus de déclinaison Ouest, on » peut marcher nuit et jour sur les paraces des Isles du » Cap Vert, et être sûr qu'on se trouve à l'Est de ces » terres ».Je’crois devoir faire observer ici, que cette assertion est très - dangereuse pour les navigateurs qui l'adopteront sans examen. Je m’occupai aussi des courans; j'en trouvai un qui portoit au Sud-Ouest-quart-Ouest, et dont la vitesse étoit d’un peu plus d'un demi-mille par heure. Les différences observées entre la lougitude indiquée par la montre marine, et celle de l'estime qui montoit à un degré, depuis notre départ de Ténériffe, annonçoient cet écart de route.

Tandis que nous fimes parmi ces Isles, nous eames de petites brises qui varièrent du Sud-Est à l'Est, et quelques calmes. J’en conclus que les Isles du Cap Vert ou sont assez étendues pour rompre la force du vent alisé, ou quelles sont situées au-delà de ‘a carrière, dans l’espace où l’on commence à trouver des vents variables, lorsqu'on approche de la ligne. La première supposition est la plus vraisemblaLie, car Dampierre (2) y rencontra un vent d'Ouest au mois de Février, époque où l'on suppose que le vent alisé s'étend le plus vers l'Équateur. Nous avions une chaleur étouffante, et il tomboit de ia pluie par inter-

(1) A bord du vaisseau de Sa Maje.ié l'Elisabeth , depuis 1958 jusqu’en 1764, et imprimé à Londres, en 1772.

(2) Voyages de Dampierre, Vol. IL:

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